Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Devenez membre
Oublié M.Passe?
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Poèmes par thèmes
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
Chat
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles & Formes courtes
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
Portrait sous vers
Vos parutions
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membre : 1
Invités : 621
Invisible : 0
Total : 622
· josette
13299 membres inscrits

Montréal: 12 mai 09:52:56
Paris: 12 mai 15:52:56
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant









LPDP :: Journal :: Millières Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

Page : [1] :: Répondre
Filiquier
Impossible d'afficher l'image
Que vois-tu encore dans le sombre recul abyssal du temps ? Shakespeare, La Tempête
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
57 poèmes Liste
409 commentaires
Membre depuis
3 octobre 2019
Dernière connexion
8 mai
  Publié: 20 mars à 05:50
Modifié:  23 mars à 03:21 par Filiquier
Citer     Aller en bas de page

Me voici donc au coeur du monde, c'est-à-dire au coeur de moi-même. Tout ici me reconnaît et je n'ai rien oublié, pas même ce qui a changé, ce qui a disparu après une si longue absence.
J'approche de la mare où des canards et toute une couvée de canetons barbotent. A ma vue, ils partent se réfugier sous la haie vive qui surplombe la rive pposée. C'était exactement ainsi...
J'avance dans la cour. Il me faut traverser un ruisselet qui déverse le trop-plein de la mare jusqu'à l'emplacement du lisier en bordure du bâtiment d'exploitation en contrebas. Tout près je distingue maintenant la fontaine émergeant à peine d'un épais buisson. Je ne peux, comme autrefois, m'asseoir sur la margelle : on a posé une tôle épaisse qui en condamne l'accès. Là, on s'asseyait volontiers en été pour se désaltérer d'une eau pure et fraîche qui mettait tout un bien-être dans le corps. A cette saison, on posait délicatement sur le fond carrelé de faïence bleue la bouteille de vin et la motte de beurre. Cette fraîcheur naturelle valait tous les réfrigérateurs d'aujourd'hui.
Il y avait bien sûr la corvée d'eau et les deux seaux bien pleins qu'il fallait porter jusqu'à la cuisine et poser sur la pierre d'évier. C'est encore là qu'on venait laver la salade, à trois ou quatre eaux, avant de la secouer sur place pour l'égoutter afin de la ramener toute luisante et propre sur table.
Ces corvées, ajoutées à bien d'autres, égrenaient le temps. On jetait rarement un coup d'oeil à la pendule, on ne portait pas de montre et le temps se mesurait très précisément par la succession immuable et rassurante des travaux. On avait, du temps, une sensation toute instinctive.

Je tourne le dos à la fontaine. Devant moi s'étend la cour descendant doucement vers l'imposant bâtiment constitué des étables, pour les chevaux et les bovins, surmontées des fenils et séparées par la grange. La blessure irréparable est là : au-dessus de la double-porte à peine fermée, le toit offre au ciel une plaie béante. La charpente dénudée n'en peut mais et les tuiles ont coulé, formant un tas informe qui barre l'entrée.
Contournant la vieille bâtisse, je me trouve en pignon, face à l'étable aux bovins. Je n'entrerai pas dans cette immense salle vide aperçue à travers la porte mal fermée. Les matins d'hiver y étaient chauds tandiis que les hommes s'affairaient à reprendre la litière. Il n'y entrera plus l'haleine du bétail. On n'y entendra plus la lente rumination, coupée par instants d'un cliquetis de chaîne. L'hiver y est entré tout entier, le froid remplit tout le bâtiment, chassant toute forme de vie.
Je sais pourquoi je ne veux pas pénétrer dans cette salle sombre. C'est l'image de la mort qui apparaît devant moi. Plus de lumière, plus de chaleur: une ombre grise et muette, tout habitée de peurs. C'est un vide sans vibration, d'une immobilité totale, un néant engloutissant tout. C'est bien ainsi que j'imagine la mort : un temps soudain vidé de toute espérance.
Le 20 mars 2021

  TF
Maschoune

Modératrice


Un petit baiser, comme une folle araignée, te courra par le cou... A. RIMBAUD
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
220 poèmes Liste
12946 commentaires
Membre depuis
26 mars 2015
Dernière connexion
12 mai
  Publié: 20 mars à 14:03 Citer     Aller en bas de page

La lecture de ton texte m'émeut tant par les images qui s'offrent, vivantes d'impressions nostalgiques et de souvenirs, que par sa chute, inattendue ici et pourtant inévitable...
J'ai lu tes mots, je les ai relus, je les relirai... ils m'amènent à une espèce de mélancolie parce qu'ils m'évoquent, et je ne saurais dire pourquoi, mon père...

Merci Filiquier, merci de les avoir posés là...

  "Me reviennent les instants partagés. D'autres ont disparu. Et s'inventent ceux que j'ai manqués."D. de Vigan
Filiquier
Impossible d'afficher l'image
Que vois-tu encore dans le sombre recul abyssal du temps ? Shakespeare, La Tempête
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
57 poèmes Liste
409 commentaires
Membre depuis
3 octobre 2019
Dernière connexion
8 mai
  Publié: 24 mars à 03:10 Citer     Aller en bas de page

Tes mots me touchent profondément, chère Isabelle. Et l'évocation de ton père ne m'étonne pas. Lui et moi sommes de la même génération.
Avec l'âge, nous sommes comme une eau qui tenterait de remonter jusqu'à sa source. Cela ne se peut réellement, mais cela nous habite et nous l'éprouvons à chaque instant.
Merci de l'avoir ressenti et d'avoir pris le temps de l'écrire aussi finement.
Filiquier

  TF
Galatea belga


Mon rêve est la réalité banale d'un autre-Galatea-
   
Statut: Hors ligne
Visitez le site web de ce poète. Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
737 poèmes Liste
15763 commentaires
Membre depuis
6 décembre 2009
Dernière connexion
11 mai
  Publié: 25 mars à 04:20 Citer     Aller en bas de page


Une visite à une vieille bâtisse et un'inondations d'emotions, de vécu arrive.

Magnifique !
Votre plume est superbe, cher Filiquer et votre pseudo me plaît.



galatea

  Si visi amari, ama.Le Prince ...oh le Prince...
samamuse
Impossible d'afficher l'image
l'important ce n'est pas le bruit c'est de savoir d'où il vient
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
320 poèmes Liste
10265 commentaires
Membre depuis
29 juillet 2014
Dernière connexion
9 mai
  Publié: 25 mars à 06:16 Citer     Aller en bas de page

bonjour et merci FILIQUIER,
- j'ai toujours eu envie de faire une sauvegarde de mots sur cette atroce situation imposée par de l'inhumanité de circulaires et de choix de non concernés, à cause d'une atteinte sur une présence, d'une crainte de contagion, qui pourtant n'était qu'alimentaire sur une présence en état de faiblesse, tout un troupeau de présences encore saines, seront bureaucratiquement sacrifiées avec diligence et largement médiatisé, les patriarches étant sous des regards sans pitié, considérés comme étant responsables de cette maladie.
- aujourd'hui, nous pourrions vivre avec le covid les mêmes reconnaissances, oui mais là ce sont des humains.
- des personnes ayant les symptômes, et peu soucieux des autres, contaminent souvent des oublieux volontaires ou non, des gestes barrières, alors que comme le disait "Coluche" le sida, ça devrait être, comme écrire "sida" avec un crayon à bille, si nous mettons le capuchon en plastique, en voulant écrire "sida" , rien ne serait lisible, et les souffrants seraient rappelés par "dieu", et ce fléau "sida" n'existerait plus.
le temps d'incubation étant de 7 à 14 jours suivant les contaminés, la contagions en cas de doute devrait être un effort de civisme, en pensant aux futurs victimes et au personnel qui s'use à vouloir combattre par des soins et de l'oxygène, des personnes qui garderont toute leur vie des séquelles.
je passe toutes mes nuits depuis 2005, sous assistance respiratoire, mes tissus pulmonaires et ma trachée étant pour toujours abimés.
organiser des temps dans des lieux de respects mutuels, c'est possible, pourquoi tenter le diables en se révoltant contre nous même, de certaines irresponsabilités qui entretiennent la maladie, en propageant le virus, ou en ne voulant pas être respectueux de leurs semblables en n'allant pas chercher les doses là où elles sont.
j'ai été long, et pourtant ce n'est qu'un bonzaï, pour parler d'icebergs.

 
Filiquier
Impossible d'afficher l'image
Que vois-tu encore dans le sombre recul abyssal du temps ? Shakespeare, La Tempête
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
57 poèmes Liste
409 commentaires
Membre depuis
3 octobre 2019
Dernière connexion
8 mai
  Publié: 2 avr à 04:44
Modifié:  2 avr à 04:55 par Filiquier
Citer     Aller en bas de page

Merci beaucoup galatea pour vos mots qui me touchent.
Il est un lieu, en effet, où je fus "roi", un roi "sans château, ni donjon", comme un certain Prince en Avignon.
Pas un jour ne passe sans que ma pensée ne me porte en ce lieu.
Amicalement.
Filiquier

PS : mon pseudo est la reprise du patronyme de mon plus lointain ancêtre maternel, Jacques de Filiquier,
maître verrier en Aveyron ( Rouergue à l'époque ) au milieu du XVIème siècle.

  TF
Filiquier
Impossible d'afficher l'image
Que vois-tu encore dans le sombre recul abyssal du temps ? Shakespeare, La Tempête
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
57 poèmes Liste
409 commentaires
Membre depuis
3 octobre 2019
Dernière connexion
8 mai
  Publié: 2 avr à 04:52 Citer     Aller en bas de page

Merci samamuse pour cette longue réflexion suscitée par mon texte.
Je vous comprends et je vous assure de mon amical respect. Prenez grand soin de vous.
Bah ! Le monde va comme il va... plutôt mal, en général. L'humanité est loin d'être parfaite.
Vivons donc, en résistance.
Amitiés.
Filiquier

  TF
ode3117

Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
568 poèmes Liste
24925 commentaires
Membre depuis
22 juillet 2010
Dernière connexion
12 mai
  Publié: 2 avr à 09:39 Citer     Aller en bas de page

Je trouve un texte extrêmement triste, je dis triste parce qu'il me semble voir ces images vides de toute vie. Moi, j'ai connu ce genre de puits où l'on allait chercher de l'eau, ma mère laissait la plaque de beurre dans l'eau fraîche, dans une casserole posée dans un évier en pierre.
Le panier où l'on secouait la salade, je l'ai conservé.
Point de grange ni d'étable, mais une vieille maison au sol de terre battue. Un poulailler, un jardin où mon père cultivait ses légumes, Un chai où mon père entassait ses outils pour aller à l'océan pêcher des coquillages.
Tout cela n'existe plus. On a construit des immeubles.
J'ai gardé quelques cailloux, un petit pot de terre et des souvenirs qui me suivront jusqu'à la fin.
Je pense qu'une étoile conservera tout cela.
Merci pour ce magnifique texte, on en a besoin à ce jour où tout devient nul et sans vie.
Bises amicales ODE 31 - 17

  OM
Filiquier
Impossible d'afficher l'image
Que vois-tu encore dans le sombre recul abyssal du temps ? Shakespeare, La Tempête
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
57 poèmes Liste
409 commentaires
Membre depuis
3 octobre 2019
Dernière connexion
8 mai
  Publié: 7 avr à 04:42 Citer     Aller en bas de page

Merci d'être passée, ode. Nous avons donc connu le même monde, encore humain, avant la grande révolution technologico-numérique. Nous voici maintenant connectés en tout lieu, à tout moment. Le meilleur des mondes !
Au temps de notre enfance, malgré un manque de confort inimaginable aujourd'hui, nous étions finalement plus libres, plus solidaires, plus responsables aussi. Nous avions encore une faculté de résilience qui nous garantissait de précieux moments de bonheur. Allez faire comprendre cela dans un monde de consommation exacerbée. Saint-Exupéry disait déjà : " Trop de marchands autour de l'enfant. " Comment réagirait-il aujourd'hui, devant des peuples infantilisés et capricieux...
La vraie révolution, sans violence, viendra peut-être de ce trop plein...
Amitiés.
Filiquier

  TF
Page : [1] :: Répondre

 

 



Répondre
Version imprimable
Avertissement par courriel
Autres poèmes de cet auteur
Share
Cocher cette section lue
Cocher toutes les sections lues
Visites: 148
Réponses: 8

Page : [1]

Seriez-vous prêts à contribuer activement dans une mise en version audio des textes d'auteurs du site (sous condition d'accord de la part de ceux-ci bien entendu) ?

État du vote : 1059/13216

8.8%
 
 93 votes : Non, en fait je reste assez neutre par rapport à une initiative de ce genre.

7.7%
 
 82 votes : Non, cela ne m'intéresse pas

4.8%
 
 51 votes : Non, je ne crois que ce soit une bonne idée

15.5%
 
 164 votes : Non, mais ça peut être intéressant

1.8%
 
 19 votes : Aucun souci, je fais cela tous les jours

10.7%
 
 113 votes : Oui, pas de problème, je sais que je pourrais

19.4%
 
 205 votes : Oui, mais je ne suis pas sûr de savoir le faire

31.4%
 
 332 votes : Oui, mais je ne vois pas comment

 

 
Cette page a été générée en [0,0232] secondes.
 © 2000 - 2021 VizFX.ca - Tous droits réservés  |  Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.