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Lachésis (Moirae)


"Dis maman, si je ris puis que je pleure, est-ce que ça fera un arc-en-ciel ?"
   
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Modifié:  10 août à 04:37 par Emme
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J'entends mon frigo tourner. J'entends quelques voix crier de joie dehors. Je crois entendre une moto, peut-être est-ce une voiture ? J'essaye de me concentrer. J'entends quelqu'un hurler mais je ne saisis pas ses mots. J'entends comme un circuit électrique qui grésille, je pense presque à une cigale. J'ai l'impression de ne l'entendre que de l'oreille gauche. Ah, quelqu'un dans l'appartement de dessus vient de faire tomber quelque chose alors que je tape tout cela. Les cris de joie retentissent à nouveau.

Je ne sais pas pourquoi est-ce que je décris tout ce que j'entends mais j'aime bien. J'ai l'impression d'écrire. L'ouïe là tout de suite est mon sens le plus alerte. Je suis dans le noir. On déplace quelque chose au-dessus, sans le soulever du sol, on le traîne. Une chaise peut-être ? Il n'y a aucun but à ce que j'écris, aucune morale, à peine une description, ce sont presque des notes, un témoin seulement. Bien sûr c'est avec toi que je le partage. Je me demande ce que cela fait de lire tout ça, quelle expérience c'est, si c'est plaisant, si c'est étrange.

J'entends des pas depuis le plafond. Le circuit grésille toujours, mon frigo ne s'arrête pas. Comme un grondement constant, comme un diapason dans l'air de la nuit. En journée je ne le remarque pas, tout a trop de vie, le bruit du monde l'étouffe. Mais dès que la nuit tombe, que le monde ralentit, que les bruits se font plus discrets, plus lointains, quand je tends l'oreille et que mes yeux ne sont plus mon sens dominant, quand il fait noir, alors mon frigo devient la constante de la nuit. Soudain il existe plus que toute autre chose. Ça ne me gêne pas pour dormir, ce serait presque une berceuse. Un son familier, qui revient toujours. Je suis à la maison. Peut-être y a-t-il un point à toute cette histoire finalement. Le monde apparaît différemment selon la manière dont on le regarde. Tout de suite c'est avec les tympans que je le sonde, et directement avec l'esprit que je l'interprète.

Je crois que quelqu'un a ouvert, ou bien fermé une porte dans la distance. Il me semble au même étage. C'est fou tout ce que l'on peut entendre quand on veut bien écouter. Si je respire trop fort, soudain j'étouffe tous les sons. Ça m'amuse mais j'essaie de ne pas rire, de ne pas couvrir les bruits de la nuit. J'entends mon corps. J'entends ma salive quand je déglutis. J'entends les bulles d'air qui éclatent dans le fond de ma gorge. Les gargouillis de mon ventre. Mes doigts qui tapent sur le clavier. Mais j'essaie de sortir de moi, m'attarder sur le monde plutôt. Le frigo, il faut que je me concentre sur le frigo. Ma constante. J'entends les toilettes au fond du couloir. Tu sais, lorsque la plomberie semble comme siffler, presque jouer un doux air de batterie. C'est reposant. J'aime l'atmosphère tout de suite.

Je me rends compte que je respire très lentement, je m'imprègne vraiment du monde. C'est plaisant. J'ai vraiment l'impression d'écrire comme un roman, comme si cette histoire menait quelque part. J'ai l'impression de voyager comme l'on voyage avec un livre. Mais je m'interdis de relire. Je veux juste continuer à taper, sans m'arrêter je veux continuer de vivre l'instant et le décrire. Tiens je sens mon cœur qui bat. La proprioception se fait plus forte alors que j'essaie de l'ignorer, d'écouter le monde à la place. Je me demande quelle expérience est-ce que de lire ce message. Je sais que je l'ai déjà dit. Est-ce que c'est pour l'emphase ? Pour donner une semblance de structure, un rythme peut-être, à ce qui pourtant n'en a pas ?

Nous pensons en même temps. Tu voyages en direct avec mon esprit. Le cerveau bien sûr pense à mille choses en même temps, je ne peux pas tout taper. Mais j'essaie d'être aussi exhaustif que possible. Je me demande quelle expérience c'est que de lire ce texte. Est-ce que ce sera ton frigo pour ce voyage ? Cette phrase. Ta constante. Mon leitmotiv. Je pense que ce message rendrait mieux à lire dans les mêmes conditions où je le tape. Dans le lit, dans le noir, la nuit, à moitié sous la couette, à moitié en dehors. Mais si tu trouves le temps, tu le liras peut-être à ta pause ? Peut-être au petit déjeuner si tu en prends un ? Sur la route à un feu rouge ? Après rentrer le soir ? Je ne sais pas si tu es dehors, si tu dors, si tu écris.

Je pense au monde maintenant. Combien de gens sont en train de rêver ? Combien de gens sont en train de travailler tout autour de la planète. Combien de vies sont en train d'apparaître, combien poussent leur dernier soupir. Combien écrivent en ce moment même. Combien écoutent simplement, comme je le faisais encore un instant auparavant ? Nous sommes si petits pas vrai ? J'avais écrit un jour quelque chose dans les lignes de "j'ai peur de n'être qu'un songe, et il suffirait alors à quelqu'un de se réveiller pour que je n'existe plus". Tout me semble éphémère là tout de suite. Éthéré. Comme un gaz qui s'échappe, invisible, inaudible, mais inéluctablement qui s'étale et devient de moins en moins réel, et pourtant de plus en plus grand.

Ah tiens, mon frigo vient de prendre une pause. Il pousse les quelques derniers râles qu'il a l'habitude de pousser avant ceux-ci. Ça y est. Plus aucun bruit dans ma chambre. Le circuit ne grésille même plus. Je me rends compte que je ne sais pas quand est-ce qu'il s'est arrêté. Était-ce avec mon frigo ? Les cris sont toujours là, dehors. Est-ce un groupe de jeunes ? Célèbrent-ils quelque chose ? S'amusent-ils tout simplement ? Le bruit, la musique, les rires. Un bon moment comme tu me le décrivais récemment, le souvenir qui accompagnait cette musique que tu te surprenais à apprécier. La route dehors est occupée. Les voitures ne semblent plus s'arrêter. Il n'est pas si tard après tout, le monde dehors, à Paris, à cette heure de la nuit a encore un peu de vie. Il n'est pas encore tout à fait endormi. Tiens, j'entends une ambulance. Je crois. Ou est-ce une alarme de police ? Je ne suis pas tout à fait sûr.

Cela me rappelle une blague puis un texte où je l'avais incorporé. Un vieux vieux texte, écrit au collège, en quatrième même. Je revois encore la salle où je l'avais commencé. Je me souviens de l'histoire. C'était l'incipit de l'un de mes tout premiers projets de roman. Une mort. Une mort spectaculaire. Une explosion, sur une route, les bris de la vitre alors que le corps passait au travers, qui réfléchissaient les rayons du Soleil en ce que je décrivais comme un sarcophage de lumière. Puis le corps qui s'étalait sur la route, mais qui ne mourait pas tout de suite. Le mot qu'il m'avait été difficile de trouver pour d'écrire la douleur que son cerveau ne pouvait même pas réaliser. Je regoûte à la fois en souvenir et en tapant alors que je me réminisce, au plaisir de l'écriture. J'en souris. C'est avec toi que j'ai envie de partager tout ça, c'est toi qui me redonnes des couleurs, qui me redonnes envie de me lever, de vivre. De prendre un crayon et d'écrire. De parler. D'échanger. De partager. Tu ne sais pas combien tu es merveilleuse, combien tu comptes déjà pour moi. Bientôt trois mois. Dans une semaine. Quelle merveilleuse rencontre.

Les voisins du dessus ne dorment toujours pas. Je me demande comment clore ce message. Probablement avec le refrain. Tu le vois déjà arriver je le sais. Tu es brillante et ta sensibilité littéraire est incroyable, j'admire ton intelligence des lettres. La nuit se calme un peu. Elle était déjà quelque peu timide malgré tout ce qu'elle m'offrait. Il fallait que je tende l'oreille après tout. Je n'aurais pas entendu si je n'avais pas écouté. Tiens, j'aime bien cette phrase, elle me fait sourire. J'en prends une note mentale. Je me demande ce que tu fais. Dans quelles conditions est-ce que tu liras cette légère missive. Je me demande quelle expérience cela aura été, j'espère que c'était plaisant. Je n'avais pas menti, j'ai fini avec le refrain, comme si ce texte avait une structure.

  "Le petit chaperon rouge a été mon premier amour. Je crois que, si j'avais pu l'épouser, j'aurais connu le parfait bonheur." Charles Dickens
samamuse
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l'important ce n'est pas le bruit c'est de savoir d'où il vient
   
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18 octobre
  Publié: 10 août à 04:30 Citer     Aller en bas de page

LINA a de la chance de pouvoir te lire.

 
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