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LPDP :: Poèmes par thèmes : Marathon Éphémère 2022 Semaine 6 "Je rêvasse seul sous la pluie" :: Trois heures, à quelques secondes près...(nouvelle) vertical_align_bottom arrow_forward_ios

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RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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28 août
  Publié: 21 juil à 07:30
Modifié:  25 juil à 05:29 par RiagalenArtem
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Un jour, quelqu’un m’a rafraichi de sa caresse alors que j’étais indifférent et rétif à tout contact, un jour quelqu’un a su m’apprivoiser, quelqu’un, quelqu’une, quelque chose, qu’importe.

Je suis parti tant de fois pour ce pays d’où l’on croit que personne ne revient. Je suis la preuve - « vivante » ? – que la vérité nous ment, que le réel se mélange à ce que l’on nomme « Rêve » et qu’ils ne font qu’un ; poreux, ils se rassemblent dans un Tout.

Ainsi est née cette histoire, qui n’est pas conte ou hasard ; elle s’est déroulée hier, une journée particulièrement ordinaire en son commencement.
J’en suis encore si imprégné que la conjuguer au présent s’impose pour la décrire et ne pas en déchirer la trame fragile.




J’avance à l'aveugle, pressé, comme toujours. Je cours, je vole presque, - l’amble n’est pas mon rythme -, je navigue entre barrières et vélos, dévalant les escaliers, montant les marches usées par tant de pas – les siècles les ont marquées –, à la volée.

Trois heures de l’après-midi à quelques secondes près.


Les rues soudain s'éteignent, foudroyées par des doigts d’argent tombant d’un ciel renversé, un prisme touchant à tout être, toute chose… et c’est là qu’elle m’est apparue.

C’est là, vêtue de Véronèse, qu’elle a vaincu la fournaise, se faufilant dans les mâchicoulis des remparts, transparente aux yeux des gardes, celle qui a tout son temps…

Un voile noir - non pas mat mais profond, surprenant -, s’étend dans le centre-ville, absorbe les silhouettes, gomme les faciès ahuris, hagards des promeneurs, des commerçants, des affairés, des désœuvrés, des accompagnés, des isolés, bref, une grappe de foule plus ou moins dense.

De ce noyau de chairs, surgit un astre noir perturbant toutes les données climatiques, l’ennemi bienvenu de l’étouffement de ces dernières semaines.

Panne de secteur non identifiée ? L’ancienne Cité plonge dans les flots radieux des ténèbres.

La mairie n’affiche plus les températures, la pharmacie perd sa croix, les enseignes leurs rubans clignotants.

Les boutiques, les cafés, la façade de la librairie où j’allais chercher mes cahiers, se noient dans les ombres albâtre, quand jaillit d’un bref éclair ce coup de foudre inattendu, ce coup d’jets d’eaux sur mon front, sur mes lunettes incongrues de star de ciné (pour cacher mon regard fatigué), sur mon jean, et mes baskets, mon tee-shirt grisé de lumineux, comme Elle qui vint à ma rencontre…

Cette petite merveille de féerie s’arc boute sur les parvis, flingue les rayons du soleil, me soulève, m’ensorcelle, l’enfer est un paradis, je suis conquis, je revis !

Immobiles et frissonnants, les passants, abrités sous les auvents, semblent apeurés ; les fontaines deviennent torrent, toute une gamme de verts enchevêtrés dans une forêt idéale se décline sur le fronton d’un musée, les statues se débarrassent des chaînes de leur piédestal, les têtes rondes des horloges luisent comme des marrons glacés pris entre deux aiguilles, la petite et la grande. Indiquant toujours la même heure : trois heures de l’après-midi, à quelques secondes près.

C’est l’effet de l’Ondée… Ni avant ni après, comme un célèbre jus… c’est l’Ondée démasquée dans son passage, fulgurant…

Elle se déverse sur tout ce qui bouge – ou pas -, inonde les toitures de flèches d’électrum, ravive les couleurs pâlies des tentures rares – celles des laines teintes avec une infinie patience dans les lavoirs -, ébouriffe les cheveux drus d’un saule qui ne pleurait plus mais se desséchait près de la ruelle des Tisserands.

Sur les rives, dans les canaux étroits, la guède change de tons, trempe ses pastels dans le cobalt scintillant, répand ses notes de métal et de civette sur la mousse des éboulis, des senteurs délétères où la feuille se désaltère, des senteurs de fond qui persistent quand elles se posent sur le pelage d’un animal, le grain d'une peau moite ou d’un parapluie ouvert à la hâte.

L’Ondée respire et expire toutes les odeurs. Les agrippe et les restitue dans les strates d’un parfum dont elle seule a le secret. Mes narines frémissent.
J’en décompose les particules, en saisit les effluves. Jumeau olfactif de celle qui a changé mon existence.
Me rendant une part de cette humanité à laquelle je suis étranger.

Elle qui n’est pas humaine à proprement parler ou à salement parler. Elle qui est au-dessus de cette condition souvent si pesante. Capable du meilleur du pire et du pire du meilleur et si mortellement brève dans ses joies coupées de liqueurs d'herbes amères.

Il est toujours trois heures de l'après-midi, à quelques secondes près…


Elle se pare de senteurs en guise d’habillage dont le sillage est une compagnie choisie, avec des rêves en bouquets quand je suis seul à ses côtés ; avec des voyages en instance qui ne sont pas prémédités, avec ce billet de mots blêmes glissé dans ma poche (un poème ?), le bristol d’une invitation, où ne sont gravés aucune adresse, aucun prénom mais des initiales en rond d'O.

Qu’on me damne si je rêvasse, elle existe je le sais, elle n’est pas le fruit décevant de mes hallucinations.

Je la retrouverai, l’Ondée, mon amie, mon amante, la fiancée de ce dernier été, qui rêvasse elle aussi dans son lit ruisselant de gouttes de pluie, de gouttes de sang, prête à me revenir, prête à se souvenir, prête à réinventer ce que j'ai oublié…à trois heures d’un après-midi en suspens, à quelques secondes près...




Riagal – le 21 juillet 2022 -

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
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  Publié: 21 juil à 10:11 Citer vertical_align_bottom

Waouh! magistral, quelle imagination - Je me suis régalé à cette lecture - Bravo!!!!!

Amitiés
Yvon

  YD
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Il ne faut écrire qu'au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l'encre un morceau de ta chair reste dans l'encrier. Léon Tolstoï
   
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  Publié: 21 juil à 10:20 Citer vertical_align_bottom

C'est magnifique, j'ai adoré, le relirai.
Ton écriture est incroyablement riche et n'appartient qu'à toi, tu as ta griffe... C'est précisément cette griffe qui fait, à mes yeux, toute la différence entre un artiste et les autres.

Ça y est, je suis groupie 😊

  Photo de profil : Alvaro Dominguez
rimarien
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Bannir en poésie comme antan on brûlait les hérétiques
   
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1er octobre
  Publié: 21 juil à 12:22 Citer vertical_align_bottom

Salut l’ami Riaga
La vérité ne serait qu’un dément songe devant l’éternité à quelques secondes près
J’ai aimé lire ta prose
Amicalement

  Bannir en poésie comme antan on brûlait les hérétiques
Gylfi


Je crois que finalement je vais rester à l'état débauche
   
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29 août
  Publié: 23 juil à 09:20 Citer vertical_align_bottom

Un poème comme une prière qu'on egraine croyant encore que l'on pourra être sauvés en atteignant l'eau de là...
Une splendeur..
Merci.

 
SHElene


Il y a un phoque dans ma piscine
   
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30 septembre
  Publié: 23 juil à 12:02 Citer vertical_align_bottom

Bonsoir Riaga
Suis passée barboter dans les flaques vers 18h
"O temps! suspends ton vol, et vous heures propices!
Suspendez votre cours: Laissez-nous savourer de "L'Ondée" les délices..."
Aïe ouille j'ai écorché Lamartine pour saluer ton écriture "éclaboussante" et O combien rafraîchissante.
C'est vrai qu'on se régale à te lire! Merci à toi

  SHElene
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1er octobre
  Publié: 24 juil à 10:12 Citer vertical_align_bottom

J'ai adoré. Un effet waouh. Merci de m'avoir procuré autant d'émotions (que je suis bien incapable d'exprimer autrement que par "Waouh").

 
RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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28 août
  Publié: 25 juil à 06:02
Modifié:  25 juil à 06:28 par RiagalenArtem
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@ Yvon (mais c'est arrivé...et ce jour là et à cette heure là, ensuite, j'ai eu envie d'en restituer l'atmosphère avec mon regard...la "réalité d'un rêve" ou "le rêve d'une réalité").

@ M.Paule (AllantVers : tu me mets tout en dessus-dessous avec ton com'...: -)

@ JC...ou dément-ciel, mon ami..content de te voir ici..

@ Gylfi : ton interprétation qui ne manque pas d'Esprit...ça me plaît : -)

@ SHElene : dommage qu'on se soit ratés, on aurait pas été seuls à "rêvasser" sous la pluie mais on se serait mutuellement fait rire...et puis vas-y, écorche Lamartine, suspendu à son vol (depuis le temps.... ; -)....désacralisons m'enfin et puis c'est si gentiment dit, j'aime ton humour...),

@ Mag. (Shangri-La...nouveau pseudo pour un retour qui ne saurait que me réjouir et je ne suis pas le seul. Un "whouah", de ta part, c'est aussi de l'émotion reçue - nb : j'ai fait une modif' en route, mais je suis touché pour tes regards sur cet écrit)...

Bref, je ne suis que de passage (pas de wouacances mais des "breaks quand je peux) alors je termine vite avec un grand merci à vous ..mes amitiés et tiens des... parce que vous avez été courageux de lire ce "long" texte un peu atypique, disons...je ne m'attendais pas à ces réactions qui me font plaisir...
J'en garde quelques gouttes que j'emmène pour la journée...

Riaga...

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  Publié: 25 juil à 11:53 Citer vertical_align_bottom

Cher RIAGA, l'ODE pluie a trouvé ce poème tellement rafraichissant, chaque "grain" chaque mot sont un plaisir à découvrir.
Il me semble ressentir quelques gouttes sur ma peau,
Trois heures de l'après midi, ici j'aimerais bien vivre cet instant qui semble si délicieux.
De belles descriptions, de superbes images que tu sais si bien dévoiler avec toujours autant de richesses. Tu nous fais rêver et on plonge sous cette averse de mots délicats et savoureux.
A quelques secondes près, cela peut se transformer en orage, en attendant tu nous a fait goûter à cette ondée bienfaitrice et ça fait un bien fou.
CIGOGNE: bisouxxx

  OM
marchepascal


Le monde est en nous sommes le monde
   
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28 septembre
  Publié: 26 juil à 01:35 Citer vertical_align_bottom

Ah évidemment là que dire !
Puisque tu l'as écrit !
Le relire, s'en imprégner, le savourer...
La longueur est trop courte, puisque le temps est arrêté, en te lisant plus rien n'existe, sauf notre plaisir à parcourir ta virtuosité
Je dois dire que je suis très fier d'avoir cette chance de parcourir tes élévations, là, ici, rien que pour nous !
Nous te remercions cher Riaga pour cet honneur que tu nous fais ! Faut dire que celui-ci est particulièrement exceptionnel et si poétique !

Bon ben ya plus qu'à marcher un peu plus vite pour essayer de te rejoindre là-haut tout là-haut

    Le temps comme le vent passe et ne s’arrête jamais!!!
Jean-Louis


La vie, ce que l'on en fait, est comme un jardin...
   
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30 septembre
  Publié: 2 août à 16:56 Citer vertical_align_bottom

Bonsoir Riaga,

Cette relation brille comme un instantané poétique, une suite musicale où la pluie guérit des poussières de la réalité.

Amitiés
jlouis

  Poésie, la vie entière
RiagalenArtem


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28 août
  Publié: 14 août à 11:58 Citer vertical_align_bottom

Ma Cigogne, Ode...
Marché...
Jean-Louis...


Je ne viens plus trop souvent (raisons persos et puis...chut...) alors, oui, les réponses tardent...
Je n'ai pas les mots pour vous dire à quel point je suis touché.
C'est un merci de 3 secondes à quelques micro-secondes près et je reviendrai pour chacun de vous avec une réponse en particulier...Ce peut être dans quelques heure, ou dans quelques jours. Mais j'y tiens.

En attendant...mes amitiés et

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
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