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LPDP :: Autres poèmes :: Élégie pour Manu Dibango Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Andjik
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  Publié: 24 avr 2020 à 00:57
Modifié:  24 avr 2020 à 05:04 par Emme
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ÉLÉGIE POUR MANU DIBANGO

« J’étais africain dans mes tripes, dans ma foi, dans mon espérance, dans ma volonté de réussite. J’étais africain envers et contre tout. » - Manu Dibango (12 Décembre 1933 - 24 Mars 2020)

I)

C’était un 24 Mars sous un ciel aquilin. La nuit avait revêtu un manteau sombre et sans écharpe. Toussaient quelques brises légères sous la tendresse des manguiers. Les rues s’étaient vidées de leurs locataires. Les femmes ne berçaient plus les enfants et les hommes avaient rangé leurs pipes. Même le baobab de la cour centrale avait réglé ses dernières palabres. Et la nuit s’étendait sur le village.

C’était le 24 Mars d’une nouvelle année, dans une nouvelle décennie. Ton éclat de rire, ton rugissement, ton haro, en somme ta voix grave, si soigneusement harmonisée dans les épines de la brousse, s’est tue au milieu de champs de blé et de gratte-ciel. Toi le grand fauve, à la crinière absente, gentil géant dont le bourdonnement adoucissait les mœurs, toi qui savais mêler le munyenge et le ndutu en même temps, toi qui savais si bien conter nos douleurs d’homme, voilà que tu exécutais ta dernière octave. Qui d’autre maintenant pour chanter l'hymne à la gloire de nos desseins inaccomplis, nos désirs inassouvis et nos prières inexaucées ? Qui pour chanter l’exil loin du royaume d’enfance, pour réduire la distance entre l’homme que j’ai été et celui que j’aimerais être ?

Il paraît que tous les musiciens vont au paradis. Papy Dibango, est-ce donc vrai que tu viens de rejoindre la chorale suprême, que tu te tiens désormais organiste du Tout-puissant, parmi une horde de chérubins et de séraphins, tous acquis à la gloire du Père ? Est-ce vrai que ton saxophone accompagne dorénavant la louange des sœurs Whitney, Aretha et Miriam Makeba ainsi que la trompette d’Armstrong et le gospel des Edwin Hawkins Singers ? Aux grands seigneurs, les grands honneurs mais au Créateur, la crème de la crème ! Francis Bebey, Eboa Lotin, Charlotte Mbango, Bebe Manga entre autres : la filiale camerounaise de l’Au-delà n’a jamais eu aussi fière allure !

Ah ! Merveilles du soleil équatorial. Il me manque encore l’odeur de la terre rouge, sous les cases de bambou et de paille. Combien de fois n’ai-je songé, là sur les chemins de l’exil, à une savane pour mes lions, une clairière pour mes rêves et surtout une terre arable pour mes amours, pour enfin gazouiller d’un galop allègre dans la splendeur des forêts sans prédateurs ? Oh ! Manu Dibango, toi qui jadis mettais la nature en fête, mon Kamer feeling au milieu d’Avril, comme la pluie après l’incendie, celle-là même qui éteint le feu mais garde les cœurs au chaud. Ah ! Que vaut le miel lorsque c’est le sel qui vous manque, lorsque tout ce que l’on effleure ne fleurit plus ? Oh alloga, je me souviens et je soupire. Tu es parti trop vite ! Oui ! Car l’on meurt toujours trop jeune, à vingt ans comme à quatre-vingts ; car l’on part toujours trop tôt, à vingt comme à quatre-vingts printemps !

[...]

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
- Le munyenge et le ndutu : "joie" et "tristesse" en duala, langue principale dans la musique de Manu Dibango.
- Kamer feeling : Patriotisme ; titre d'un album sorti en 2001.
- Alloga : gentilhomme, à la camerounaise

  J'aurais voulu que tu voies l'homme que je suis devenu.
rimarien
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Bannir en poésie comme antan on brûlait les hérétiques
   
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10 janvier
  Publié: 24 avr 2020 à 01:16 Citer     Aller en bas de page

Merci, merci mon neveu avec ce putain de virus et le contexte il est parti si discrètement mais nous a laissé avec sa musique le plus génial jazz africain que j’ai connu
Prends soin de toi
😘

  Bannir en poésie comme antan on brûlait les hérétiques
RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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15 janvier
  Publié: 24 avr 2020 à 03:56 Citer     Aller en bas de page

Bonheur ! J'attendais cet hommage, ici (le poétique, c'est aussi la musique et tous les arts réunis)...le voilà et mille mercis pour lui, Andjik. Il avait une grande famille (des amis, pleins d'amis). J'ai eu la chance de le connaître, c'était un jour d'avril. Vrai que je le retrouve dans ton "élégie" qui rend justice à son talent, sa disponibilité, son sourire qui ne s'éteindront pas.
Ce jour-là, je n'oublierai jamais qu'il a accueilli le jeune journaliste que j'étais à bras ouverts. Le dialogue s'est prolongé...et a fini par un lancer de saxo, que c'était beau !
Il n'a pas pris de rides, au cœur comme au physique...Humour en bandoulière…

Spassibo ! :-) (le jazz n'a ni pays, ni frontières)

Riagal...









  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
Hubix-Jeee


Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux. René Char.
   
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23 janvier
  Publié: 24 avr 2020 à 04:20 Citer     Aller en bas de page

Moi aussi, j'apprécie l'hommage...

Je n'ai pas la connaissance assez profonde de l'artiste et de sa richesse musicale, je l'ai parfois écouté et toujours apprécié... C'est surtout sa bonhommie qui me plaisait, chez lui, et sa voix grave qui vous marquait par sa sincérité... Et puis, le jazz, musique de l'infini, suprême engagement...

Tout ce que tu écris est profond, j'ai tout lu et, franchement, je vois que tu connais ton sujet à fond, c'est clair et touchant, à la fois...

En espérant que cela donnera l'envie aux gens qui ne le connaissaient pas, d'aller le découvrir, car je sais qu'ils ne seront pas déçus...

Merci pour tout...

Amitiés...

Hubix.

 
Andjik
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17 juin 2021
  Publié: 24 avr 2020 à 10:28 Citer     Aller en bas de page

@Tonton JC

Satané de Corona Virus, qui prend nos illustres artistes et qui oublie nos présidents dictateurs. Jusque lors, je continue à le découvrir. 60 ans de carrière, ce n'est pas rien! Content de te voir par là !

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@Riagal

Quel vécu mémorable ! Manu a toujours présenté cette "bonhommie", pour reprendre le mot d'Hubix. Une grande perte pour le monde de la musique et pour les amateurs de détente. Merci de t'être attardé sur ces quelques lignes. J'ai hâte de lire certaines de tes aventures journalistiques et humaines !

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@Hubix

"Bonhommie" est le mot juste. L'influence de Manu Dibango sur la musique africaine est vaste. Dans les années 60, c'était un peu notre Quincy Jones. Il a supporté de maints artistes issus des 4 coins du continent, de Bella Bellow au Togo, à Franklin Boukaka au Congo, jusqu'à être le directeur de l'orchestre de la Radio-Télévision Ivoirienne fin année 70. En parlant de la Côte d'Ivoire, Manu Dibango était le seul africain à avoir eu une performance lors de la journée d'indépendance du pays, à savoir le 7 Août 1960. Un baobab est tombé. Une bibliothèque a brûlé. Dieu merci, les écrits et les musiques restent!

Merci pour ton passage !

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Dominique Bouy Cet utilisateur est un membre privilège

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16 janvier
  Publié: 24 avr 2020 à 14:50 Citer     Aller en bas de page

je prendrai le début du texte Un soir au village de Manu Dibango
Une voix s'élève au lointain
Invitant aux prières du soir!

Merci d'avoir écrit sur Manu Dibango, il manquera à la musique et à l'Afrique. Amitié

 
Cidnos
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31 décembre 2021
  Publié: 25 avr 2020 à 07:44
Modifié:  26 avr 2020 à 05:09 par Cidnos
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Très bel hommage ... Qui respire le respect, la considération, l'admiration pour ce musicien.. un lien vers un de ces titres serait bienvenu ... pour quelqu'un qui ne le connait pas. J'irai voir par moi même bien sûr.
Merci à vous.
Bonne journée
Cidnos

 
Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


Nouvelle: Ariane, consulter mon journal
   
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24 janvier
  Publié: 25 avr 2020 à 11:54 Citer     Aller en bas de page

Merci, je me suis permis d'en tirer une copie, pour la conserver bien au chaud et pas en virtuel.

Yvon

  YD
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17 juin 2021
  Publié: 27 avr 2020 à 09:48
Modifié:  27 avr 2020 à 10:00 par Andjik
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@Domminique Bouy

Bien vu, avec la référence à "Un soir au village". Manu avait cette force de pouvoir mélanger plusieurs genres avec douceur et dextérité. Je m'extasie encore sur "K dansez moi ça", issu de l'album Kamer Feeling (2001) et plus récemment "Maladie d'amour", avec Jacob Devarieux de Kassav, sorti en 2014. Une grande perte pour l'Afrique et pour le monde de la musique en général ! Merci pour ton passage !

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@Cidnos

Merci Cidnos de t'être attardé sur ces quelques lignes. Dans la première version de cet hommage, j'avais intégré les différents morceaux qui m'avaient inspiré. Puis je les ai retirés parce qu'ils alourdissaient le rythme de la lecture. Manu excellait dans plusieurs genres, certains plus éclectiques, d'autres plus en douceur, que ce soit du pur jazz a la "world music", en passant par le gospel traditionnel. Voici quelques recommandations:

Variété française:
Soir au village
K dansez moi ça
Maladie d'amour


World music
Je recommande principalement l'album Wakafrika, sorti en 1994 et quelques titres sur des albums subséquents comme "Mboa Su", "Ongele Mba", "Aye Africa".

Musique plus éclectique
- Soul Makossa, le fameux tube de 1972 qui l'a propulsé sur la scène internationale et qui, dix ans plus tard, a inspiré à Michael Jackson son fameux "Wanna be starting something", sur le mythique album Thriller.
- New Bell, sorti aussi en 1972, dans un contexte de Blaxploitation, la deuxième mi-temps du mouvement de revendication des droits civiques des africains-américains. Les sonorités sont très proches de monuments du moment comme Superfly de Curtis Mayfield ou encore la bande sonore du film Shaft, d'Isaac Hayes. Ces deux chansons ont scellé le pont entre l'Afrique noire et l'Amérique afro-américaine.

Gospel
- [i]Sango Yesu Cristo
. Un classique
- L'album Lamastabastani, sorti en 1995 et qui est une complainte vers Dieu après le décès de sa femme Coco, après près de 40 ans de relation. D'ailleurs le premier titre, "Elie", reprend cette fameuse supplication de Jésus sur la croix, "Elie, Elie, Lamastabastani", "Seigneur, Seigneur, pourquoi m'avez-vous abandonné?".

J'ai été un peu long dans ma réponse mais je voulais partager la passion de Manu avec toi et tous ceux qui nous lisent. Un baobab est tombé mais les chansons sont éternelles !

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@Yvon et @Rose-Amélie, merci de cet honneur. À bientôt!

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Cidnos
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  Publié: 28 avr 2020 à 08:10 Citer     Aller en bas de page

Merci pour ta réponse détaillée. C'est intéressant. Effectivement j'ai écouté quelques morceaux après ma lecture.
Et j'ai eu plaisir à le découvir.
De mon coté j'aime le coté rythmé enjoué de sa musique africaine
Bonne journée

 
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