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Magnouac

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  Publié: 16 août 2017 à 14:32
Modifié:  17 août 2017 à 02:39 par Catwoman
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VIFS FANTASMES

Toi, dont le corps enivre et le regard inspire,
Dont le cœur est ardent et l’âme irréelle,
Tes charmes ont su un jour où tu étais si belle,
Séduire tout mon être et piquer mon désir !
Quand viendras-tu me voir dans mon impur asile
Ou me tirer enfin de ce lointain exil ?

Femme,
J’avais tant espéré dans des Noces Chymiques,
Où l’amour gagnerait sur l’étreinte physique,
Fusion de nos deux êtres, union de nos deux cœurs.
Hélas pour mon étoile hélas pour ton bonheur,
Avec un autre, un jour, tu croiras convoler,
Mais vite, tu sauras que moi seul t’ai aimée !
Au seuil de ton Amour, je te quitte brisé,
Quand toi tu es ravie de le croire arriver !

Adieu, Femme au Destin, nos voies se sont croisées.
Je suis sur l’autre rive et mon sort est jeté.
Sur ton front, ce Destin aurait tracé ta vie !
Dans tes yeux, on ne lit aucun renoncement.
Plutôt de la ferveur, un espoir exaltant !
Femme,
Nous diras-tu enfin le secret qui te lie ?
Le voici,
Un songe t’a confié cette belle promesse :
Le ciel offre une vie où la vie se transgresse !

Femme,
De ton être et ton feu, je suis sensible à tout,
À ta voix, à tes gestes, à ton regard surtout.
Chacun de tes sourires est un apaisement,
Chacun de tes griefs, un coup que tu m’envoies.
Chacun de tes accueils est une joie pour moi,
Chacun de tes départs, une peur qui me prend,
Un long moment d’attente où tout est suspendu,
Où la crainte me vient de te savoir perdue.

Sans prévenir, un soir où tu étais partie
L’inquiétude a gagné mon cœur et mon esprit.
Mon angoisse a grandi au long de ton absence.
Je ne fus libéré qu’à l’heure de ton retour,
Quand j’entendis ta voix s’inquiéter à son tour.
Ma conscience a saisi dans cette effervescence
Ce que mon inconscient se voilait jusque-là
Et mes rêves et pensées qui s’envolaient vers toi.
Dans ces rêves, je vois le marron de tes yeux,
Ta peau mate tranchant sur tes bustiers soyeux,
Le noir de tes cheveux, tes seins et leur blancheur,
Ton souffle cadencé, le rythme de ton cœur !
Tes lèvres sur ma chair, le rose qu’elles arborent,
Ton esprit vagabond enlaçant tout mon corps !

Femme, dès lors tu sais qu’il me prend de rêver.
Oui, des rêves maudits, d’extravagants fantasmes,
Qui torturent mon corps et tourmentent mon âme !
Où je rêve de toi, et rêve émerveillé
A cet unique soir de quelque revoyure
Où tu me prodiguas tes baisers, leurs brûlures
La chaleur de ton souffle au creux de mon épaule
Des mots doux m’inondant comme le son des violes,
Où je fus tant ravi par tes gémissements
L’audace de ton corps et ton égarement,
Par l’élan de tes seins et leur galbe unique,
Par tes dessous froissés et tes charmes pudiques,
Chimérique illusion et chimérique amour
Hélas, réveillés par l’éveil et le Jour !

Femme,
S’agissant de ton charme, quel en est l’ingrédient ?
Oui,
Tu parais ressembler à beaucoup d’autres femmes,
Par tes mains, tes cheveux, tes caprices de femme !
Non !
Ce qui fait ta Magie, c’est ton corps, ton Orient,
Ton âme immaculée, un regard innocent,
Un corps et un regard aux pouvoirs enivrants !

Femme,
Savais-tu que parfois dans ton train familier,
J’observe tes venues, tes gestes et tes allers,
Non pour leur majesté, mais pour apercevoir,
Le reflet acajou de tes longs cheveux noirs,
Leur lent frémissement sur tes frêles épaules,
Leurs quelques accroche-cœurs et leurs mèches frivoles !

Femme,
Si je pars avant toi, j’aurai le privilège
De te faire la visite de l’Eden et du Ciel !
Alors sait-on jamais, y serai-je élu
Par ton doigt décidé et ton vœu résolu ?
Ou bien choisiras-tu, dans ton souverain choix,
L’hôte d’une passion, que tu m’aurais cachée ?
Femme,
Au Ciel comme ici-bas, par un choix erroné,
Dicteras-tu ma mort, une seconde fois ?

Femme,
Je pars sans que jamais ton refus n’ait fléchi,
Ni que tu m’aies livré le secret de ta vie.
Tu sais rire et chanter, mais tes lèvres assagies,
Ignorent la ferveur, la jouissance et l’envie,
Car tu as fait le vœu d’un hyménée unique,
D’un Amant dans le Ciel et d’Amours platoniques.
Chaste résolution de ta sainte beauté
Qui honore ton âme et ta ténacité.
Cependant, je gémis de n’avoir approché
La douceur de ton sein et tes lèvres rosées !

Adieu safran des prés qui chatoie ton corsage,
Adieu beau bandeau noir encadrant ton visage,
Adieu à tes longs cils élégamment noircis,
Adieu à tes paupières discrètement bleuies,
Adieu aux éphélides égrenées sur tes joues,
Au rose de tes lèvres, au strass de tes bijoux,
Au noir de tes collants, au brun de tes cheveux,
A l’azur de ton âme animant tes beaux yeux.

Adieu Femme, je pars sans que tu n’aies saisi
Que nul être ici-bas ne t’aura tant chérie.
Pour toi et pour tes yeux, jouir de ta présence,
J’aurais su renoncer à ma propre existence.
Ce rêve et cet espoir, tout cela, le sais-tu ?
Non !
Car ton Destin, bien sûr, ne l’avait pas prévu !

Femme,
Adieu à tes grands yeux, plein de délicatesse.
Ils ont hélas pleuré un soir de tes malheurs.
Et toujours je m’en veux et me frappe le cœur
De n’avoir su parler à ta grande tristesse.
Aussi pour ton bonheur, te rendre l’espérance,
Ici et maintenant, que veux-tu, dis-le moi ?
Serait-ce ma fortune ? Sitôt je te l’octroie.
Serait-ce mon seul cœur ? Serait-il suffisant ?
Non !
Alors, pour ton chagrin et assécher tes larmes,
C’est ma vie que je t’offre et mes veines et mon sang !
Par eux tu vas guérir, revivre comme avant,
Retrouver ta quiétude et contenir tes larmes.

Adieu donc, doux regard, de larmes embué.
Souviens-toi du matin où l’on se sépara ;
Là pour moi seul, alors, ton éclat a brillé,
Ton cœur ensanglanté s’est s’enchainé en moi,
Un souvenir si beau que rien n’effacera,
Car notre corps-à-corps, à jamais reste en moi !



 
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