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LPDP :: Nouvelles littéraires :: Chroniques meurtrières (chap.10) vertical_align_bottom arrow_forward_ios

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Ce texte peut ne pas convenir à certains lecteurs.



Page : [1] :: Répondre
Anchentria


Une âme damnée pour une plume en rédemption
   
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  Publié: 2 févr 2009 à 11:19
Modifié:  6 févr 2009 à 05:31 par Lunastrelle
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Chapitre entier



Quand Emma s'interroge...

Angie fait une drôle de découverte


Chapitre X




La sonnerie du téléphone me réveilla. À peine deux heures de sommeil ! Quel était le con qui osait m’appeler. Je décrochai dans le brouillard le plus complet.
- Bonjour ma chienne favorite !
Grégoire LEBRIANS ! Comment avait-il obtenu mon numéro ?
- Tu m’emmerdes ! Je viens à peine de me coucher !
- La nuit a été bonne ?
- Qu’est ce que ça peut te foutre ! Et depuis quand tu t’adresses à une femme en la traitant de chienne…
- Je ne parle jamais de cette façon à une femme.
- Fous-toi de ma gueule en prime !
- Loin de moi cette idée… Mais, si tu étais une vraie femme, tu aurais plus de respect pour toi-même.
- Ta morale de curé, tu peux te la garder !
Grégoire éclata de rire, visiblement ravi de mon agacement.
- Écoute Grégoire, je suis crevée. J’ai besoin de dormir. Alors sauf si ton appel est une question de vie ou de mort, je vais raccrocher.
- Vexée ?
Furieuse aurait été le mot juste. Je raccrochai avant de couper mon portable.
- Qui était-ce ?
Sarah venait de se redresser.
- Un idiot qui va maudire le jour de sa naissance !
Je me rallongeai à ses côtés. Avant de plonger dans un sommeil réparateur. J’avais passé une grande partie de la journée en compagnie de Lucille et de Joséphine, Sarah s’occupant de Laure. La jeune sœur de Coralie se révélait être une gamine têtue et capricieuse ! Son éducation promettait d’être ardue. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que l’assassin de ses parents était l’une des nôtres. Ce qui, paradoxalement, ne semblait pas la déranger le moins du monde. Joséphine, ainsi que moi, préfèrerions taire le fait que j’avais tué celle que Lucille considérait comme son ange gardien. Elle l’apprendrait bien assez tôt ! Pour plus de sécurité, Joséphine la mettrait sous contrôle d’un stimulus. La seule bonne nouvelle était, façon de parler, que QUENELIOU était de retour dans la région. Sarah ayant reçu l’ordre de s’occuper de Laure, j’avais désormais les mains libres pour m’occuper de la psy.



- Il faut la faire venir au château !
- Je partage votre avis Madame mais je doute qu’elle m’y suive sans soupçonner quelque chose…
Joséphine était venue me sortir du lit pour évoquer avec moi le cas QUENELIOU. L’heure de l’affrontement approchait et je sentais l’impatience grandir en moi.
- Elle te suivra ! Elle sait ce que tu es !
- Et je suis quoi, Madame.
- La meilleure arme qui ait été formée par notre groupe.
Venant de Joséphine, ces mots étaient plus qu’une simple constatation.
- Et pour la brunette dont Sarah s’occupe ?
- Tu la tueras une fois ta dernière victime neutralisée. Je veux qu’elle y assiste.
Génial ! Achever Laure sous les yeux de la psy ! De quoi la rendre folle de rage et pimenter la fin de ce jeu.
- Pour le moment, je veux que tu ailles au château avec Sarah et la chienne que tu as ramenée. Une fois sur place, que Sarah s’occupe du flic !
Joséphine m’observait. Je me contentai de hocher la tête en signe d’accord. Joséphine respectait ma décision. Je refusais de tuer un flic…
- Avec tout le respect que je vous dois Madame, comment puis-je faire pour appâter la psy si vous m’envoyez au château…
- Je me charge de la faire venir sur la région.
Joséphine sortait de sa réserve… Je me devais d’être à la hauteur de ses attentes.



Mais où était-elle encore passée ? La péniche était vide. Se dirigeant vers le donjon, une boule dans la gorge, la silhouette se déplaçait avec la plus grande prudence. Ouvrant la porte, l’ombre eut un mouvement de recul… Que s’était-il passé ici ? Du sang sur le mur ainsi que sur la croix ! Pas en grande quantité malgré tout. S’emparant de la cravache, l’étrange visiteur remarqua que du sang séché la recouvrait. C’était donc vrai… Il fallait en informer Sylvie QUENELIOU dans les plus brefs délais. Angie pouvait revenir… Et la jeune femme qui avait disparu au Thabor se trouvait certainement entre ses mains. Se faufilant à l’extérieur, l’ombre disparut dans la nuit sans un bruit. À la recherche d’une psychiatre cachant un bien étrange secret la liant étroitement à la psychopathe qu’elle traquait…



La route s’était passée sans encombre. En pénétrant dans la cour du château, je poussai un soupir de soulagement. Traverser le pays avec une demoiselle recherchée par les forces de l’ordre avait été particulièrement stressant. Et l’inexpérience de Sarah compliquait quelque peu la donne. De son côté, Laure était toujours aussi docile. Désespérant ! Je n’eus aucun problème pour la mener jusqu’aux anciens cachots, y retrouvant DUROIT toujours en vie.
- Bonjour Lucien.
- Sale petite garce ! tu t’es bien foutu de ma gueule !
En forme et en colère le bougre !
- J’ai juste fait en sorte de protéger mes arrières ! Tu ne vas quand même pas m’en vouloir pour ça ?
- Tu n’es qu’une ordure !
Mon pied l’atteignit au sternum, lui coupant la respiration.
- Tu ne sais rien ! Tu n’as pas la moindre idée de qui nous sommes !
DUROIT reprenait difficilement sa respiration. Je m’efforçai de garder mon calme. Sarah restait prudemment à l’extérieur de la pièce. Excellente initiative !
- Tu n’es rien d’autre qu’une malade mentale !
- C’est là que tu te trompes… Je sais exactement ce que je fais et je revendique même ce mode de vie.
- Tu es complètement givrée.
Allumant une cigarette, je m’installai en face de lui. D’un geste, je fis signe à Sarah de nous laisser seuls. Elle obtempéra.
- Je vais te raconter une histoire… Celle d’une fillette qui a découvert très tôt que tuer pouvait procurer du plaisir… Mon histoire. Intéressé ?
Lucien me fixait sans répondre.
- Je prends ton silence pour un oui… La première fois que mes actes ont entraîné la mort d’une personne, j’avais neuf ans. Je ne l’ai pas fait exprès cette fois-là ! Juste un jeu entre une bande de gosses qui a dégénéré… Mais j’ai découvert que j’aimais ça… Je trouvais la mort d’une personne plaisante et apaisante… Pardon, j’ai oublié de te préciser quelque chose… Je suis une enfant précoce, une surdouée si tu préfères !
À voir sa tête, je savais ce que Lucien pensait. Que j’étais folle à lier ! Il m’écouta sans m’interrompre, prenant peu à peu conscience de ma singularité par rapport à l’espèce humaine. Parce qu’il faut quand même arrêter de dire des conneries ! Nous sommes des animaux, doués de la parole certes, mais des animaux quand même ! Il est peut-être temps que les scientifiques cessent de nous mettre au-dessus de l’espèce animale. Parce que, si on y réfléchit bien, les animaux sont beaucoup plus intelligents que l’homme. Je trouve prétentieux de dire que nous sommes civilisés. Les notions d’appartenance, de respect et d’entraide sont bien plus présentes dans le règne animal. Avant l’homme, il y a eu des animaux. Et bien après l’extinction de notre espèce, il y en aura encore. Alors, je préfère de loin faire partie de l’espèce animale que d’être considérée comme appartenant celle des hommes. Ne vous en déplaise ! Reprenons ! Lucien s’était obstiné dans son silence bien après que je me sois arrêtée de parler. Je décidai donc de remonter à l’air libre pour profiter des derniers rayons de la journée. Sarah vint me rejoindre sur le perron. Je la sentais fébrile. Et je comprenais son état. Elle n’avait tué qu’une seule fois et dans de très mauvaises conditions. Il lui fallait maintenant se réapproprier l’acte de mort. Chose particulièrement difficile. Mais pour l’heure, je devais attiser ses envies, la mettre en état d’excitation extrême. À ma demande, elle me suivit jusqu’à la cellule de Laure. Nous y passions la nuit. Je lui enseignai un certain nombre de choses concernant l’art de la torture proprement dit. Les hurlements de la pauvre fille résonnèrent à nos oreilles, ainsi qu’à celles de DUROIT, une grande partie de la nuit.



- Vous êtes certaine de ce que vous avancez ?
- Bien sur que non ! Mais ses absences correspondent toutes à un meurtre.
- Cela ne signifie rien. Je ne peux pas la lier à ces assassinats sur ces simples faits.
- Et le manoir, vous en faites quoi ?
- Quel manoir ?
- L’ancien de Nina. Elle l’a racheté peu de temps après le suicide de l’autre folle.
Sylvie gardait le silence. Les informations d’Emma étaient des plus intéressantes mais elle devait encore les vérifier.
- Pourquoi me dire tout ça ?
- Je ne veux pas me faire buter, moi ! Elle est givrée cette nana ! Elle s’est fait marquer le nom de son bateau au fer chauffé à blanc dans le bas du dos !
QUENELIOU sursauta. La situation venait de prendre un tout autre tournant. Joséphine ! Alors, elle avait réussi à initier quelqu’un pour partager sa soif de haine et de violence. Le fait qu’Angie porte cette marque ne pouvait signifier qu’une seule et unique chose : Joséphine avait trouvé en elle sa digne héritière spirituelle.
- Écoutez ! Pour pouvoir intervenir, il me faut quelque chose de concret. Vous pensez pouvoir m’apporter une preuve de vos soupçons ?
- Je vais voir ce que je peux faire mais je vous préviens, au moindre doute, je me casse.
QUENELIOU regardait Emma s’éloigner quand elle aperçut une femme qu’elle ne connaissait que trop : Joséphine !



- Alors, tu le tues comment notre invité ?
Sarah prenait tranquillement son petit déjeuner à mon arrivée. Plus zen que la veille au soir.
- Je pensais l’égorger.
- Pourquoi pas… Mais il est encore en état de se rebeller.
- Je sais… Mais quel intérêt si c’est trop facile !
Je souris. Sarah semblait libérée de ses angoisses. Jouer avec Laure lui avait fait un bien fou. Tant mieux !
- Alors suis-moi !
Je l’emmenai jusqu’à l’une des remises du château. À l’intérieur, plus d’une centaine d’armes, tous genres confondus.
- Génial !
L’enthousiasme de Sarah faisait plaisir à voir.
- Écoute bien ! Tout ce qu’il y a ici est neuf. Tu vas choisir un couteau. Mais pas n’importe lequel ! Ce sera TON couteau. Alors prends ton temps pour te décider.
J’observai Sarah. Elle avait l’air d’une enfant dans un magasin de jouets. Il lui fallut près d’une heure pour trouver le couteau qui lui convenait : une dague à dépecer le gibier dont le manche, en ébène, avait spécialement été taillé pour une main de femme. Elle la brandissait fièrement en me la montrant. Je m’approchai d’elle avant de saisir la dague et de poser la lame sur son poignet. Sarah me regarda, intriguée. Sans lui donner le temps de réfléchir, je la coupai. Elle poussa un cri de surprise.
- N’oublie jamais que tu es vulnérable !
Je portai son poignet à ma bouche pour me délecter de son sang. Je passai ensuite mon index sur la plaie avant de le poser sur ses lèvres. Après un bref moment d’hésitation, Sarah ouvrit la bouche et le suça… Avant de boire son propre sang ! Je sortai ma propre lame pour m’entailler le poignet à mon tour. Sarah m’observait, abasourdie. Je portai ma blessure à hauteur de sa bouche. Elle m’interrogea du regard avant de céder à la tentation. À la demande de Joséphine, je l’initiai à cette forme particulière de vampirisme. Une fois le sang d’une autre personne bu, l’envie de recommencer s’installe et nous procure une jouissance plus intense au moment d’ôter la vie. Je l’entraînai avec moi à terre. Sarah tétait comme un nouveau-né. Et sur ce sol en terre battue, nous nous laissâmes emporter par nos pulsions, en un corps à corps enfiévré et violent.



- Vous !
- Hurler ne vous servira à rien ! Faire appel à vos amis non plus ! Et je vous déconseille le scandale…
Assises à la terrasse d’un bar, Joséphine et QUENELIOU se faisaient face.
- C’est votre œuvre ! J’aurais dû m’en douter. Vous l’avez façonnée à votre image.
- C’est d’Angie dont vous parlez…
- De qui d’autre selon vous ! C’est vous qui lui avez fait cette marque.
- Je vois que vous n’avez pas oublié… Angie est belle et bien mon œuvre, inachevée pour l’heure. Mais vous vous trompez… Elle était déjà ainsi lors de notre première rencontre.
Joséphine sortit une cigarette de son paquet et l’allume. Puis elle fixa QUENELIOU.
- Vous ne pouvez rien y faire.
- Au contraire ! Je vais mettre un terme à ses agissements… Et aux vôtres par la même occasion !
- La méthode traditionnelle ne fonctionnera pas avec elle !
- Et bien, je m’adapterai… Votre petite protégée va payer pour ses crimes.
Joséphine se leva pour prendre congé.
- L’heure de la confrontation a sonné… Voyons laquelle de vous deux survivra.
Sur ces derniers mots, Joséphine quitta le bar. Restée seule, Sylvie QUENELIOU tremblait de rage. Mais maintenant, elle savait où trouver Angie. La demoiselle psychopathe allait avoir une drôle de surprise… Connaissant Joséphine, Sylvie savait que cette dernière n’avait certainement pas tout révélé à sa fille spirituelle. Voyons voir comment Angie allait réagir face à certaines de ces révélations…



La violence de l’impact avait propulsé Sarah à terre. Elle avait choisi le même mode opératoire que le mien : la liberté de mouvement de ses victimes. Sauf que là, DUROIT était encore de taille à lui résister. Un peu à l’écart, j’observais. En cas d’échec de Sarah, j’entrerai dans la partie. Mais uniquement pour neutraliser Lucien… Sarah devait le tuer et elle le ferait.
- Bon dieu Angie ! Ce n’est qu’une gosse !
Depuis plusieurs minutes, Lucien tentait de me faire réagir. Sans succès. Mes ordres étaient clairs.
- Je m’ennuie Sarah…
La demoiselle, qui venait de se relever, me fixa hargneusement. Avant de reporter son attention sur sa proie. À quelques mètres, enchaînée au mur, Laure regardait la scène. La terreur se lisait sur son visage. Changeant de place, je me positionnai à ses côtés. Son corps, entièrement nu, portait encore les traces des derniers sévices infligés. Vexée par ma dernière réflexion, Sarah semblait repartie de plus belle. Lucien commençait à reculer. La fatigue s’installait chez lui. Son âge, ainsi que le manque de nourriture, ne pouvaient rien contre une jeune femme en pleine possession de ses moyens. Les coups redoublèrent d’intensité.
- Elle va le tuer !
La voix de Laure était à peine audible.
- Je sais.
Un cri… Un râle plutôt. Lucien était à terre, incapable de se relever. Sarah venait de lui briser les genoux. Immobile, elle observait l’homme à ses pieds. Elle alla prendre sa dague avant de lui envoyer un coup de pied en pleine poitrine. Le souffle coupé, Lucien était désormais à sa merci. Sarah le traîna jusqu’au mur avant de s’y adosser. L’orgasme qui la foudroya au moment, où elle lui tranchait la gorge, fut d’une violence inouïe. Par expérience, je savais qu’il lui faudrait du temps pour recouvrer ses esprits. Sarah s’effondra au sol, le corps de Lucien sur elle. À mes côtés, Laure se taisait. Je la détachai avant de l’envoyer valser aux pieds du cadavre.
- Tu vois ce qui t’attend si tu désobéis…
- Pitié… Je ferai ce que vous voulez…
- Bois !
Réprimant son envie de vomir, Laure lapait le sang qui avait coulé sur le sol. Une vraie petite chienne ! Dommage que je ne puisse pas la garder en vie… Sarah reprenait doucement conscience. Je rattachai Laure avant de quitter la pièce. Une heure plus tard, je quittai le château. J’avais un rendez-vous… avec cette pétasse de psy !



Joséphine m’avait prévenue. QUENELIOU était une adversaire redoutable. Je savais qu’elle faisait route vers le château pour mettre un terme à mes agissements. Bon courage à elle ! Je me trouvais pour l’heure dans une cabane de chasse. Rustique. J’y attendais tranquillement la psy. Joséphine étant persuadée qu’elle viendrait ici en premier, elle m’avait ordonné de m’y rendre. Je patientais depuis quelques heures déjà quand elle apparut dans mon champ de vision. Exit le tailleur chic ! Pantalon, boots et blouson noirs, sa tenue ressemblait quasiment à celle que je portais. Elle approchait avec prudence.
- Salut la pétasse !
Je venais de sortir du renfoncement dans lequel je m’étais installée.
- Charmant accueil Angie !
Elle se positionna face à moi. La partie commençait.
- Tout comme cet endroit…
- Pratique pour se débarrasser de la vermine !
QUENELIOU souriait. Elle semblait beaucoup trop sûre d’elle. Je me demandais pourquoi.
- Alors Angie, ainsi tu n’es qu’une chienne obéissante. Je m’attendais à autre chose de ta part, je suis déçue.
- Merci pour ce compliment. Je préfère de loin être une chienne qu’une pute comme toi !
- Je vois que Joséphine t’a affranchie me concernant. Mais es-tu certaine de tout savoir…
- Je sais que tu as été l’une des nôtres et que tu as préféré t’enfuir. Je sais aussi que, jusqu’à maintenant, tu ne t’étais pas mêlée des affaires du groupe.
- Oh ! Je suis vilaine alors !
Le ton cynique qu’elle venait d’employer eut le don de m’énerver.
- Je vais te buter ma chérie. Mais avant, je te montrerai de quoi je suis capable. Il y a une demoiselle qui n’attend que ton arrivée pour crever ! Ensuite, je te ferai maudire le jour de ta naissance et j’aurai un putain d’orgasme que je te saignerai. Voilà ce que je sais.
J’avais volontairement positionné ma voix en tessiture grave. L’effet escompté se produisit. QUENELIOU recula de quelques mètres, histoire d’être à l’abri d’une attaque. Grossière erreur. Les mâchoires en acier du piège se refermèrent sur sa cheville droite. Son hurlement de douleur me fit sourire.
- J’ai fait quelques modifications ici. Tu aurais dû t’en douter ! C’est pathétique !
- Va te faire foutre Angie !
- Volontiers. Mais pas par toi ! Voyons combien de temps tu vas pouvoir résister à la douleur.
Allumant une cigarette, je m’assis en face d’elle. La première manche était pour moi.



Trois heures ! C’est le temps qu’il lui avait fallu pour mettre genoux à terre. M’avançant, équipée d’un bâton, je déclenchai tous les autres pièges. Il y en avait dix-sept en tout. Je devais donc neutraliser les seize autres avant de pouvoir approcher la psy sans risque. Elle me regardait faire sans rien dire. Elle s’était murée dans le silence. Ça ne me dérangeait pas vraiment. Agissant de façon méthodique, je parvenais à sécuriser la zone en moins de dix minutes. Mon premier coup de pied atteignit cette pute en pleine poitrine, l’envoyant au sol. Elle hurla, autant de surprise que de douleur. Jouissif !
- Tu vois ma chérie, tu n’es pas de taille à m’arrêter. Personne ne l’est d’ailleurs.
- Ton arrogance te perdra ! Si tu crois que me tuer suffira à être tranquille, tu te trompes…
- J’adore ce genre d’insinuation sans consistance.
Un signal d’alarme venait de s’allumer dans mon cerveau. Cette pute était trop calme ! Que pouvait-elle bien cacher que j’ignorais ? Un bruit de moteur interrompit notre conversation. Sarah venait d’arriver. J’allai à sa rencontre.
- Bonjour petite fille, tu as trouvé facilement ?
- Oui.
Son regard se posa sur la psy.
- C’est ça qu’on doit ramener au château ?
- Et oui ! Mais prudence, elle est pire qu’une chienne enragée. Nous allons devoir l’entraver.
- Je vais prendre le matériel.
QUENELIOU s’était remise debout… péniblement. Sarah revint avec des cordes et un lasso de capture pour chien errant, sorte de perche équipée d’une lanière de cuir en son extrémité permettant l’étranglement pour immobiliser l’animal. Je m’en saisis avant de m’approcher de la psy. Sa cheville blessée l’handicapait dans la rapidité de ses mouvements. Je profitai donc de ma supériorité en la matière pour lui passer la sangle autour du cou. Je la serrai aussitôt. Elle se débattit pendant quelques minutes avant de rendre les armes. Tendant la perche à Sarah, je me concentrai sur les cordages. Dix minutes plus tard, elle se trouvait réduite à l’impuissance. Temporairement certes car je comptais bien lui rendre sa liberté de mouvements une fois au château. Sarah m’aida à la charger dans le coffre puis lui posa un bâillon. Le retour se déroula sans encombre.



Elle était tombée par hasard sur la vidéo en fouillant la péniche une nouvelle fois. Et pour la dixième fois au moins, Emma essayait de joindre Sylvie QUENELIOU sur son portable. Encore cette foutue messagerie. Il fallait pourtant qu’elle arrive à la joindre. Elle venait de trouver la preuve qui manquait à la police pour enfermer Angie. Sur cette vidéo, on la voyait très distinctement mettre à mort une jeune femme de la façon la plus ignoble qu’il puisse être. Ce qu’Emma ne pouvait savoir, c’est que Virginie était déjà morte au moment où le film avait été tourné. Son estomac n’avait pas résisté à la vue de ces images. Ne parvenant pas à joindre la psychiatre, Emma tenta de joindre Angie. Cette dernière lui apprit son absence de la région durant plusieurs jours. Respirant un peu mieux, Emma décida de se rendre au manoir. D’ici qu’elle y arrive, QUENELIOU l’aurait certainement rappelée.



- Tu émerges ma chérie ? Tant mieux, je commençais à m’ennuyer.
QUENELIOU me fixait, le cerveau encore embrumé par les somnifères que je lui avais fait prendre. Elle se trouvait libre de ses mouvements, à l’intérieur d’une cage de deux mètres de côté, un mètre de haut ainsi que de large. Conditions idéales d’emprisonnement pour pouvoir faire durer le jeu. Sur le mur en face d’elle se trouvait enchaînée Laure. La pauvre fille le savait désormais, ses jours étaient comptés.
- Ma tête… Où suis-je ?
- Dans les caves du château.
- Chez ma mère ?
- Mais de quoi tu parles ? J’ai peut-être un peu trop forcé sur les médocs moi.
La pétasse essayait de se mettre debout mais ses jambes ne la portaient plus. Trop tôt. Je commençais à me demander si je n’avais pas eu la main trop lourde en la droguant. Qu’importe, elle finirait bien par reprendre conscience. Je lui accordai une petite heure avant de revenir. Je la trouvai assise en tailleur dans sa cage, parfaitement éveillée.
- Alors la pétasse, tu vas mieux ?
- Va au diable !
- Héhé ! On est fâchée ? Tu en penses quoi Laure ?
Me retournant vers l’autre prisonnière, je constatai qu’elle avait cessé de se battre pour rester en vie. Elle se contentait d’attendre la mort.
- Mais que lui as-tu fait ?
- Je lui ai juste dit que ton arrivée ici signifiait sa mort. Rien d’autre.
- C’est immonde ! Comment oses-tu ?
- Chérie, si tu n’avais pas fourré ton nez dans mes affaires, cette fille serait encore libre et en vie pour très longtemps !
Touché ! La pétasse me dévisageait avec horreur.
- Et oui, tu portes la responsabilité de mes cinq dernières victimes, Laure comprise. Tu es la sixième. Si tu avais été intelligente, tu m’aurais foutu la paix dès notre première rencontre et nous n’en serions pas là aujourd’hui.
QUENELIOU me regardait avec horreur. Un coup sec frappé à la porte m’interrompit. La porte s’ouvrit et Joséphine pénétra dans la pièce.
- Comment ça va ici ?
- Très bien Madame, nous discutions tranquillement.
- Et notre prisonnière ?
- Voyez par vous-même !
Je m’écartai pour lui laisser la place. Joséphine vint se mettre face à QUENELIOU. Cette dernière fusilla mon mentor du regard.
- Bonjour madame la psychiatre la plus réputée de Paris.
Le cynisme de Joséphine me fit sourire. QUENELIOU la fixa droit dans les yeux.
- Bonjour Mère.

 
Lunabelle


Quand la nuit habite ton cœur, tu poursuis son ombre ... clovis 67
   
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  Publié: 2 févr 2009 à 15:08 Citer vertical_align_bottom

ET bien et bien....

Toujours un plaisir énorme et du rebondissement!!!!
Que tu es talentueuse
Merci pour ce nouvel Opus

Prends soin de toi ma Perle de Brume

Tendrement

Luna

 
Sans nom


Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs.[..] WS
   
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  Publié: 2 févr 2009 à 15:42 Citer vertical_align_bottom

J'adore ! Joséphine ordonnera t elle l'exécution de sa propre fille ?
J'attends la suite avec impatience !

Amitiés
Nina

  Un livre a toujours deux auteurs : celui qui l'écrit et celui qui le lit. Jacques Salomé.
celiwen

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  Publié: 4 févr 2009 à 05:00 Citer vertical_align_bottom

une suite à la hauteur de nos attentes.... bien au dessus même!!!

 
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  Publié: 6 févr 2009 à 05:32 Citer vertical_align_bottom

Quelle chute! Sa fille? Je comprends beaucoup de choses maintenant!
Au final je me demande si Sylvie n'est pas aussi tordue qu'Angie!


  Je suis comme ce temps que l'on ne remonte pas : décalée et détraquée.
Anchentria


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  Publié: 8 févr 2009 à 07:06 Citer vertical_align_bottom

Bonjour !


@ Lunabelle : ma Douce, je réserve encore quelques surprises dans les deux derniers chapitres de cet opus. Merci pour tout.


@ 4nel4 : la réaction d'Angie sera proportionnelle à celle de QUENELIOU...


@ Senehta : nous voilà avec un trio des plus explosifs mais qui a réellement besoin de gagner cet affrontement...


@ celiwen : merci pour ton compliment et pour ta fidélité.


@ Eriune : Sylvie aussi tordue qu'Angie ? Sans aucun doute mais il reste une inconnue encore qui risque fort de bouleverser cet ordre établi...


Merci à vous, plus que deux chapitres et vous connaîtrez la fin... ou pas !

 
Lunatic


Grandir, c'est regarder en face ses désillusions.
   
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  Publié: 11 févr 2009 à 10:13 Citer vertical_align_bottom

oO
Sa mère? Alors là... Je ne m'y attendais pas du tout.
Pour une surprise, c'est une sacré surprise.
Bravo.

 
Rêveuse de Bulle


Enfant des nuits noires.
   
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  Publié: 30 mars 2009 à 05:14 Citer vertical_align_bottom

Eh bien, que de rebondissements ^^
Quelle chienne cette Emma... J'espère qu'Angie la fera râler de douleur et mettra très très longtemps avant de la tuer.

Sinon, pour une surprise c'est une véritable surprise : Joséphine, la maman de Queneliou... Mmh, ne jamais decevoir ses parents...


Yaël

PS : Je continue de m'attaquer à la suite.

  Ne contemple pas le sac pesant sur tes épaules, et fonce vers le chemin qu'il te reste à parcourir...
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