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	<title>LPDP :: Envois récents : Le coin de la technique</title>
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	<description>La Passion des Poèmes - Envois récents : Le coin de la technique</description>
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	<copyright>Tous droits réservés. La Passion des Poèmes. 2000-2012</copyright>
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		<title>Inventions  par ODIN</title>
		<description>Est-il possible d'inventer de nouvelles formes poétiques? </description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=208&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Wed, 26 Dec 2012 20:18:20 -0500</pubDate>
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	<item>
		<title>Mouwashah  par Ashimati</title>
		<description>Le mouwashah ou « poésie strophique »  est apparu à la fin du IXe siècle en Andalous (Espagne musulmane) par un poète aveugle de Cabra, Mouqaddam ben Muâafa, mais suivant d'autre sources le premier qui composa un Mouwaschah est Moqadèm Ibn-Mouâfa El-Qabri - le poète en titre de l'Emir Abd-Allah Ben-Mohamed El-Marouani (888-913) -. D'autres citent un certain Moqadèm Ibn Mouâfêr El-Fariri. Il s'agit peut-être du même personnage du tout simplement à une erreur de transcription de vieux manuscrits. 

Le mouwashah se démarque de la poésie classique arabe, notamment de la métrique et du décompte syllabique fixés par al-Khalîl al-Farahîdî, théoricien et inventeur.

Le mouwashah du verbe &quot;wachaha&quot; veut dire « embellir » .Le terme mowachah viendrait du « wichah » : &quot;C'est une cordelière d'ornement portée par les femmes et consistant en une ceinture décorée de deux rangées de perles et de pierres précieuses, enfilées ou réunies dans un ordre régulier, les deux séries étant disposées en sens opposé, l'une d'elle retournée par rapport à l'autre. Cette ceinture s'attachait, par le milieu, entre les épaules, passait sur les hanches et se bouclait sur le devant du corps, juste au-dessous du nombril&quot;.

Le mouwashah compose de quatre séquences ou stances:

Al rhosn  (l'entrée ou le rameau) C'est l'annonce du thème.
Addawr (l'anneau)  qui constitue la première partie 
Alqofl  (le verrou)  qui constitue la deuxième partie 
Al kharjah (la sortie) sorte de conclusion

L'anneau et le verrou sont indissociables  et forme le beyt

L'entrée se compose de quatre vers donnant un quatrain à rimes croisées : ABAB

L'anneau se décline soit en un huitain, un dizain ou un douzain suivant des rimes précises

Le verrou reprend les rimes de l'entrée et se construit de la même façon en rimes croisées ABAB 

La sortie comprend quatre vers à rimes croisées emprunté à  l'anneau .

Le passage de l'arabe au français nous fait penser que tous les mètres peuvent être utilisés, même les vers hétérométriques


Huitain :
ABAB - CDCDCECE - ABAB - CDCD 
ABAB - CDCDCECE - ABAB - CECE
ABAB - CDDCCECE - ABAB - CECE

Dizain
ABAB - CDCDEEFGGF - ABAB - CDCD
ABAB - CDCDEEFGFG - ABAB - CDCD
ABAB - CDCDEEFGFG - ABAB - FGFG
ABAB - CDDCEEFGFG - ABAB - FGFG

Douzain
ABAB - CDCDEFEFGHGH - ABAB - CDCD
ABAB - CDCDEFEFGHGH - ABAB - EFEF
ABAB - CDCDEFEFGHGH - ABAB - GHGH
ABAB - CDCDEFFEGHGH - ABAB - CDCD
ABAB - CDCDEFFEGHGH - ABAB - GHGH
ABAB - CDDCEFEFGHHG - ABAB - CDCD
ABAB - CDDCEFEFGHHG - ABAB - EFEF

Divers sources du net

Mouwashah 1 

Mouwashah 2 
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=207&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sat, 22 Sep 2012 14:34:09 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Nouveau site de documentation  par chimay</title>
		<description>A l'occasion du nettoyage de printemps, je change d'hébergeur, parce que l'ancien ... passons 

L'adresse principale ici :

http://chimay.phpnet.us/index.php

et les pages qui intéressent plus particulièrement cette section, le rimailleur pour tout ce qui concerne la poésie versifée :

http://chimay.phpnet.us/rimaieur.php

et le style-eau pour les figures de style (vers et prose) :

http://chimay.phpnet.us/styleau.php
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=205&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sun, 11 Mar 2012 09:29:08 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Listing des différentes formes  par Ashimati</title>
		<description>Acrostiche
Ballade 
Balladine
Bergerette
Blason
Chant Royal
Dahmaj
Élégie
Fatrasie et Fatras
Ghazal
Glose
Granet
Haïku
Haïku d'hiver (variantes rythmiques et annotations)
Haïkus: explications
Madrigal
Maillet
Mouwashah
Pantoun
Rondeau 
Rondeau (le secret)
Rondeau et plus
Rondel et autres (poésie)
Schaltinienne
Seizain nombre d'or
Sextine
Sextine et spirale
Sextine et spirale inversées
Sonnet
Sonnet : variantes de la &quot;petite chanson&quot;
Tierce rime, ou terza rima
Tourbillon
Triolet
Villanelle
Zadjal / Zajal / Zégel
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=201&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 09:14:50 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Madrigal  par Ashimati</title>
		<description>Un madrigal est une petite pièce de poésie, ingénieuse et galante, qui consiste seulement en quelques pensées tendres exprimées avec délicatesse et précision.  

Il peut être fondé sur un trait d'esprit, ce qui le rend proche de l'épigramme.

On ne sait d'où nous est venu ce genre de poésie, et l'étymologie du mot est même incertaine; d'après le cardinal Bembo, il dériverait de mandra, bergerie, d'où les Italiens auraient tiré mandriale ( berger); madriale ou madrigale signifierait alors chant à l'usage des bergers ( poésie pastorale).  
Selon Ferrari, le mot serait d'origine espagnole, et viendrait de madrugar, se lever de bon matin ou chant du matin.

Le madrigal n'est soumis à aucune règle particulière, quant au rythme et à l'ordonnance, ce qui le distingue, c'est le naturel et la facilité. Le talent consiste à rendre une seule idée le mieux et le plus brièvement possible. 

On le retrouve sous la forme AABCCB ou ABABCDCD

En vers octométriques, décamétriques ou alexandrins

Ce ruisseau sous tes pas cache au sein de la terre 
Son cours silencieux et ses flots oubliés : 
Que ma vie inconnue, obscure et solitaire 
Ainsi passe à tes pieds: 
Aux portes du couchant le ciel se décolore, 
Le jour n'éclaire plus notre aimable entretien; 
Mais est-il un sourire aux lèvres de l'Aurore 
Plus charmant que le tien? 
Chateaubriand


Quand je revis ce que j'ai tant aimé,
Peu s'en fallut que mon feu rallumé
N'en fît l'amour en mon âme renaître;
Et que mon coeur, autrefois, son captif,
Ne ressemblât l'esclave fugitif
A qui le sort fait rencontrer son maître.
Jean Bertaut 


Églé tremble que dans ce jour
L'Hymen, plus puissant que l'Amour,
N'enlève ses trésors sans qu'elle ose s'en plaindre.
Elle a négligé mes avis;
Si la belle les eût suivis,
Elle n'aurait plus rien à craindre.
Jean de Granouilhet, sieur de Sablières (1627 - 1700 )

Quelques-uns ont été mis en musique, comme ceux de Jean de Granouilhet, sieur de Sablières, publiés à Paris en 1704 par Christophe Ballard.


Les poètes et le madrigal : Mellin de Saint-Gelais, le marquis de la Sablière, Fontenelle, La Monnoye, Dorat, Boufflers...
Mais Voltaire est sans contredit celui qui tient le premier rang. 

Source : 
Wikipedia

Madrigal cosmovisions
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=200&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 07:31:09 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Schaltinienne  par Ashimati</title>
		<description>La schaltinienne est un poème à  forme fixe, imaginé par Raymond Schaltin aux alentours de 1955-1956. Cette forme est directement inspiré du dizain d' Emmanuel Lochac ( 1886 -1956 ) et peut servir à traiter des sujets de fond. 

Ce poème composé de 10 vers, comporte un quatrain à rimes embrassées, un tercet, un distique, un vers médaillé (ou isolé), le tout formant un dizain de Lochac. Ils doivent être indépendants l'un de l'autre et surtout pas raccrochés, par la conjonction « et » par exemple.

Le vers seul peut être un petit résumé de l'ensemble. Mais cette forme doit être redoublée pour être une schaltinienne et sur des rimes différentes. Sinon, c'est un dizain de Lochac.

Le mètre utilisé est l'alexandrin sur le schéma suivant :
ABBA-CAC-DD -C 

Si le  premier vers finit par une rime masculine 
MFFM -FMF -MM - F
Si le premier vers finit par une rime Féminine 
 FMMF -MFM -FF -M

=&gt; Ne pas oublier d'alterner d'une séquence à l'autre

Exemple de Annie Hupé

Au début cela semble un sonnet régulier
Des alexandrins, quatre, en rimes embrassées,
La césure ajustée aux phrases compassées.
Des allées ratissées sous un ciel familier.

Mais au coeur du poète, un insoumis fulmine
« Taillez court, semez clair, bravez le parolier !»
À défaut d'un quatrain, un tercet se termine.

Le second s'élabore, autant dire à grand train,
Quatre à quatre, trois vers. Il en manque encore un.

Où est-il ? Le voici ! N'a-t-il pas bonne mine ? 
 
La schaltinienne double (ou redoublée)

Il suffit de garder les mêmes rimes pour chaque dizain
ABBA-CAC-DD -C 
ABBA-CAC-DD -C 

On peut éventuellement garder le vers "C" comme refrain et modifier les rimes comme suit :
ABBA CAC DD C*  -  EFFE CEC GG C*

Les différentes schaltiniennes 

Cette forme s'apparentant au sonnet (quatrain et tercet), il est permis d'imaginer d'utiliser les formes des différents sonnets pour les adapter à la schaltinienne, par exemple en alternant vers longs et courts (schaltinienne layée),ou  même utiliser des rimes croisées
 

Sources : 
Wikipedia
Forum du net
Oeuvres de R.Schaltin : -Ballet (1954 ) ; Poèmes essentiels (1948 et 1956 ) ; Bémols et dièse (1954 ) ;La comédie intellectuelle (1955 ) ; Quintefeuilles (1952 ) ; Les néo-françaises (1936 ) ;Quinzains et trois-neuf ( 1957 ) ; Les schaltiniennes (1955 )
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=199&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sun, 01 Jan 2012 05:27:43 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Élégie  par Ashimati</title>
		<description>Élégie

(féminin :étymologiquement « chant de deuil »)
On croit que ce nom vient du grec e (hélas!) et du verbe légein (dire)

L'élégie désigne un poème lyrique où s'exprime un chant funèbre plaintif. Le thème général est la fuite du temps, l'amour, notamment les peines de la vie amoureuse, la mort, la mélancolie, etc... Fort à l'honneur dans l'Antiquité, il est adopté par les poètes du XVIème siècle et traite alors des passions amoureuses. Le lexique est au service de l'expression de sentiments mélancoliques (méditations sur la mort, tourments engendrés par l'amour). La peinture de la nature figure aussi parmi les thèmes les plus caractéristiques du genre.

L'élégie chez les Grecs était chantée au son de la flûte. Le mètre consacré était l'hexamètre héroïque alternant avec le pentamètre; aussi cette espèce de distiques s'appelait-elle vers élégiaques, mais l'élégie n'était pas toujours plaintive : elle était souvent destinée à ranimer le courage éteint, comme on le voit par les chants de Tyrtée, par celui de Callinus, par la Salamine de Solon. On s'en servit quelquefois aussi pour exprimer même le sentiment de la joie. 

L'élégie est toujours pratiquée au XXe siècle, mais d'une manière beaucoup plus libre: il n'y a plus nécessairement de références à la nature, ni de souci d'ordre et d'harmonie. Le seul critère qui demeure a pour thème la mélancolie.
L'adjectif élégiaque désigne un ton, un thème, un poème exprimant une plainte douloureuse, la mélancolie, ou un poète qui a écrit des élégies.

En poésie, un vers hexamètre est un vers composé de 16 syllabes mais ce genre de vers coupé 8/8 ou 6/4/6 avec six ictus (À l'origine, l'ictus désignait les coups utilisés pour orchestrer le battement de la mesure dans le vers latin) serait souvent bien trop long c'est pourquoi une majorité d'hexamètres ne font que quatorze ou quinze syllabes.

Un pentamètre est un mètre composé de cinq pieds. Le pentamètre dactylique était utilisé par les Grecs et  les Romains, exclusivement dans le distique élégiaque.

L'histoire et les élégiaques

Mimnerme est le premier chez les Grecs qui ait consacré le mètre élégiaque à l'expression des tourments de l'amour, et c'est le caractère que l'élégie a conservé depuis. De là la définition qu'en donne Boileau au 2e liv. de son Art Poétique, v. 45 et suiv. Le style de l'élégie doit être simple, facile, les pensées vives, naturelles, et les réflexions doivent surtout être des sentiments. 

Simonide de Céos, Hermésianax de Lesbos, Philétas de Cos, Antimaque de Colophon et Callimaque se distinguèrent dans ce genre de poésie. Mimnerme. Philétas et Callimaque furent imités chez les Romains par Gallus, Tibulle, Properce, Ovide. 
Tibulle et Properce sont les plus parfaits : le premier se distingue par la tendresse du sentiment, le charme de la diction et la pureté du style; le second, moins élégant, a plus de feu et de passion. Ovide est plein de grâce; mais il a plus d'esprit et d'imagination que de sensibilité (ses Héroïdes, Amours, Tristes et Épîtres Pontiques). 

On trouve des morceaux élégiaques dans plusieurs écrivains qui n'ont pas fait profession de ce genre littéraire. Ainsi, l'idylle de Moschus sur la mort de Bion est une véritable élégie. Les paroles si pleines de naturel et de sentiment qu'Euripide met dans la bouche d'Andromaque prosternée en Épire au pied de la statue de Thétis sont une des plus belles élégies grecques qui nous soient parvenues. N'est-ce pas aussi une véritable élégie que la prière qui ouvre la tragédie des Sept chefs contre Thèbes, prière consacrée à détourner les malheurs d'une guerre impie; ou la scène de la même tragédie, dans laquelle Ismène et Antigone déplorent, avec un choeur de Thébains, la mort d'Étéocle et de Polynice en présence de leurs cadavres; ou encore ce choeur des Perses déplorant le désastre de l'armée persane; ou enfin le premier choeur de l'Agamemnon d'Eschyle? Que de scènes élégiaques se trouvent aussi dans les poèmes d'Homère, et surtout de Virgile! La pièce 65 de Catulle (ad Ortalum) et la 68e (ad Manlium) appartiennent également au genre élégiaque. La 1re églogue (est un poème de style classique consacré à un sujet pastoral. Les poèmes de ce genre littéraire sont parfois qualifiés de « bucoliques »., où le berger chassé de son petit domaine fait entendre des plaintes si attendrissantes), la 2e et la 10e, consacrées à peindre les tourments d'un amour qui n'est point partagé, la 5e sur la mort de Daphnis, l'épisode du jeune Marcellus et une foule d'autres passages de l'Enéide, ont le caractère de l'élégie, aussi bien que l'ode d'Horace sur la mort de Quintilius Varus. 

L'élégie chez les Hébreux n'a jamais exprimé les peines de l'amour : toujours sévère et profondément mélancolique, elle déplore surtout les chagrins de l'amitié frappée dans les objets de son affection, les tristesses de l'âme dans le malheur, les calamités de la patrie. Rien n'est plus touchant que le livre entier de Job. Bon nombre des psaumes de David sont d'admirables élégies, et tel est aussi le caractère des chants des prophètes sur les désastres de Jérusalem : selon l'expression de Bossuet, Jérémie semble avoir été seul capable d'égaler les lamentations aux calamités. 
La gravité des moeurs chrétiennes et les épreuves qu'eurent à traverser les disciples du Christ ont imprimé aux oeuvres littéraires des premiers siècles de l'Église un cachet de tristesse et de mélancolie rêveuse. Lactance et saint Ambroise chantent la Passion de J.-C., Victorin le supplice des Maccabées, Prudence les souffrances des martyrs. La littérature française n'a guère produit de poètes élégiaques qui aient mérité de vivre. Cependant, la plupart des romances des Troubadours pourraient être rapportées au genre élégiaque. 
Clément Marot et Régnier se sont essayés les premiers dans l'élégie, mais avec peu de succès. Le XVIe siècle vit paraître une foule d'élégies, mais écrites en style forcé, et dont Boileau a fait justice; néanmoins on peut citer quelques stances de la célèbre consolation de Malherbe à Duperrier, 1599, pièce infiniment trop longue et trop peu naturelle; et surtout la belle et courageuse élégie de La Fontaine Aux Nymphes de Vaux; (1661) en faveur de Fouquet. 
Au siècle suivant, on distingue les pièces de Voltaire sur la mort de Genonville et sur Mlle Lecouvreur, mais rien n'est à comparer avec un certain nombre de pièces d'André Chénier, surtout pour le charme et la vivacité du sentiment. De remarquables poésies élégiaques sont encore : l'Ode imitée de plusieurs psaumes, de Gilbert; Le jeune poète mourant, de Millevoye; la Pauvre fille, de Soumet; la Mort de ma fille, de Lamartine; plusieurs Messéniennes, de Casimir Delavigne, entre autres celle sur la Mort de Jeanne d'Arc; la Jeune fille morte des suites d'un bal, de Victor Hugo, etc. Citons enfin les oeuvres de Tastu et Desbordes-Valmore. 

Parmi les poètes élégiaques étrangers, on mentionne en Angleterre, Gray et Young; en Italie, Pétrarque, Chiabrera, Alamanni, Guarini, Castaldi, Filicaja, Pindemonti; en Portugal, Camoëns, Saa de Miranda, Antonio Ferreira, Andrade Caminha, Diego Bernardez, Rodriguez Lobo, Geronymo Cortereal; en Espagne, Boscan, Garcilaso de la Vega. 

Citation de Boileau sur l'élégie 

La plaintive élégie en longs habits de deuil 
Sait les cheveux épars gémir sur un cercueil ; 
Elle plaint des amants la joie et la tristesse, 
Flatte, menace, irrite, apaise une maîtresse ; 
Mais, pour bien expliquer ses caprices heureux, 
C'est peu d'être poète, il faut être amoureux.

(Nicolas BOILEAU-DESPRÉAUX, Art poét. II) 


LE POÈTE MOURANT.
Charles Hubert Millevoye, ( 1782 - 1816 )

Le poète chantait : de sa lampe fidèle
S'éteignaient par degrés les rayons pâlissants ;
Et lui, prêt à mourir comme elle,
Exhalait ces tristes accents :

« La fleur de ma vie est fanée ;
Il fut rapide, mon destin !
De mon orageuse journée
Le soir toucha presque au matin.

« Il est sur un lointain rivage
Un arbre où le Plaisir habite avec la Mort.
Sous ses rameaux trompeurs malheureux qui s'endort !
Volupté des amours ! Cet arbre est ton image.
Et moi, j'ai reposé sous le mortel ombrage ;
Voyageur imprudent, j'ai mérité mon sort.

« Brise-toi, lyre tant aimée !
Tu ne survivras point à mon dernier sommeil ;
 Et tes hymnes sans renommée
Sous la tombe avec moi dormiront sans réveil.
Je ne paraîtrai pas devant le trône austère
Où la postérité, d'une inflexible voix,
Juge les gloires de la terre,
Comme l'Égypte, aux bords de son lac solitaire,
Jugeait les ombres de ses rois.

« Compagnons dispersés de mon triste voyage,
Ô mes amis ! Ô vous qui me fûtes si chers !
De mes chants imparfaits recueillez l'héritage,
Et sauvez de l'oubli quelques-uns de mes vers.
Et vous par qui je meurs, vous à qui je pardonne,
Femmes ! Vos traits encore à mon oeil incertain
S'offrent comme un rayon d'automne,
 Où comme un songe du matin.
Doux fantômes ! Venez, mon ombre vous demande
Un dernier souvenir de douleur et d'amour :
Au pied de mon cyprès effeuillez pour offrande
Les roses qui vivent un jour. »

Le poète chantait : quand la lyre fidèle
S'échappa tout à coup de sa débile main ;
Sa lampe mourut, et comme elle
Il s'éteignit le lendemain.
Charles Hubert Millevoye, ( 1782 - 1816 )

Élégie aux Nymphes de Vaux

Jean de La Fontaine (1621-1695 )
Pour M. Fouquet

Remplissez l'air de cris en vos grottes profondes ; 
Pleurez, Nymphes de Vaux, faites croître vos ondes, 
Et que l'Anqueuil enflé ravage les trésors 
Dont les regards de Flore ont embelli ses bords 
On ne blâmera point vos larmes innocentes ; 
Vous pouvez donner cours à vos douleurs pressantes :
Chacun attend de vous ce devoir généreux ; 
Les Destins sont contents : Oronte est malheureux. 
Vous l'avez vu naguère au bord de vos fontaines, 
Qui, sans craindre du Sort les faveurs incertaines, 
Plein d'éclat, plein de gloire, adoré des mortels, 
Recevait des honneurs qu'on ne doit qu'aux autels. 
Hélas ! Qu'il est déchu de ce bonheur suprême ! 
Que vous le trouveriez différent de lui-même ! 
Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits 
Les soucis dévorants, les regrets, les ennuis, 
Hôtes infortunés de sa triste demeure, 
En des gouffres de maux le plongent à toute heure. 
Voici le précipice où l'ont enfin jeté 
Les attraits enchanteurs de la prospérité ! 
Dans les palais des rois cette plainte est commune, 
On n'y connaît que trop les jeux de la Fortune, 
Ses trompeuses faveurs, ses appâts inconstants ; 
Mais on ne les connaît que quand il n'est plus temps. 
Lorsque sur cette mer on vogue à pleines voiles, 
Qu'on croit avoir pour soi les vents et les étoiles, 
Il est bien malaisé de régler ses désirs ; 
Le plus sage s'endort sur la foi des Zéphyrs.
Jamais un favori ne borne sa carrière ; 
Il ne regarde pas ce qu'il laisse en arrière ; 
Et tout ce vain amour des grandeurs et du bruit 
Ne le saurait quitter qu'après l'avoir détruit. 
Tant d'exemples fameux que l'histoire en raconte 
Ne suffisaient-ils pas, sans la perte d'Oronte ? 
Ah ! si ce faux éclat n'eût point fait ses plaisirs, 
Si le séjour de Vaux eût borné ses désirs, 
Qu'il pouvait doucement laisser couler son âge !
Vous n'avez pas chez vous ce brillant équipage, 
Cette foule de gens qui s'en vont chaque jour 
Saluer à longs flots le soleil de la Cour :
Mais la faveur du Ciel vous donne en récompense 
Du repos, du loisir, de l'ombre, et du silence, 
Un tranquille sommeil, d'innocents entretiens ; 
Et jamais à la Cour on ne trouve ces biens. 
Mais quittons ces pensées : Oronte nous appelle. 
Vous, dont il a rendu la demeure si belle, 
Nymphes, qui lui devez vos plus charmants appâts, 
Si le long de vos bords Louis porte ses pas, 
Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage. 
Il aime ses sujets, il est juste, il est sage ; 
Du titre de clément rendez-le ambitieux :
C'est par là que les rois sont semblables aux dieux. 
Du magnanime Henri qu'il contemple la vie :
Dès qu'il put se venger il en perdit l'envie. 
Inspirez à Louis cette même douceur :
La plus belle victoire est de vaincre son coeur. 
Oronte est à présent un objet de clémence ; 
S'il a cru les conseils d'une aveugle puissance, 
Il est assez puni par son sort rigoureux ; 
Et c'est être innocent que d'être malheureux.


Alphonse de Lamartine (1790 -1869 )
Méditations poétiques (1820)
Le Lac 

    Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
    Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
    Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
    Jeter l'ancre un seul jour ?

    Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
    Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
    Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
    Où tu la vis s'asseoir !

    Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
     Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
    Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
    Sur ses pieds adorés.

    Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
    On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
    Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
    Tes flots harmonieux.

    Tout à coup des accents inconnus à la terre
    Du rivage charmé frappèrent les échos ;
    Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
    Laissa tomber ces mots :

    « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !

    « Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
    Coulez, coulez pour eux ;
    Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
    Oubliez les heureux.

    « Mais je demande en vain quelques moments encore,
     Le temps m'échappe et fuit ;
    Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
    Va dissiper la nuit.

    « Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
    Hâtons-nous, jouissons !
    L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
    Il coule, et nous passons ! »

    Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
    Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
    S'envolent loin de nous de la même vitesse
    Que les jours de malheur ?

    Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
    Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
    Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
    Ne nous les rendra plus !

    Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
    Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
    Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
    Que vous nous ravissez ?

    Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
    Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
    Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
    Au moins le souvenir !

    Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
    Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
    Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
    Qui pendent sur tes eaux.

    Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
    Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
    Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
    De ses molles clartés.

    Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
    Que les parfums légers de ton air embaumé,
    Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
    Tout dise : Ils ont aimé !


Sources : 
Cosmovisions

Wikipedia

Divers blogs
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=198&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 09:00:32 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Décompte des syllabes   par MirrorMirror</title>
		<description>Bonjour,

Je n'ai pas vu de sujet reprenant les règles de décompte syllabique alors je pose ma question ici:

Est-ce qu'il y a 2 ou 3 syllabes dans &quot;Tellement&quot;?</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=197&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2011 04:35:56 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Acrostiche  par Ashimati</title>
		<description>Un acrostiche, du grec akrostikhos (akros, haut, élevé et stichos, le vers), est un poème fondé sur une figure de style consistant en ce que les initiales de chaque vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot ou une expression se rapportant au sujet du poème. Il existe trois sortes d'acrostiches en réalité. Si l'acrostiche est un type de poème, il repose avant tout sur une opération de transformation graphique donc sur une figure de style.

L'acrostiche est donc un poème dont certains éléments forment un autre message. Le texte peut être lu de haut en bas en ne tenant compte que des lettres initiales, médianes (mésostiche) ou finales (téléstiche, acrotélenton). Ce message est un mot clé, une devise, une sentence, voire un nom propre qui désigne l'auteur, le destinataire du texte. L'acrostiche se présente le plus souvent sous la forme d'un court poème, mais elle peut être aussi une phrase. L'acrostiche peut être simple, double, syllabique...

Le terme acrostiche apparaît en 1582, « pièce où les initiales de chaque vers réunies forment un sens » attesté chez Denys d'Halicarnasse

Ce jeu apparaît dans l'Antiquité, on le trouve chez Ennius, Plaute, Commodien dit de Gaza. En fait, les acrostiches de Plaute sont dus au pseudo-Priscien grammairien. Elles contiennent l'argument de la pièce sous forme versifiée.

Toutes les formes et les mètres peuvent être utilisés, il n'y a aucune règle si ce n'est de placer un mot ou un message dans le texte 

En résumé,il est donc possible de prendre :
- La lettre initiale d'une ligne
- La lettre initiale d'un mot
- Les lettres médianes (mésostiche)
- Les dernières lettres d'une ligne (téléstiche)
- Les premières et dernières lettres d'une ligne (acroteleuton)
- les premières syllabes de chaque mot...


Lettre initiale d'une ligne : Un acrostiche a été découvert dans une pièce de Pierre Corneille : Horace (acte II, scène 3) :

S'attacher au combat contre un autre soi-même,
Attaquer un parti qui prend pour défenseur
Le frère d'une femme et l'amant d'une soeur,
Et rompant tous ces noeuds, s'armer pour la patrie
Contre un sang qu'on voudrait racheter de sa vie,
Une telle vertu n'appartenait qu'à nous ;
L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux,

Lettre initiale d'un mot : Ce poème et sa réponse, souvent attribués à tort à Alfred de Musset et George Sand, sont des acrostiches.

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d'un coeur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

La réponse :
Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

Ou :
Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit peut être à l'honneur mais répond à ma flamme.

Les premières syllabes de chaque mot : « l'Idolâtre » de  Friedrich von Spee

Songe, penniforme Isthar, à veiller !
Étoile ténébreuse, Bienfaitrice lunaire
Brillant fiévreusement par-dessus l'alizier !

Sage licorne venue de sept chimères,
Hyène &amp; salamandre, glyphe sacrifié,
Dansons la chaconne, tenace commère :

Un coupable taurobole s'immobilise
Dans le beuglant repaire où Jésus le baptise...
Mortifie, Sauveur, qui désire goulûment
                                                    L'innominé !

Un double acrostiche, publié dans les &quot;Poèmes inédits&quot; des uvres poétiques d'Apollinaire - 
Élodie et Louise

Elles ont toutes les deux Les lèvres carminées
Les fleurs qui tout le jour Ornent leurs calmes seins
Ont de vagues langueurs Un soir ces fleurs fanées
D'amour et de mépris Iront où les années
Insipides toujours S'en vont sitôt que nées
Et meurs les amants Et les fleurs et les Saints 

Les acrostiches d'Apollinaire


Acrostiche brivadois (Sur l'Oulipo)

L'acrostiche brivadois a été mis au point par la classe de 6e C du collège La Fayette de Brioude, sous la férule de Mme Ouardia Touahri, et communiqué à Jacques Jouet.
Il répond à un sentiment d'insatisfaction devant la forme acrostiche, trop peu contraignante. L'acrostiche brivadois peut être considéré comme une « oulipisation conséquente » de l'acrostiche simple.
Chaque vers commence par une lettre, de sorte que l'ensemble des initiales de vers lues verticalement de haut en bas révèle un nom propre. La suite des mots de chacun des vers respecte, quant à leur lettre initiale, une progression alphabétique à compter du premier mot. Le nombre des mots dans les vers est libre ou régulier, ad libitum.

Exemple de Coralie et Marianne :

Jeunes koalas lents
Allez bouquiner correctement
Comme des enfants
Quelle rime soudera
Une volée würmienne ?
Eh fabuleux gentleman,
Savoure ton univers !

Jolis koalas lecteurs
Ouvrant potentiellement quelque
Ultime vénitien wagon,
Eh félin galopant,
Trouve une victoire !


Sources Wikipédia - Oulipo - Forum du net</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=195&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Fri, 18 Nov 2011 13:27:09 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Zadjal / Zajal / Zégel  par Ashimati</title>
		<description>Le Zadjal ou zajal est le nom arabe donné, en Al-Andalus (Andalousie), à une forme poétique similaire au Muwashshah, utilisant exclusivement l'arabe dialectal. 
Le zadjal s'adapte bien à la musique. 
Il a atteint son apogée avec Ibn Quzman, poète Andalous originaire de Cordoue, qui s'en est servi pour ses panégyriques, mais également pour chanter la nature, le vin et, surtout, l'amour. Il fut également à l'honneur chez les soufis,

Il en existe deux formes :
	Le zadjal poétique (préservé uniquement à Constantine)
	Le zadjal de forme musicale chantée.

Zadjal : Du verbe zadjala, zadjalan qui signifie émouvoir; genre poétique (constantinois surtout).
Forme andalouse de la poésie arabe. Après un distique introductif, il se compose de quatrains constitués par un tercet monorime et un quatrième vers rimant avec le distique introductif.
Son inventeur serait Ibn-Bâdja (XI / XII ème siècle).
Il passe au XIV ème siècle en langue castillane. Les diseurs de Zadjal peuvent alors se comparer aux troubadours.

La construction se fait sur quatre quatrains suivant le schéma : 

     BB1 -  AAAB2 - CCCB3 - DDDB4 - EEEB5 

BB1 étant le distique introductif 

Si B est une rime masculine, nous aurons 3 rimes féminines suivit de la rime masculine =  
MM1 - FFFM2 - FFFM3 - FFFM4 - FFFM5 

Si B est une rime féminine, nous aurons 3 rimes masculines suivit de la rime féminine =
FF1 - MMMF2 - MMMF3 - MMMF4 - MMMF5 

-	Tous les mètres peuvent être utilisés, je n'ai trouvé aucune contre-indication ainsi que les vers hétérométriques

Recuerdo del Alhambra 
 
Au sein d'El Andalus ,  Oued el Kebir  charme
Les sévillans. Macarena perle sa larme.

Sous l'auréole d'or, l'émeraude d'espoir
De son manteau d'hiver illumine le soir
La saeta bénie au parfum d'encensoir.
Le vieux, maure et gitan, implore le ciel parme.

Al Hamra palais rouge au soleil du couchant,
Pur joyau de Grenade, illumine le chant
Des princes d'Asturies  sur l'amour se penchant.
Albeniz  virtuose aux impies ne  désarme.

La mosquée où Cordoue a son mirhab niché
Au choeur de l'ostensoir accueille le péché
Et le stuc et le marbre ont le désir caché
Qu'à l'oecoumen perdu je dépose mon arme.


Il existe une variante, appelée Zégel, reprenant la construction ci-dessus mais sans le distique introductif, qui se construit en 16 vers de quatre quatrains (de 08, 10 ou 12 syllabes)
 Forme :
 AAAB - CCCB - DDDB - EEEB

Louis Aragon en a fait un célèbre dans &quot;Le fou d'Élsa&quot;
Avec une petite variante permettant la mise en chanson : 
 
Le vrai Zadjal d'en mourir

Ô mon jardin d'eau fraîche et d'ombre
Ma danse d'être mon coeur sombre
Mon ciel des étoiles sans nombre
Ma barque au loin douce à ramer

Heureux celui qui meurt d'aimer

Qu'à d'autres soit finir amer
Comme l'oiseau se fait chimère
Et s'en va le fleuve à la mer
Ou le temps se part en fumée

Heureux celui qui meurt d'aimer

Heureux celui qui devient sourd
Au chant s'il n'est de son amour
Aveugle au jour d'après son jour
Ses yeux sur toi seule fermés

Heureux celui qui meurt d'aimer

D'aimer si fort ses lèvres closes
Qu'il n'est besoin de nulle chose
Hormis le souvenir des roses
A jamais de toi parfumées

Heureux celui qui meurt d'aimer

Celui qui meurt même à douleur
A qui sans toi le monde est leurre
Et n'en retient que tes couleurs
Il lui suffit qu'il t'ait nommée

Heureux celui qui meurt d'aimer

Mon enfant dit-il ma chère âme
Le temps de te connaître ô femme
L'éternité n'est qu'une pâme
Au feu dont je suis consumé

Heureux celui qui meurt d'aimer

Il a dit ô femme et qu'il taise
Le nom qui ressemble à la braise
A la bouche rouge à la fraise
A jamais dans ses dents formée

Heureux celui qui meurt d'aimer

Il a dit ô femme et s'achève
Ainsi la vie ainsi le rêve
Et soit sur la place de grève
Ou dans le lit accoutumé

Heureux celui qui meurt d'aimer
 
 Louis Aragon

Source : 
zadjal 1
  Zadjal 2

Divers forum et blogs
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=194&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Fri, 07 Oct 2011 14:21:31 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Balladine  par Ashimati</title>
		<description>Balladine

La balladine est une forme poétique qui se dessine autour d'un ou deux refrains, chacun des refrains occupant toujours la même place dans toutes les strophes. 

Elle se compose de quatre strophes de six vers (sizain) ou de huit vers (huitain) mais rien n'empêche d'utiliser aussi le quintil (strophe de 5 vers) ou le septain (strophe de 7 vers) - Nous dirons simplement que toutes les strophes sont imaginables : distique, tercet, quatrain, quintil, sizain, septain, huitain, neuvain, dizain, onzain, douzain, treizain, quatorzain, quizain, seizain.

Les mètres sont octosyllabiques ou décasyllabiques, mais je n'ai pas trouvé d'interdiction aux autres longueurs et rien n'empêche d'utiliser également des vers hétérométriques - Nous dirons que tous les mètres sont autorisés.

Les rimes sont embrassées ou croisées et sans contrainte de genre au départ :  M ou F

Le refrain est placé soit en premier vers, soit en dernier vers de chaque strophe (toutes les strophes commencent ou finissent par le même vers)
Si on choisit deux refrains ceux-ci seront placé en premier et dernier vers de chaque strophe (toutes les strophes commencent par le même vers R1, et se termine par le même vers R2

Attention aux alternances au passage des strophes 

Sizain avec un refrain
Refrain placé en dernier vers 

AABCCB - DDBEEB - FFBGGB - HHBIIB (Avec Alternance)
 
AABCBC - DDECEC - FFGCGC - HHICIC (Sans alternance)

ABBACC - DEEDCC - FGGFCC - HIIHCC (Avec Alternance)

ABABCC - DEDECC - FGFGCC - HIHICC (Sans alternance)

Sizain avec deux refrains
Refrain placé en premier et dernier vers
 
AABCCB - AABDDB - AABEEB - AABFFB (Sans alternance)

AABCBC - AADCDC - AAECEC - AAFCFC (Sans alternance)

ABBACC - ADDACC - AEEACC - AFFACC (Avec Alternance)

ABABCC - ADADCC - AEAECC  - AFAFCC (Sans alternance)

Huitain avec un refrain 
Refrain placé en dernier vers

ABABABCC - DEDEDECC - FGFGFGCC - HIHIHICC (Sans alternance)

ABABBAAB - CDCDBEEB - FGFGBHHB - IJIJBKKB (Avec Alternance)

ABABBCBC - DEDEFCFC - GHGHICIC - JKJKLCLC (Avec Alternance)

AABABBCC - DDEDEECC - FFGFGGCC - HHIHIICC (Sans alternance)

ABABCCCB - DBEBEEEB - FBFBGGGB - HBHBIIIB (Avec Alternance)

AAABCCCB - DDDBEEEB - FFFBGGGB - HHHBIIIB (Avec Alternance)


Huitain avec deux refrains 
 Refrain placé en premier et dernier vers

ABABABCC - ADADADCC - AEAEAECC - AFAFAFCC (Sans alternance)

ABABBAAB - ACACBDDB - AEAEBFFB - AGAGBHHB (Avec Alternance)

ABABDCDC - AEAEFCFC - AGAGHCHC - AIAIJCJC (Avec Alternance)

AABABBCC - AABABBCC - AABABBCC - AABABBCC (Sans alternance)

ABABCCCB - ABABCCCB - ABABCCCB - ABABCCCB (Avec Alternance)

AAABCCCB - AAABCCCB - AAABCCCB - AAABCCCB (Avec Alternance)

</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=193&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Thu, 29 Sep 2011 14:51:03 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Le Coin de la Technique : mode d'emploi  par FeudeBelt</title>
		<description>

Comme nous l'avons annoncé précédemment, le Coin de la Technique a subi un relookage :

Tous les posts ont ainsi été regroupés et classés dans des sous-rubriques, dont l'accès est repris ci-dessous, pour mémoire :



Chacun peut apporter sa contribution dans ces rubriques avec des informations adéquates.  

Nous espérons que ces changements rendront la navigation plus aisée.


L'Equipe de Gestion
La Passion des Poèmes. </description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=190&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 18:03:46 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Grannet  par Ashimati</title>
		<description>Imaginé par Nicolas Graner qui la proposa à l'Oulipo en mai 2000, cette forme rappelle les contraintes du pantoun, de la ballade ou du rondel. La répétition des vers donne à l'ensemble une belle musicalité

Les vers sont octosyllabiques, décasyllabiques ou alexandrins, mais je n'ai pas trouvé d'interdiction aux autres mesures.
L'alternance des rimes masculines et féminines est de mise, mais sans contrainte d'une strophe à l'autre.
La longueur des strophes n'est pas limitée.

On utilisera le quintil sur le schéma suivant : 
 
ABCDA

   EFGBE

   HICFH 

  JDGIJ

bien que le texte de référence qui suit, soit composé sur un sizain : 

Shéhérazade.

Sa mère lui disait quand il était petit
Et curieux des plaisirs inconnus, des faveurs :
« De mille attraits l'amour pare les pécheresses.
Des trésors merveilleux, des palais engloutis
Et curieux, des plaisirs inconnus ? Des faveurs
Que réservent les Dieux à qui contre eux se dresse. »
Sa mère lui disait quand il était petit
De ne plus écouter parler Shéhérazade,
Porte ouverte aux plaisirs, la tentation des sens.
Ceux qui de ses filets sont en vainqueurs sortis
L'ont laissé fuir. La femme ainsi restée en rade
Porte, ouverte aux plaisirs, la tentation des sens.
De ne plus écouter parler Shéhérazade
Des héros, des sultans, des guerriers et des princes,
Des trésors merveilleux, des palais engloutis,
Son coeur se briserait ; ses nuits sembleraient fades.
Des héros, des sultans, des guerriers et des princes
Ont préféré mourir que prendre un tel parti.
Des hommes qui, tentés de suivre une maîtresse,
Ont préféré mourir que prendre un tel parti
S'en sont trouvés grandis, mais non pas plus heureux.
De mille attraits l'amour pare les pécheresses :
Ceux qui de ses filets sont en vainqueurs sortis
S'en sont trouvés grandis, mais non pas plus heureux.
Son coeur se briserait, ses nuits sembleraient fades,
Son noir destin serait l'éternel châtiment
Des hommes qui, tentés de suivre une maîtresse,
L'ont laissé fuir. La femme ainsi restée en rade,
Son noir destin serait l'éternel châtiment
Que réservent les Dieux à qui contre eux se dresse.
Nicolas Graner

Grannet anagrammatique
Tous les vers utilisent les mêmes lettres dans des ordres différents

Roman boudant qu'on épuisa
d'un son tabou, panoramique :
mot du bon-à-rien qu'on pausa.
Non au bon opus dramatique,
roman boudant qu'on épuisa !
Ô maraud, bouquin spontané,
pardon ! Non au subatomique
à pantoum quasi-bourdonné
d'un son tabou, panoramique;
ô maraud, bouquin spontané !
Mon Dieu, patron qu'on abusa,
un poumon abat, sardonique
mot du bon-à-rien qu'on pausa :
« Pardon, non au subatomique ! »
Mon Dieu, patron qu'on abusa,
pourquoi m'as-tu abandonné ?
Non au bon opus dramatique
à pantoum quasi-bourdonné !
Un poumon abat, sardonique :
« Pourquoi m'as-tu abandonné ? »

 Accumulation d'homographes
Le sens des vers est totalement changé lors de leur deuxième occurrence

Que les nues, le violent orage,
et que nous, avions, nous passions !
Que content des vers de sages ?
Il aurait fallu, nous savons,
que les nues le violent, ô rage !
Tu les graves sous tes convois ; 
tu les écossais, car ils vont
de Marseille fondre à l'endroit.
Et que nous avions-nous, passions,
tu les graves sous ? T'es con, vois !
Se détacher comme des Pages
le grand but : ce qui va au fond !
Que, content des vers des âges,
tu l'es, Écossais ! Car ils vont
se détacher comme des pages.
Sourd ! Du blanc ou du rouge, bois !
Il aurait fallu nous, savons
de Marseille, fondre à l'endroit :
le grand but ce qui -va, au fond-
sourd du blanc ou du rouge bois.

Grannet holorime
Les vers &quot;répétés&quot; ne sont ici pas identiques, mais holorimes : ils se prononcent de la même façon bien qu'ils n'emploient pas les mêmes mots. Ce poème fait allusion au « Voyage d'Hiver »
de Georges Perec, et à ses diverses &quot;suites&quot; écrites par les membres de l'OuLiPo.

Revoyais-je dix vers ?
Comment songer qu'on ait loi-nié
cet effet « sonnet » qui poussa
Caradec à mettre un ver niais
dans ses livrets qu'on balança
qu'au mensonge, et qu'on éloignait ?
Or, Borrade a tout déchiré
pour éviter tout fait sans foi.
Faut le temps dans ses rets : curée
s'était fait son équipe où ça ?
Hors-bord à date où dèche irait !
On l'a vu gommer un Tellier
que Degrael en plein cita,
car à décamètre un vernier
pourrait vite étouffer cent fois :
on lave Hugo, mais untel y est !
Là Roubaud coupa cet arrêt :
« Dansez l'ivre et con bal en sa
folle tendance, et récurez
que de gras ! » Et l'ample incita
l'art où beaucoup passaient, tarés.

Grannet palindrome phonétique
Le thème du poème est la mort comme libération des souffrances, mais l'art plus fort qu'elle de toute façon. Les « dix jumeaux » sont une allusion à la forme du grannet, qui comprend dix vers mais répétés chacun deux fois.

Et nargue le décès
et cède le grannet
J'irai, lutteur, heurter mes râles
au Malheur dans ces dix jumeaux
givrés : sa traque rude est pâle.
Ô mon père, ne réponds mot !
J'irai, lutteur, heurter mes râles.
La mort t'attend -chut, elle fige-,
homme, et te défait de tes maux.
La paix dure, car t'asservis-je
au malheur dans ces dits jumeaux ?
La mort t'attend, chut, et le fige.
J'y feulai, tu chantas trop mal...
Ô mugis : « Descendre l'âme au
givre et sa traque rude &amp; pâle »,
homme; et te défais de tes maux !
J'y feulai, tu chantas trop mal.
L'art est maître heureux ; tu l'ériges,
ô mon père. Ne réponds mot.
La paix dure, car t'asservis-je
au mugi « descendre l'âme haut » ?
L'art est maître heureux : tu l'ériges !


Source 
Nicolas Graner

Oulipo

Les amertumes 
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=183&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 10:01:45 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Glose  par Ashimati</title>
		<description>La glose
est un poème qui parodie un autre poème très connu à raison d'un vers parodié par strophe. Elle fut introduite en France avec Anne d'Autriche et les Espagnols. Elle ne s'est jamais bien acclimatée chez nous. 

Il n'y en a guère qu'une qui soit bien connue, celle de Sarrazin sur le Sonnet de Job de Benserade, qui donna lieu à la querelle littéraire des Jobelins et des Uranistes en 1648. Dans la société française du XVIIe siècle, le moindre incident était l'occasion de querelles littéraires, ou, comme on disait, de cabales. 
Celle des Jobelins et des Uranistes (ou Uraniens ou encore Uranins) est l'une des plus fameuses par le bruit qu'elle fit et par ce qu'elle mit d'humeur poétique en mouvement.
Elle eut pour sujet deux sonnets entre lesquels se partagèrent la ville et la cour. L'un était le sonnet d'Uranie, par Voiture et l'autre le sonnet de Job, par Benserade. Les partis prirent leur nom de l'oeuvre qui avait leur préférence.

La glose est en strophe de 4 vers et en contient autant qu'il y a de vers dans le poème glosé. Chacun de ces vers constitue, à son rang, le 4ème vers de chacune des strophes de la glose.

Chaque vers composant la première strophe est la conclusion de la strophe suivante, et ainsi de suite.
Les rimes sont croisées (ABAB) et sans alternance masculine/féminine pour passer au quatrain suivant
La glose est un long poème : 4 x 14 = 56 vers. Ajoutés aux 14 vers du sonnet, cela donne une pièce poétique de 70 vers au total.

 Les strophes de la glose peuvent être des quatrains, des quintils, des sizains...etc.

Attention, plus le texte parodié est long, plus la glose est longue. Il est donc préférable de gloser sur des textes courts.
On peut également gloser ses propres textes sans parodier forcément ou composer soi-même les vers sur lesquels gloser.

En espagnol, le mot Glosa désigne une forme poétique savante en vers octosyllabiques : un quatrain est repris à la fin de chacune des strophes suivantes de dix vers (décimas), chaque strophe se présentant comme un commentaire du quatrain précédent. Cette forme poétique a été définie par V. Martinez Espinel (Diversas rimas, 1591).

Sonnet de Job

Job de mille tourments atteint
Vous rendra sa douleur connue,
Et raisonnablement il craint
Que vous n'en soyez point émue.

Vous verrez sa misère nue ;
II s'est lui-même ici dépeint :
Accoutumez-vous à la vue
D'un homme qui souffre et se plaint.

Bien qu'il eût d'extrêmes souffrances,
On voit aller des patiences
Plus loin que la sienne n'alla.

Il souffrit des maux incroyables,
II s'en plaignit, il en parla,...
J'en connais de plus misérables.

Isaac de Benserade

Glose à M. Esprit sur le Sonnet de M. Benserade par Sarrasin

Monsieur Esprit, de l'Oratoire,
Vous agissez en homme saint,
De couronner avecque gloire
Job de mille tourmens atteint.

L'ombre de Voiture en fait bruit,
En s'étant enfin résoluë
De vous aller voir cette nuit,
Vous rendra sa douleur connuë.

C'est une assez fâcheuse vûë,
La nuit qu'une Ombre qui se plaint.
Vôtre esprit craint cette venuë,
Et raisonnablement il craint.

Pour l'appaiser, d'un ton fort doux
Dites, j'ay fait une bévûë,
Et je vous conjure à genoux
Que vous n'en soyez point émûë.

Mettez, mettez votre bonnet,
Répondra l'Ombre, &amp; sans berluë
Examinez ce beau Sonnet,
Vous verrez sa misère nuë.

Diriez-vous, voyant Job malade,
Et Benserade en son beau teint,
Ces Vers sont faits pour Benserade,
Il s'est lui-même icy dépeint.

Quoy, vous tremblez, Monsieur Esprit ?
Avez-vous peur que je vous tuë ?
De Voiture, qui vous chérit,
Accoûtumez-vous à la vûë.

Qu'ay-je dit qui vous peut surprendre,
Et faire pâlir vôtre teint ?
Et que deviez-vous attendre
D'un homme qui souffre &amp; se plaint ?

Un Auteur qui dans son Ecrit,
Comme moy reçoit une offense,
Souffre plus que Job ne souffrit,
Bien qu'il eût d'extrêmes souffrances.

Avec mes Vers une autrefois
Ne mettez plus dans vos Balances
Des Vers, où sur des Palefrois
On voit aller des patiences.

L'Herty, le Roy des gens qu'on lie,
En son temps auroit dit cela.
Ne poussez pas vôtre folie
Plus loin que la sienne n'alla.

Alors l'Ombre vous quittera
Pour aller voir tous vos semblables,
Et puis chaque Job vous dira
S'il souffrit des maux incroyables.

Mais à propos, hier au Parnasse
Des Sonnets Phoebus se mêla,
Et l'on dit que de bonne grace
Il s'en plaignit, il en parla.

J'aime les Vers des Uranins,
Dit-il, mais je me donne aux Diables,
Si pour les Vers des Jobelins
J'en connois de plus misérables.

Source : 

Wikipedia

Les accents poétiques
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=182&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 14:05:13 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Glossaire des figures de rhétorique  par Ashimati</title>
		<description>Glossaire des figures de rhétorique</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=171&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 09:24:41 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Blason  par Ashimati</title>
		<description>Le blason 
(Blason anatomique du corps féminin)

Le blason est un court poème (poésie galante) célébrant une partie du corps féminin.
 
Dans le même esprit, certains poèmes évoquent le corps entier (ou une parure du corps) en détaillant successivement ses différentes parties.

Le blason en argot est le sexe féminin  

Le blason se fait parfois satirique : on parle alors de &quot;contre-blason&quot; 

Le blason apparaît au milieu du XVème siècle. Marot, exilé à Ferrare vers la fin de 1535, va lui donner la forme exclusive de l'éloge (ou inversement du vitupère, comme on dit à l'époque) du corps féminin. Pendant une quinzaine d'années, les poètes français rivalisant avec Marot, vont faire rêver sur les beautés du corps de leurs belles amies réduit à l'absolu d'un détail qui devient monde. 
Car le blason n'évoque qu'une partie du corps ou d'un accessoire (épingle, miroir, bijou) mais très rarement de l'ensemble du corps.

Le blason ne suit pas de règle fixe. A l'époque de Marot, il est généralement bref, en rimes plates, en octosyllabes ou décasyllabes. D'habitude, on s'adresse directement à la partie du corps célébrée en empruntant le modèle rhétorique de l'apostrophe.

Il est décliné en 4 tons : 
- le ton sensuel et voluptueux, 
- le ton grossier ou grivois, 
- le ton courtois ou pétrarquiste, 
- le ton spirituel, néoplatonicien ou ficinien.  

Quand le ton grossier est utilisé et qu'on tombe dans le dénigrement satirique, on parle alors de contre-blasons.  Dans tous les autres cas, on parle de blasons.
Mais rien ne vous empêche d'utiliser également une forme fixe (sonnet) pour écrire un blason.

Le blason est un genre peu répandu. Il est très apprécié des vieilles littératures. Le genre est revenu en vogue au XXe siècle, où il a été illustré par Paul Éluard (« Blason des fleurs et des fruits »), Georges Brassens (« Le Blason »), André Breton (« Clair de terre ») et depuis le début du XXIe siècle par Yves-Marie Adeline (« L'Epouse »).

Quelques célèbres « Blasonnistes »
Clément Marrot - Pierre de Ronsard - Rémy Belleau - Jacques Pelletier du Mans - Pontus de Tyard - Jean Antoine de Baïf - Joachim du Bellay - Paul Éluard - Georges Brassens


Le Beau Tetin

Tetin refaict, plus blanc qu'un oeuf,
Tetin de satin blanc tout neuf,
Tetin qui fait honte à la rose,
Tetin plus beau que nulle chose ;
Tetin dur, non pas Tetin, voyre,
Mais petite boule d'Ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraize ou une cerise,
Que nul ne voit, ne touche aussi,
Mais je gaige qu'il est ainsi.
Tetin donc au petit bout rouge
Tetin quijamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller.
Tetin gauche, tetin mignon,
Tousjours loing de son compaignon,
Tetin qui porte temoignaige
Du demourant du personnage.
Quand on te voit il vient à mainctz
Une envie dedans les mains
De te taster, de te tenir ;
Mais il se faut bien contenir
D'en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendroit une aultre envie.
O tetin ni grand ni petit,
Tetin meur, tetin d'appetit,
Tetin qui nuict et jour criez
Mariez moy tost, mariez !
Tetin qui t'enfles, et repoulses
Ton gorgerin de deux bons poulses,
A bon droict heureux on dira
Celluy qui de laict t'emplira,
Faisant d'un tetin de pucelle
Tetin de femme entiere et belle.

Clément Marot 
(1496-1544),
Épigrammes, 1535.


Marie, vous avés la joue aussi vermeille,
Qu'une rose de Mai, vous avés les cheveux,
De couleur chastaigne, entrefrisés de neus,
Gentement tortillés tout-au-tour de l'oreille.

Quand vous estiés petite, une mignarde abeille
Dans vos lèvres forma son dous miel savoureus,
Amour laissa ses traits dans vos yeus rigoreus,
Pithon vous feit la vois à nulle autre pareille.

Vous avès les tétins comme deus mons de lait,
Caillé bien blanchement sus du jonc nouvelet
Qu'une jeune pucelle au mois de Juin façonne :

De Junon sont vos bras, des Graces votre sein,
Vous avés de l'Aurore &amp; le front, &amp; la main,
Mais vous avés le coeur d'une fière lionne.

Ronsard, 
Continuation des Amours, 
Sonnet X, 1555
  
 
O beaux cheveux d'argent mignonnement retors !
O front crespe et serein ! et vous face dorée !
O beaux yeux de cristal ! ô grand'bouche honorée, 
Qui d'un large reply retrousses tes deux bords ! 

O belles dents d'ébène ! ô précieux trésors,
Qui faites d'un seul ris toute âme énamourée ! 
O gorge damasquine en cent plis figurée !
Et vous, beaux grands tétins, dignes d'un si beau corps !

O beaux  ongles dorés ! ô main courte, et grassette ! 
O cuisse délicate ! et vous jambe grossette, 
Et ce que je ne puis honnestement nommer !

O beau corps transparent ! ô beaux membres de glace ! 
O divines beauté ! pardonnez-moi, de grace,
Si, pour estre mortel, je ne vous ose aimer.   

Du Bellay, 
Les Regrets, 1556,
Sonnet 91

  
Ayant avecque lui toujours fait bon ménage,
J'eusse aimé célébrer, sans être inconvenant,
Tendre corps féminin, ton plus bel apanage,
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.
Ç'eût été mon ultime chant, mon chant du cygne
Mon dernier billet doux, mon message d'adieu.
Or, malheureusement, les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable, à l'odieux.
C'est la grande pitié de la langue française,
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur,
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
À cet incomparable instrument de bonheur.
Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques,
Tendre corps féminin, c'est fort malencontreux
Que ta fleur la plus douce et la plus érotique
Et la plus enivrante en ait un si scabreux.
Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres, pas plus, familier, coutumier,
Il est inexplicable, il est irrévocable,
Honte à celui-là qui l'employa le premier.
Honte à celui-là qui, par dépit, par gageure,
Dota du même terme, en son fiel venimeux,
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure,
Celui-là, c'est probable, en était un fameux.
Misogyne à coup sûr, asexué sans doute,
Au charme de Vénus absolument rétif,
Était ce bougre qui, toute honte bu', toute,
Fit ce rapprochement, d'ailleurs intempestif.
La malepeste soit de cette homonymie!
C'est injuste, madame, et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.
Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie,
Un poète inspiré, que Pégase soutient,
Donne, effaçant d'un coup des siècles d'avanie,
À cette vrai' merveille un joli nom chrétien.
En attendant, madame, il semblerait dommage,
Et vos admirateurs en seraient tous peinés,
D'aller perdre de vu' que, pour lui rendre hommage,
Il est d'autres moyens et que je les connais,
Et que je les connais.
 
Georges Brassens
(figure sur l'album Mourir pour des idées 1960-62)


Sources : 

Wikipédia

abardel

Textes rares

</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=115&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 09:43:20 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Dictionnaires et aides   par Ashimati</title>
		<description>Dictionnaire de Français : 

Dicoillico

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XM littré

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Le dictionnaire

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Wikipedia

Répertoire de dictionnaires N°1

Répertoire de dictionnaires N°2
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=129&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Thu, 25 Aug 2011 17:59:25 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Bergerette  par Ashimati</title>
		<description>La Bergerette est un poème à forme fixe, qui atteint son apogée au XVe siècle et dont le thème est de nature pastorale. Dans certaines régions de France, la Bergerette se disait ou se dansait le jour de Pâques et célébrait le début du printemps dans la tradition pastorale. 

Etymologie : de l'ancien français bergerette, chant de berger, qui se chantait le saint jour de Pâques, en certaines contrées, et à l'occasion duquel on buvait une boisson dite pour cette raison bergerette (liqueur composée de vin et de miel, dite aussi oenomiel ou oenomel)

On dit souvent que la Bergerette est apparentée au rondeau bien qu'elle en diffère par le couplet du milieu, qui est tout entier d'une autre série de rimes que dans le premier couplet. On distingue trois formes de Bergerettes :

1 - La grande bergerette: les strophes sont des sizains
2 - La moyenne bergerette : les strophes sont des quatrains
3 - La petite bergerette:c'est une sorte de rondeau

La Grande Bergerette

La Grande Bergerette est un poème qui comprend cinq strophes de six vers alternés en vers longs (8 syllabes) et courts (3 syllabes), la troisième strophe et la dernière strophe n'étant que la reprise de la première strophe. La Grande Bergerette compte trente vers tous de rimes féminines, dont dix-huit originaux et douze de répétition. La difficulté majeure tient à la rime «B» qui doit fournir aux strophes une et quatre, huit mots différents. Le premier, troisième et dernier couplet font office de refrain (ABbBbA). Le deuxième couplet rime suivant le schéma (CDdDdC). Le quatrième couplet rime suivant le schéma du premier couplet et refrain mais sur d'autres mots (ABbBbA)

Récapitulatif
- 5 sizains (strophes de 6 vers) soit 30 vers.
- Les vers sont de 8 et 3 syllabes : 8 - 8 - 3 - 8 - 3 - 8
- Le premier sizain est repris intégralement en guise de refrain au 3ème et 5ème strophes. 
- Deux rimes dans chaque sizain =&gt; A8 B8 b3 B8 b3 A8 
- Le 1er et le 4 ème sizain sont construits sur les mêmes rimes soit 4B + 4 b = 8 rimes 
- Toutes les rimes sont féminines

Ah! que je me sens guillerette!
Que je me suis levée à l'aise!
N'en déplaise
Aux saints curés du diocèse
Une braise
Brûle ma gorge de fillette

Car j'ai rêvé sous l'églantine
-- Fi donc, Colin ! -- Qu'en contrebande
Par la lande
Tu me faisais plus d'une offrande
Trop gourmande
Pour ma bouche trop enfantine.

Ah! que je me sens guillerette!
Que je me suis levée à l'aise!
N'en déplaise
Aux saints curés du diocèse,
Une braise
Brûle ma gorge de fillette.

Je le jure, par ma houlette:
Tu l'auras, ce panier de fraise.
Viens, apaise
Cette grand faim, cette fournaise
Et me baise
Emni la luzerne douillette!...

Ah! que je me sens guillerette!
Que je me suis levée à l'aise!
N'en déplaise
Aux saints curés du diocèse,
Une braise
Brûle ma gorge de fillette.
(auteur inconnu)

La Moyenne Bergerette

La Moyenne Bergerette a la strophe qui se réduit à un quatrain aux vers octosyllabiques et de rimes embrassées. Comme dans la Grande Bergerette, le premier couplet sert de refrain et revient après la seconde et la quatrième strophe.
Mais les rimes masculines sont dominantes ; elles remplissent la seconde strophe et servent de bornes aux premier et quatrième vers des autres quatrains. Le premier, troisième et dernier couplet font office de refrain (ABBA). Le deuxième couplet rime suivant le schéma (CDDC). Le quatrième couplet rime suivant le schéma du premier couplet et refrain mais sur d'autre mots(ABBA). Elle compte donc vingt vers dont douze originaux et huit de répétition :

Récapitulatif
- 5 quatrains ( strophes de 4 vers) soit 20 vers.
- Les vers sont de même mesure (8 syllabes)
- Rimes embrassées (ABBA)
- Le premier quatrain est repris intégralement en guise de refrain aux 3ème et 5ème strophes. 
- Le second quatrain est construit sur des rimes exclusivement masculines.
- Le quatrième quatrain est construit sur les mêmes rimes que le premier.

J'épouserais un oeillet blanc
Si j'étais une pâquerette.
Or donc que je suis une bergerette,
Je veux un prince pour amant.
De Pierrot, le gros chevrier,
Mon coeur ne veut être captif.
J'ai l'oeil trop pur, le pied trop vif:
Je bats à courre un lévrier!

J'épouserais un oeillet blanc
Si j'étais une pâquerette.
Or donc que je suis une bergerette,
Je veux un prince pour amant.
Comment admettre d'un manant
Qu'il abîme ma colerette?
Qui donc me contera fleurette
Il faut qu'il soit d'un autre sang!

J'épouserais un oeillet blanc
Si j'étais une pâquerette.
Or donc que je suis une bergerette,
Je veux un prince pour amant.
(auteur inconnu)

La Petite Bergerette

La Petite Bergerette ressemble beaucoup au rondeau, en ceci que les seconde et troisième strophes s'adjoignent une clausule, le refrain, reprenant la moitié du premier vers. Au total quatorze vers en octosyllabes, dont deux clausules, racines du premier vers de la première strophe que l'on retrouve en fin des deux autres strophes. Le premier couplet rime suivant le schéma (ABBA) la moitié du premier vers, soit le premier hémistiche (quatre syllabe), servant de clausule et de refrain. Le deuxième couplet rime suivant le schéma (CDCD). Le quatrième couplet rime suivant le schéma du premier couplet, mais sur d'autres mots (ABBA).
L'art de la Petite Bergerette consiste dans la manière d'amener la clausule et d'en varier l'aspect au gré de la situation. En principe, le poème est récité par un berger. Mais il n'y a aucun inconvénient à prêter la parole à la bergère ; ou, tour à tour, au courtisan puis à la courtisée. L'ambiance pascale est déterminante ; elle est en accord avec les thèmes de l'espérance, du printemps, de la nature et des prémices amoureuses.
Terme de métrique ancienne, plus usité dans cet emploi. Petit vers jeté au milieu de grands vers de même espèce.
Récapitulatif

- 14 vers répartis en 3 strophes comme suit : 4 + (4 + c ) + ( 4 +c )
=&gt; c = clausule = les 4 premières syllabes du premier vers de la pièce.

- Les vers sont des octosyllabes ( 8 )

- La formule globale des rimes =&gt; ABBA - CDCDc - EFFEc ( rimes embrassées , puis croisées , puis embrassées )

- Différence formelle entre Rondeau nouveau et Bergerette :
 le rondeau compte 15 vers = 4 + (3+c) + (5+c) ; alors que la Bergerette n'en compte que 14 = 4 + (4 + c ) + ( 4 +c ).

Le marquis :
- [Ce petit mot], si tu le dis,
S'il fleurit tes lèvres, Laurence,
Aussitôt tous les champs de France
Fleuriront comme en paradis.

La bergère :
- Vous donneriez or et trésors
Sans obtenir mon abandon...
J'en aurais vingt ans de remords,
Seigneur, à quoi donc rimerait donc
[Ce petit mot?]

Le marquis :
- Il rime avec les beaux oublis...
Mais j'aime mieux, dans le silence,
Lire au fond de ton innocence
O Bergère, et dans ton souris,
[Ce petit mot.]
(auteur inconnu)

Sources
- Wikipédia
- Sites de Poésie 
- Forum du net
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=117&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sat, 11 Jun 2011 13:42:21 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>L'accent tué  par Eliawe</title>
		<description>Ceci est une ébauche, donc incomplète, de mes glanages divers et variés.

On dit parfois qu'il est interdit de mettre des accents sur les majuscules en français : c'est faux ! 

L'Académie Française dit même :
« On ne peut que déplorer que l'usage des accents sur les majuscules soit flottant. On observe dans les textes manuscrits une tendance certaine à l'omission des accents. En typographie, parfois, certains suppriment tous les accents sur les capitales sous prétexte de modernisme, en fait pour réduire les frais de composition. 

Il convient cependant d'observer qu'en français, l'accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. Il en va de même pour le tréma et la cédille.

On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À, comme le font bien sûr tous les dictionnaires, à commencer par le Dictionnaire de l'Académie française, ou les grammaires, comme Le Bon Usage de Grevisse, mais aussi l'Imprimerie nationale, la Bibliothèque de la Pléiade, etc. Quant aux textes manuscrits ou dactylographiés, il est évident que leurs auteurs, dans un souci de clarté et de correction, auraient tout intérêt à suivre également cette règle. »
[Source]

Pour commencer, la liste des majuscules accentuées et comment les obtenir :

Attention ! Ceci ne fonctionne que pour les PC et avec un pavé numérique. Il faut laisser la touche [Alt] appuyée pendant que vous écrivez les chiffres ! En gras, les plus utiles :
À : Alt 183 ou Alt 0192
Â : Alt 182 ou Alt 0194
Á : Alt 181 ou Alt 093
Æ : Alt 146 ou Alt 0198
Ç : Alt 128 ou Alt 0199
È : Alt 212 ou Alt 0200
É : Alt 144 ou Alt 0201
 : Alt 0140

Pour Mac, il faudrait utiliser les touches suivantes* :
À : 0 à
È : 7 è
É : 2 é
Ç : Alt ç

Pour les trémas ou les accents circonflexes, il vous suffit d'appuyer sur la toucher sur la touche correspondante (à côté du P sur les claviers Azerty) et de faire ensuite votre lettre en majuscule. Cela ne fonctionne évidemment que sur les voyelles.


Pourquoi utiliser les majuscules accentuées ?

D'abord parce que c'est la règle. Mais cette règle n'est pas là pour rien et rien ne vaut un exemple. 
LES RETRAITES EN VOIE DE DISPARITION (retraites ou retraités ?)
UN CANARD TUE (tue ou tué ?)
PAPA CHAHUTE AU CIRQUE (chahute ou chahuté ?)
IL EST INTERNE (interne ou interné ?)

Bien sûr, ces exemples ne fonctionnent qu'avec des « e » ou « é ». N'oubliez cependant pas qu'un « Ca » sans cédille ou la préposition « A » sans son accent grave sont des fautes qui, si nous ne les comptons pas ici, peuvent tout à fait légitiment vous être reprochées ailleurs.


* N'ayant pas pu vérifier moi-même, je serais reconnaissante à un(e) utilisateur(rice) de Mac de confirmer ou infirmer. La liste est d'ailleurs incomplète, si une bonne âme se sent de la remplumer... 
Je suis aussi à la recherche d'un exemple pour le « a » ou « à » qui peuvent nuire au sens en début de vers/phrase... j'en avais croisés mais je les ai perdus en cours de route. 
</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=131&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Mon, 04 Apr 2011 17:47:54 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Contes pour Enfants  par Tilou8897</title>
		<description>J'ai pas mal d'interrogations sur les contes pour enfants, sur la manière de les écrire autrement que les contes traditionnels. Je lis assez souvent des livres pour les &quot;raz-moquette&quot; et je les trouve un peu trop &quot;conventionnels&quot; dans leur approche... Un peu trop moralisateurs souvent ou prônant une certaine vision du &quot;bien&quot; ou du &quot;mal&quot;. Même si au final, le &quot;livre&quot; en lui-même est plutôt beau et intéressant.

Je trouve rarement des livres qui me semblent vraiment faits pour développer le sens &quot;imaginatif&quot; que l'on peut avoir à cet âge... Pour développer le truc de raconter une histoire...

Alors... Bah je voudrais bien avoir des avis et des renseignements de tout un chacun qui s'est déjà exercé à écrire des histoires pour enfants.... Même les avis de ceux qui ne font qu'en lire (pour eux ou pour leurs rejetons^^) m'intéressent...

Voilà voilà... Sujet peut-être un peu large... mais bon.... En même temps, je ne savais pas trop par quel bout le prendre^^</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=178&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 08:09:49 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Le titre  par Tilou8897</title>
		<description>Je sais que le sujet a moult fois été abordé, de &quot;près&quot; ou de &quot;loin&quot; mais il reste que je suis un peu curieux et j'aimerais bien savoir si certains ont des &quot;techniques&quot; ou une manière à eux pour les trouver (peu importe si elle est exotique ou complètement irrationnelle^^)...

Je demande ça car personnellement, en dehors des fois où le titre vient d'abord et le texte ensuite (assez rare pour mon cas personnel), c'est toujours une &quot;galère&quot; incroyable pour trouver LE titre qui collera au texte et qui puisse être &quot;représentatif&quot;...

Des fois, je sais que je suis souvent tenté d'opérer une reprise plus ou moins grande d'un des vers, mais généralement, c'est davantage par défaut que par une raison véritable. Parfois, c'est juste un titre qui m'apparaît s'accorder &quot;musicalement&quot; au texte (et dans certains cas, le lien avec le &quot;fond&quot; est très mince ou tordu)...

M'est arrivé aussi de mettre un titre, a priori, complètement décalé mais en réalité, lié à la circonstance d'écriture du texte et non au sujet qu'il aborde. 

Y a aussi le titre &quot;simple&quot;... qui sonne comme un &quot;résumé scolaire&quot; du texte sans vraiment d'originalité.... (des fois, c'est justifié -même si, vu du lecteur, ça paraît &quot;fade&quot; ; des fois, c'est réellement un manque de mots)

On pourrait ne rien mettre... aussi... C'est possible.... Mais ça... Je ne sais pas pourquoi... Ca m'ennuie toujours un peu... Non pas dans le fait qu'il peut être tout à fait justifié de ne pas vouloir en mettre (y a des textes qui ne s'y prêtent pas) mais dans ce cas, c'est plutôt dans la suite de la vie d'un texte que je trouve cela un peu problématique car dans la discussion qui peut s'engager éventuellement, ça devient compliqué d'y faire référence dès que l'on n'est plus dans le contexte... 

Bref voilà... curiosité, curiosité... Je voudrais bien lire les différentes visions des uns et des autres, et leurs éventuels trucs &amp; astuces persos^^

Belle soirée

Tilou</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=146&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Wed, 05 Jan 2011 14:52:46 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Traité de prosodie  par Ashimati</title>
		<description>Un traité de prosodie classique des plus intéressants et gratuit par téléchargement.
Il suffit juste de communiquer son adresse mail
Pas de soucis par la suite
Bonne lecture à tous

GILLES SORGEL

Écrivain et poète

Vous offre son traité de prosodie par téléchargement gratuit sur son site Internet : http://lapoesie.sorgel.com .


Traité de prosodie
 </description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=160&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 21:32:29 -0500</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Sonnet  par Ashimati</title>
		<description>« Parce que la forme est contraignante
 l'idée jaillit plus intense » 
Baudelaire

Le sonnet
serait apparu en Sicile (Sonnetto du latin sonare « sonner ».) au XIIIème siècle à la cour de Frédéric II de Hohenstaufen (1194 - 1250). On attribue au notaire impérial Giacomo da Lentini l'invention du sonnet, mais il fut vraisemblablement élaboré au sein de ce que l'on appelle « l'école sicilienne ». C'est une forme dès l'origine non chantée, qui est peut-être une strophe de chanson à la base, issue de formes médiévales usitées en Provence, mais récitées avec un accompagnement musical. On retrouve d'ailleurs dans l'ancienne langue Provençale le mot « Sonet » qui désigne une petite chanson ou une mélodie chantée vers la fin du XIIe siècle.

Dante et Pétrarque s'attelèrent à ce nouveau genre très en vogue et c'est ce dernier qui lui offrit ses lettres de noblesse en lui définissant la première forme fixe.
Dès le XVIème siècle, on le retrouve en Espagne, en Catalogne, puis en France (où le premier sonnet fut écrit par Clément Marot en 1529, mais publié seulement en 1548 ), et finalement en Allemagne puis en Angleterre à partir du XVIIème siècle. Shakespeare en sera l'un des premiers initiateurs, outre-manche. 

Les sonnettistes ayant marqué l'évolution du sonnet :

Giacomo da Lentini 1210 - 1260
Dante Alighieri - 1265 - 1321
Francesco Petrarca 1304 - 1374
Clément Marot - 1496/97 - 1544
Thomas Sebillet - 1512 - 1589
Jacques Peletier du Mans - 1517 - 1582
Joachim du Bellay - 1522 - 1560
Pierre de Ronsard - 1524 - 1585
Edmund Spencer - 1552 - 1599
William Shakespeare - 1564 - 1616

La disposition des rimes des premiers sonnets est :

ABAB ABAB CDE CDE ou CDC CDC, le mètre est un hendécasyllabe (vers de 11 syllabes)

Le sonnet est composé d'un huitain de deux quatrains et d'un sizain de deux tercets
C'est un poème à forme fixe qui se compose donc de 14 vers, écrit le plus souvent en alexandrins ou en décasyllabes voir en octosyllabes. Mais il n'y a pas de règles quant à la longueur, tous les mètres peuvent être utilisés.

Exemple en monosyllabes
Fort 
Belle, 
Elle 
Dort. 

Sort 
Frêle ! 
Quelle 
Mort ! 

Rose 
Close,
La 

Brise
L'a 
Prise

Jules de Rességuier (1788 - 1862)

Pour les quatrains, on utilisera des rimes embrassées ABBA - ABBA
Ou des rimes croisées : ABAB - ABAB
Mais ce sont les sizains qui détermineront la forme du sonnet

Le sonnet italien de Pétrarque :
 ABBA - ABBA - CDE - CDE
 ABBA - ABBA - CDC - CDC

Erano i capei d'oro 

Erano i capei d'oro a l'aura sparsi
che 'n mille dolci nodi gli avolgea,
e'l vago lume oltra misura ardea
di quei begli occhi, ch'or ne son sì scarsi;

e'l viso di pietosi color' farsi,
non so se vero o falso, mi parea:
i' che l'ésca amorosa al petto avea,
qual meraviglia se di sùbito arsi?

Non era l'andar suo cosa mortale,
ma d'angelica forma; et le parole
sonavan altro, che pur voce humana.

Uno spirto celeste, un vivo sole
fu quel ch'i' vidi: et se non fosse or tale,
piagha per allentar d'arco non sana.

Francesco Petrarca (1304-1374)

Le sonnet marotique de Clément Marot
ABBA - ABBA - CCD - EED

Heureux qui comme Ulysse -  (Les regrets)

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée : et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup d'avantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux :
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

Plus mon Loire Gaulois, que le Tibre Latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur Angevine.

Joachim du Bellay (vers1522 - 1560)

Le sonnet Français de Jacques Peletier du Mans
ABBA - ABBA - CCD - EDE

Parfum éxotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ; 
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Baudelaire (1821 - 1867)

En rimes croisées cela donne pour :

Le sonnet italien 
 ABAB - ABAB - CDE - CDE
 ABAB - ABAB - CDC - CDC

Le sonnet marotique 
ABAB - ABAB - CCD - EED

Le sonnet Français 
ABAB - ABAB - CCD - EDE

Mais il existe une multitude de sonnets que les poètes ont modifiés au fil du temps et des humeurs 
Ces sonnets sont appelé « réguliers » ou « irréguliers »

Les plus connus sont les sonnets Anglais:  

Sonnet Elisabéthain 
ABAB - CDCD - EFEF - GG
ABAB - ABAB - CDCD - EE

La chevelure 

La chevelure vol d'une flamme à l'extrême
Occident de désirs pour la tout éployer
Se pose (je dirais mourir un diadème)
Vers le front couronné son ancien foyer

Mais sans or soupirer que cette vie nue
L'ignition du feu toujours intérieur
Originellement la seule continue
Dans le joyau de l'oeil véridique ou rieur

Une nudité de héros tendre diffame
Celle qui ne mouvant bagues ni feux au doigt
Rien qu'à simplifier avec gloire la femme
Accomplit par son chef fulgurante l'exploit

De semer de rubis le doute qu'elle écorche
Ainsi qu'une joyeuse et tutélaire torche

Stéphane Mallarmé (1842 - 1898 )

Sonnet Shakespearien
ABAB - CDCD - EFEF - GG
ABBA - CDDC - EFFE - GG

Sonnet 30
When to the sessions of sweet silent thought
I summon up remembrance of things past,
I sigh the lack of many a thing I sought,
And with old woes new wail my dear time's waste:

Then can I drown an eye, unused to flow,
For precious friends hid in death's dateless night,
And weep afresh love's long since cancell'd woe,
And moan the expense of many a vanish'd sight:

Then can I grieve at grievances foregone,
And heavily from woe to woe tell o'er
The sad account of fore-bemoaned moan,
Which I new pay as if not paid before.

But if the while I think on thee, dear friend,
All losses are restored and sorrows end.

William Shakespeare (1564 - 1616)

Sonnet Spensérien 
ABAB - BCBC - CDCD - EE

Sonnet 54
Of this world's theatre in which we stay,
My love, like the spectator, idly sits;
Beholding me, that all the pageants play,
Disguising diversely my troubled wits.

Sometimes I joy when glad occasion fits,
And mask in mirth like to a comedy:
Soon after, when my joy to sorrow flits,
I wail, and make my woes a tragedy.

Yet she, beholding me with constant eye,
Delights not in my mirth, nor rues my smart:
But, when I laugh, she mocks; and, when I cry,
She laughs, and hardens evermore her heart.

What then can move her? If nor mirth nor moan,
She is no woman, but a senseless stone.

Edmund Spenser (1552 - 1599)

Sonnet &quot;Brookien&quot; ou sonnet italien
ABAB ABAB CDE CDE

Peace (1914)

Now, God be thanked who has matched us with his hour, 
And caught our youth, and wakened us from sleeping, 
With hand made sure, clear eye, and sharpened power, 
To turn, as swimmers into cleanness leaping. 

Glad from a world grown old and cold and weary, 
Leave the sick hearts that honour could not move, 
And half-men, and their dirty songs and dreary, 
And all the little emptiness of love! 

Oh! we, who have known shame, we have found release there, 
Where there's no ill, no grief, but sleep is mending, 
Naught broken save the body, lost but breath; 
Nothing to shake the laughing heart's song peace there 
But only agony, and that has ending; 
And the worst friend and enemy is but Death. 
 
The Soldier (1914)

If I should die, think only this of me: 
That there's some corner of a foreign field 
That is for ever England. There shall be 
In that rich earth a richer dust concealed; 
A dust whom England bore, shaped, made aware, 
Gave, once, her flowers to love, her ways to roam, 
A body of England's, breathing English air, 
Washed by the rivers, blest by suns of home. 

And think, this heart, all evil shed away,
A pulse in the eternal mind, no less 
Gives somewhere back the thoughts by England given; 
Her sights and sounds; dreams happy as her day; 
And laughter, learnt of friends; and gentleness, 
In hearts at peace, under an English heaven. 

Rupert Chawner Brooke (3 août 1887 - 23 avril 1915)

On peut également modifier les rimes des quatrains de la manière suivante : 
ABBA - CDDC ou ABAB - CDCD suivi des sizains classiques
Ou modifier les tercets :
CCD - CCD ou CDD - CEE ou CDC - DEE

Ou modifier les deux : 
ABBA - CDDC - EFE - FGG
ABAB - CDCD - EEF - FGG
ABAB - CDCD - EFF - EGG

Quelques exemples de modifications: 


Sonnet hétérométrique
Vous pouvez aussi alterner la longueur des rimes
10/8/10/8 - 10/8/10/8 - 10/8/10 - 8/10/8
12/6/12/6 - 12/6/12/6 - 12/12/6 - 12/12/6

Le chat

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire (1821 - 1867)

Sonnet Layé
Les 2ème et 4ème vers des quatrains ainsi que les vers finaux des tercets sont écourtés ; d'où le schéma suivant pour un sonnet en alexandrins et hexasyllabes 
A12-B6-A12-B6 - A12-B6-A12-B6 - C12-C12-D6 - E12-E12-D6
Mais vous pouvez jouer avec toutes les formes et toutes les longueurs
 
Rêvé pour l'hiver

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou...

Et tu me diras : &quot; Cherche ! &quot; en inclinant la tête,
- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
- Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud (1854 - 1891)

Sonnet à rebours 
Et pourquoi pas l'inverser
(T-T-Q-Q)
DEE - DCC - ABBA - ABBA
EDE - DCC - ABBA - ABBA
DCD - CDC - ABBA - ABBA

Sappho

Furieuse, les yeux caves et les seins roides,
Sappho, que la langueur de son désir irrite,
Comme une louve court le long des grèves froides,

Elle songe à Phaon, oublieuse du Rite,
Et, voyant à ce point ses larmes dédaignées,
Arrache ses cheveux immenses par poignées ;

Puis elle évoque, en des remords sans accalmies,
Ces temps où rayonnait, pure, la jeune gloire
De ses amours chantés en vers que la mémoire
De l'âme va redire aux vierges endormies :

Et voilà qu'elle abat ses paupières blêmies
Et saute dans la mer où l'appelle la Moire, -
Tandis qu'au ciel éclate, incendiant l'eau noire,
La pâle Séléné qui venge les Amies.

Paul Verlaine ( 1844 - 1896 )

Sonnet polaire
Placer les tercets entre les deux quatrains
(Q-T-T-Q)
ABBA - CCD - EED - FGFG 
ABBA - CCD - EED - ABBA
ABBA - EEF - GGF - CDDC

L'avertisseur

Tout homme digne de ce nom
A dans le coeur un Serpent jaune,
Installé comme sur un trône,
Qui, s'il dit : &quot; Je veux ! &quot; répond : &quot; Non ! &quot;

Plonge tes yeux dans les yeux fixes
Des Satyresses ou des Nixes,
La Dent dit : &quot; Pense à ton devoir ! &quot;

Fais des enfants, plante des arbres,
Polis des vers, sculpte des marbres,
La Dent dit : &quot; Vivras-tu ce soir ? &quot;

Quoi qu'il ébauche ou qu'il espère,
L'homme ne vit pas un moment
Sans subir l'avertissement
De l'insupportable Vipère.

Charles Baudelaire (1821 - 1867)

Sonnet alterné
Alterner quatrains et tercets 
Q-T-Q-T ou T-Q-T-Q

Sonnet quinzain 
On ajoute un vers après le dernier tercet (soit 15 vers) - (4 + 4 + 3 + 3 + 1) Ce quinzième vers, dit « vers médaillé », rime avec l'un des derniers vers du tercet final ou rime avec un vers du second tercet
 ABBA - ABBA - CDC - DCC - D

Keepsake -  (Au jardin de l'Infante)
Sa robe était de tulle avec des roses pâles,
Et rose pâle était sa lèvre, et ses yeux froids,
Froids et bleus comme l'eau qui rêve au fond des bois.
La mer Tyrrhénienne aux langueurs amicales.

Berçait sa vie éparse en suaves pétales.
Très douce elle mourait, ses petits pieds en croix ;
Et, quand elle chantait, le cristal de sa voix
Faisait saigner au coeur ses blessures natales.

Toujours à son poing maigre un bracelet de fer,
Où son nom de blancheur était gravé &quot;Stéphane&quot;,
Semblait l'anneau rivé de l'exil très amer.

Dans un parfum d'héliotrope diaphane
Elle mourait, fixant les voiles sur la mer,
Elle mourait parmi l'automne... vers l'hiver...

Et c'était comme une musique qui se fane...
 
Albert Samain (1855 - 1900)

Sonnet seizain
Construit sur deux rimes suivant le schéma quatrain/sizain auquel on ajoute deux vers l'un au début, l'autre à la fin du poème (qui peut-être le même vers) (soit 16 vers) (1 + 4 + 4 + 3 + 3 +1)
A - ABBA - CAAC - DDE - AEA - A

Sonnet estrambot
On ajoute un troisième tercet à la fin du poème (soit 17 vers)
Forme plus connue en Espagne : Soneto con estrambote
ABBA - ABBA - CCC - DDD - EEE
ABBA - ABBA - CCD - EED - FFD
ABBA - ABBA - CCD - EDE - DFF

Sonnet à refrain
Le premier vers de chaque quatrain et de chaque tercet est répété à la fin de sa strophe (soit 18 vers)
Le premier vers est repris à la suite du premier et du second quatrain, en sorte que le huitain (8 vers) primitif devient un dizain (10 vers). En outre, le sizain (6 vers) originel devient un huitain, le premier vers étant repris à la suite du premier tercet, et le vers initial de l'ancien second tercet étant répété comme vers final du poème
ABBAA- ABBAA - CDCC - DCDD

Sonnet Double -Sonetus duplex
Augmenté de six vers mineurs
Les quatrains deviennent des sizains et les tercets des quatrains  
On ajoute deux vers à chaque quatrains et un vers à chaque tercets (soit 20 vers)
Les vers insérés sont croisés (AB-AB-DE) 
AABBBA - AABBBA - CDDE - DEEC

Les vers insérés sont suivis (AA-AA-CC)
AABAAB - AABAAB - CCDD - CCDD

Les vers insérés forment des rimes plates
(BB-BB-C-C) 
ABBABB - ABBABB - CDDE - ECCD
ou
(AA-AA-D-D)
AABAAB - AABAAB -CDDC - CDDC

Sonnet à Codas
Sur le principe du sonnet double mais construit sur 4 ou 5 rimes (ABCD ou ABCDE soit 20 vers) 
D'origine Italienne, c'est un Sonnet augmenté de six vers, sur des rimes supplémentaires et qui surviennent tous les deux vers dans le huitain et à la fin de chaque tercet primitif
ABCABC - ABCABC - DEDF - EDEF
ABBABB - ABBABB - CDCC - DCDC
ABBABB - ABBABB - CDCD - EDED

Sonnet rapporté
Ce sonnet est ainsi nommé parce que ces vers peuvent se partager en plusieurs colonnes qui, lues séparément, dans l'ordre vertical, donnent un sens cohérent, mais le plus simple est de lire l'exemple suivant : 

Poème d' Étienne Pasquier 

O Amour, ------ O penser ------ O Désir plein de flame,
Ton trait, ---- ton fol appas - la rigueur que je sens,
Me blesse, ---- me nourrit ---- conduit mes jeunes ans
A la mort, ---- aux douleurs -- au profond d'une lame.
Iniuste Amour,- Penser, ------- Desir, cours à Madame,
Porte lui ----- loge lui ------ fay voir comme presens,
A son coeur ---- en l'esprit --- à ses yeux meurtrissans
Le mesme trait- mes pleurs --- les feux que j'ay dans l'ame :
Force, -------- fay consentir- Contrain sa resistance,
Sa beauté ----- son desdain -- et sa fiere constance,
A plaindre ---- a soupirer --- A soulager mes voeux,
Les torments, - les sanglots - et les cruels supplices,
Que j'ay ------ que je chery - que je tiens pour délices,
En aimant, ---- en pensant --- en desirant son mieux.

Le faux sonnet
Est simplement un arrangement de vers afin d'obtenir la forme   4 + 4 + 3 + 3 
Mais le faux sonnet recèle souvent une recherche, un raffinement.

La couronne de sonnet
Elle consiste en quinze sonnets. Le dernier sonnet se nomme le sonnet maître. Les vers de ce sonnet sont empruntés aux vers initiaux et aux vers finals de chacun des 14 sonnets précédents : le premier sonnet commence par le premier vers et se termine par le second vers du sonnet maître ; le second sonnet commence par le second vers et s'achève sur le troisième vers du sonnet maître, et ainsi de suite jusqu'au 14e sonnet qui débute par le 14e vers et se clôt sur le 1er vers du sonnet maître. Vient alors le sonnet maître lui-même, qui ferme cette composition circulaire en forme de couronne. 
C'est une forme peu usitée tant l'exercice est difficile

Couronne de sonnets
     
1- Ils noircissent les pages
2-Ces mots entremetteurs
3-L'esprit flâneur
4-Au-delà de l'écrit
5-Bris d'un temps
6-Perdu dans les langueurs
7-Tant de pleurs
8-L'instant passé
9-Le verbe bafouillant
10-Les lignes d'un antan
11-Dans le fil de l'histoire
12-Les détours de l'imagination
13-On se surprend
14L'illusion
15-Sur In libro Veritas 

Ils noircissent les pages
 
Ici comme là bas, ils noircissent les pages
Remplissant des carnets de ces faits anodins,
Pour eux révélateurs de mystérieux destins
Qu'esquissent sur le vif, leurs idées d'assemblages.
 
Un silence profond, prélude à des orages,
Un regard disant long sur des temps incertains,
Le timbre d'une voix dans d'étranges chemins
Et dans un ciel d'azur, ils inventent des nuages.
 
Se dessine ainsi sur le grand chevalet
De l'imaginaire l'histoire d'un secret
Auquel ils souhaitent donner un temps de vie.
 
Avec la palette de tons, vont les auteurs
Manier l'alphabet suivant leur rêverie,
Négociant du coeur ces mots entremetteurs.


Ces mots entremetteurs
 
Négociant du coeur ces mots entremetteurs
L'insatisfait rêveur tentera, non sans peine
De créer en écrit quelque chant de sirène
Dans le but d'attirer des proies vers ses ailleurs.
 
Lisant à haute voix ses signes piégeurs
Il tisse patiemment son fil qui, là ! L'entraîne
Dans une spirale interdisant la fredaine
Pouvant à tout moment décrocher les lecteurs.
 
Une virgule, un point pour freiner la séquence
Puis repartir plus loin, en termes d'éloquence
Dans ce cheminement au solfège conteur.
 
Et quand l'inspiration boudera cette ronde, 
Il retournera, là bas, dans son monde
Laissant l'esprit flâneur sur les chemins diseurs


L'esprit flâneur
  
Laissant l'esprit flâneur sur les chemins diseurs,
Ils vont enregistrer en travelling l'essence
Des plans les inspirant, attendant l'évidence
Qui portera leurs yeux sur les sujets crieurs
 
S'engageront alors ces guets de maraudeurs
A l'affût des valeurs qui seront, sans violences,
Ravies fictivement aux pauvres existences
Pour donner ce semblant de réel aux acteurs.
 
Difficile pari désignant les repères
Comme nécessaires à ces humbles trouvères
Pour scander justement, leurs préoccupations.
 
Comprendra qui pourra le sens de leurs adages,
Peu sauront à l'aide de simples émotions
Inventer au-delà de l'écrit, les images.


Au-delà de l'écrit 
 
Inventer au-delà de l'écrit, les images
N'est pas chose aisée. Va en concentration
L'esprit, dans le détail, chercher cette émotion
Nécessaire pour voir ! Les traits des ouvrages.
 
Cent fois sur le métier, cent fois jettent les pages
Les penseurs à l'affût de cette perfection
Devant donner un sens pictural à la diction
Et les laissera, là ! Du doute les otages.
 
Toujours insatisfaits, blanches seront leurs nuits
Où les mots couleuvres chercheront ces appuis
Pour, dans leur reptation, éviter les verbiages.
 
Ainsi pour assurer ceux qui leur conviendront
Certains, du présent las, au miroir voleront
Bris d'un temps adulé, vibrant tel des mirages.


Bris d'un temps
 
Bris d'un temps adulé, vibrant tel des mirages
Ou ces fragments de vie, qui sommeillent en nous
Attendant l'occasion de sauter les verrous
Du portail souvenirs pour submerger nos plages
 
Instants de nostalgie à l'assaut des rivages
D'un friable présent, ils portent leurs remous
Si profond dans l'âme que l'être est à genoux
Dans ce sablier du temps rompant les amarrages.
 
Même si les regrets souvent sont les plus forts,
Le vaincu s'incline, reconnaissant ses torts
Valorisant ainsi ce passé qu'il admire.
 
Remuant le couteau dans la blessure, rageur,
Il va écrire ces faits marquants qui, à lire,
Ravivent ce meilleur perdu dans les langueurs


Perdu dans les langueurs
 
Ravivent ce meilleur perdu dans les langueurs,
Ces écrits d'amateurs, trouvant dans cet espace
Un des meilleurs moyens pour, avec de l'audace
Narrer entre autres ce qui leur tient à coeur.
 
Passé, présent, futur, dans les mains des conteurs
Ressuscitent, vivent ou s'inventent grâce
A leur obstination, voulant laisser la trace
D'autres temps et bien sûr, l'éternel...autres moeurs.
 
Dans ce large éventail, tout deviendrait possible
Appartient aux auteurs de rendre plus crédible
Leurs messages desquels ils sont ambassadeurs.
 
Ainsi pour la plupart, le juste passé crie.
Au chevet de leurs maux, ils dénoncent leurs vies
Ourlées de tant de pleurs aux plis consolateurs.


Tant de pleurs
 
Ourlées de tant de pleurs aux plis consolateurs
Les vies, tel des fleuves traçant dans la nature
Leur chemin, évitant au mieux la plissure
Du relief, cherchent des passages meilleurs.
 
Et vont en méandres charrier leurs humeurs
Selon les rencontres croisées dans l'aventure
En portant sur leur dos toute la conjecture
Proposée à chaque étape par les diseurs.
  
Ainsi du murmure au tumulte, le flot vogue,
Bon gré, mal gré, allant vers la page épilogue.
Ecoutez la plainte des anciens vents marins !
 
Attendant cette nuit gommant les paysages                
Il flânera sage sous les jours en déclins.
Voyez l'instant passé aux multiples visages !


L'instant passé
 
Voyez l'instant passé aux multiples visages !
Flash back inattendu de moments persistants
Que votre mémoire délie de leurs carcans
Sur quelques prétextes cultivant des chantages.
 
Vont les regrets crier leur pensée sans ambages
Sur ces temps forts toujours de ci, de là, errants
Attendant l'occasion de gommer le présent
Avec, pour exemple, ce vécu sans orages.
 
Ne reste que soupirs pour contenir la peine
Qu'animent ces moments qui, tels une rengaine
Reviennent souvent d'un jadis attirant.
 
De là, certains acteurs prendront en exutoire
La plume pour donner au monde, leur histoire.
Et court sur le papier ce verbe bafouillant


Le verbe bafouillant
 
Et court sur le papier ce verbe bafouillant
Tentant de traduire cette vague éloquente
D'images, réveillant une pensée latente
Neutralisée par le quotidien arrogant.
 
Retiendra le conteur ce cliché rapprochant
Au mieux l'émotion certes, plus convaincante.
Ensuite seulement débutera, lente
Cette composition, le coeur, là, hésitant.
 
Et se profilera à l'horizon des mots
Ces scènes maudites lancées tel des brûlots
Dans les nuits perturbées des âmes réceptives.
 
Fascinées par ces lueurs et prises par l'élan,
Ces dernières iront pleurer sur leurs dérives,
Recherchant dans le noir des lignes d'un antan.


Les lignes d'un antan
 
Recherchant dans le noir des lignes d'un antan
Ces joies et ces peines qui ont fait une vie.
Vont les yeux courir sur la calligraphie
Appréciant alors le mot édifiant.
 
Se tisse la trame en chapitres éloquents
Tenant en haleine, de par sa prosodie
Le lecteur, là, témoin de cette tragédie.
Va ce dernier sortir de la dimension temps.
 
A l'heure d'un ailleurs il vivra prisonnier
De cette narration au sens bien familier.
Identification fortuite qu'il va croire.
 
Dès lors il traquera les traits judicieux
Qui lui permettront de trouver au mieux,
Il ou elle cachés dans le fil de l'histoire  


Dans le fil de l'histoire
 
Il ou elle cachés dans le fil de l'histoire
Ils ou elles, iront les chercher sûrement.
De quelque indice vint ce rapprochement
Qui, pour certains lecteurs devient l'expiatoire.
 
Ainsi, entièrement submergés, ils vont boire
Les mots jusqu'à la « lie » avec acharnement
En souffrant le martyr involontairement.
Et coule lentement le temps vers l'avaloire.
 
Du profond silence de ces anciens vécus 
Parviennent soudain, ces mots tant attendus
Et ces cris, et ces pleurs et enfin, ce visage.  
                                                                 
Emus, ils ne peuvent que laisser l'émotion
Découvrir lentement la curieuse image
Tapie dans les détours de l'imagination.


Les détours de l'imagination
 
Tapie dans les détours de l'imagination
Attend une obsession ce moment de faiblesse
Pour envahir l'être perdu dans la tristesse.
Et dans le temps qui court, plane la volition.
 
Sciemment se laisse aller en perdition
Le coeur déjà tanguant dans la houle qui blesse.
Et de ces flots menteurs monte un cri de détresse
Qui se répercute dans l'instant damnation.
 
Dans ce purgatoire appelé souvenir,
Passe seul cet antan ressassé en soupir
Par ces faibles âmes préférant l'illusoire.
 
Ainsi à remuer dans la plaie le couteau
Elles finissent par « voir » en poétereau
Adonisant les faits, l'on se surprend de croire.


On se surprend
 
Adonisant les faits, l'on se surprend de croire
Même à cet infime qui, en faible lueur
Permettra de donner à l'espoir ravaudeur
L'impression de sortir de cette sente noire.
 
Dans ce cheminement vers la vieille histoire
L'on s'étonne de voir toute cette candeur
Qui ne pouvait qu'offrir un futur prometteur
Pourtant tout fut perdu à s'en faire accroire.
 
Maintenant, descendu de ce piédestal
On mesure combien fut alors partial
Notre jugement sur cette belle histoire.
 
Il nous reste juste l'état de contemplation
Sur ce temps arrêté permettant de croire
Souvent à l'illusion qu'entretient l'émotion


L'illusion
 
Souvent à l'illusion qu'entretient l'émotion
Ils vont s'accrocher forts pour toujours pouvoir croire
Au possible retour sur l'ancienne histoire
Tronquée égoïstement par manque d'attention.
 
Refaire l'aventure tel est leur ambition
Alors sur leur chance déjà aléatoire
Ils misent en lançant, penchés sur l'écritoire,
Ces mots à fleur du coeur devant faire impression.
 
En bon funambules, ils osent sur leurs fils
Braver le vertige par des termes subtils
Traversant leurs rêves sans aucuns carénages.
 
Courageux, ils défient alors l'apesanteur
Et en fixant le point final, en bons conteurs 
Ici comme là bas, ils noircissent les pages.


Sur In libro veritas
 
Ici comme là bas, ils noircissent les pages,
Négociant du coeur ces mots entremetteurs
Laissant l'esprit flâneur sur les chemins diseurs
Inventer au-delà de l'écrit, les images.
 
Bris d'un temps adulé, vibrant tel des mirages,
Ravivent ce meilleur perdu dans les langueurs
Ourlées de tant de pleurs aux plis consolateurs.
Voyez l'instant passé aux multiples visages !
 
Et court sur le papier ce verbe bafouillant,
Recherchant dans le noir des lignes d'un antan
Il ou elle cachés dans le fil de l'histoire.
 
Tapie dans les détours de l'imagination
Adonisant les faits, l'on se surprend de croire
Souvent à l'illusion qu'entretient l'émotion. 

 Alexandre Legrand (Trouvé par hasard sur le net, pas de nom, juste un pseudo)

Le sonnet irrationnel
Inventé au sein de l'équipe &quot;Oulipo&quot;, par Jacques Bens, divisé en cinq strophes successivement et respectivement composées de : 
3 - 1 - 4 - 1 - 5 vers. 
En voici un exemple :

Mélancolique

Je vais donc retrouver mes anciens horizons, 
Cette odeur pas perdue des vents et des maisons. 
J'ai l'air d'abandonner, mais n'ayez nulle crainte : 

Si je quitte Paris, c'est pour le mieux aimer. 

On incline à brusquer une banale étreinte.
Mais que vaut cet orgueil qui n'est plus de saison ?
Allez donc réunir le coeur et les raisons.
La ville, en souriant, laisse sa rude empreinte : 

Si je quitte Paris, c'est pour vous mieux aimer.

Vous mieux aimer, je ne pouvais y croire, mais
Je vois bien qu'aujourd'hui le présent nous emporte.
Il me faut, pour vous voir, m'éloigner quelque peu.
J'enferme mes regrets, puisque cela se peut, 
Après avoir glissé ma clé sous votre porte. 

Jacques Bens (1931 - 2001)

Le sonnet en prose
Jacques Roubaud a écrit des poèmes en prose qu'il qualifie de sonnet. Les deux premiers versets sont plus logs que les deux derniers. Avant lui Pierre Louÿs dans ses chansons de Bilitis a écrit des poèmes en prose qualifié ultérieurement de sonnet.

Les Yeux 
Larges yeux de Mnasidika, combien vous me rendez heureuse quand l'amour noircit vos paupières et vous anime et vous noie sous les larmes ;

Mais combien folle, quand vous vous détournez ailleurs, distraits par une femme qui passe ou par un souvenir qui n'est pas le mien.

Alors mes joues se creusent, mes mains tremblent et je souffre... Il me semble que de toutes parts, et devant vous ma vie s'en va.

Larges yeux de Mnasidika, ne cessez pas de me regarder ! Ou je vous trouerai avec mon aiguille et vous ne verrez plus que la nuit terrible.
Pierre Louÿs (1870 - 1925)

Le sonnet en vers blancs
Vers français mesurés à la manière des Grecs, sonnet en vers sans rimes, c'est-à-dire en vers blancs.

Si Borge vante, Alix ne blâme point ; 
Si Borge parle, Alix n'a que langage ; 
Si Borge chante, Alix vient à danser ; 
Si Borge rit, Alix ne fait que rire ; 
Si Borge marche, Alix déplacera ; 
Si Borge pleure, Alix de pleurs s'arrose ; 
Si Borge triste, Alix ne l'est pas moins ; 
Si Borge chante, Alix chante de même ; 
Si Borge mange, Alix ne jeûne pas ; 
Si Borge boit, Alix est de la fête : 
Bref, Alix fait ce que fait Borge aussi. 
Savez-vous donc en quel point ils discordent ? 
Borge, homme chaste, est ferme en loyauté ; 
Alix catin ne l'a pu jamais être.

Jean de La Gessée

Le sonnet de Philibert Bretin
Trois choses faut dix fois à une fille belle :
Trois &amp; quatre fois tors est son corps gracieux ;
Trois blancs: la chair, les dents &amp; le dedans des yeux ;
Trois noirs : le penil, le sourcil, la prunelle ;
Trois hauts: tetin &amp; front, &amp; ce qu'on ne révele ; 
Trois bas: la révérence, &amp; la vue &amp; la voix ;
Trois menus : c'est le corps, les jambes &amp; les doigts ;
Trois gros : c'est l'estomac, la cuisse &amp; ce qu'on cèle
Trois courts : c'est le tetin, l'oreille &amp; les talons
Trois (ce sont les cheveux, la paulme &amp; la main) longs ;
Trois durs: c'est le tetin le ventre &amp; la fesse.
Trois mous : c'est les cheveux, la paulme &amp; les genoux ; 
Bref, ces trente beautés font que je trouve en vous, 
Pucelle, si voulez vous dire ma maîtresse&quot;

Philibert Bretin (1540? - 1595) 

 
Sources diverses : 
Les sonnets de Shakespear
Les sonnets d'Edmund Spencer
Étude sur le sonnet
Le sonnet - Littré 1880
Oulipo
Textes rares

Les Antiquités de Rome de Joachim du Bellay
Jacques ROUBAUD - Soleil du soleil
Traité de prosodie classique Sorgel</description>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 13:31:09 -0500</pubDate>
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	<item>
		<title>Sextine  par Ashimati</title>
		<description>La sextine

 est une forme poétique fixe, complexe, dont l'invention est attribuée au troubadour Arnaut Daniel (1180-1210). C'est un poème sur deux rimes seulement, utilisant six mots rimes.

Elle est composé de 6 sizains (coblas) suivis d'un envoi (ou tornada) de trois vers, avec reprise des mêmes mots à la rime dans toutes les strophes, mais dans un ordre différent, Mathématiquement parlant, il s'agit d'une permutation d'ordre 6.

 La dernière rime est reprise comme première de la strophe suivante. Il y a donc une triple construction, par rimes, par mots et par hémistiches dans le tercet conclusif.
Chaque strophe utilise des mots-rimes en les permutant de la même façon d'une strophe à la suivante. 

La tornada comprend 3 vers utilisant 2 mots rimes dans l'ordre 
2- 5 / 4-3 / 6-1

La sextine française est composée de six strophes de six vers sur deux rimes, et d'une demi-strophe, soit en tout de trente-neuf vers et s'écrit en alexandrins bien que rien n'interdise les octosyllabes ou les décasyllabes

La permutation :

 Le déplacement des rimes se fait selon des permutations régulières d'une cobla à l'autre. Ce qui crée un mouvement interne secret, semblable à celui d'une spirale.

Il existe également des 2-ines (ou didines), des terines, des quintines qui sont du à Raymond Queneau et ne sont que des variantes copiées sur la sextine.


Ongle et oncle 

Lo ferm voler qu'el cor m'intra 
no-m pot jes becs escoissendre ni ongla 
de lausengier qui pert per maldir s'arma 
e car non l'aus batr'ab ram ni ab verga 
sivals a frau lai on non aurai oncle 
jauzirai joi en vergier o dinz cambra

Quan mi soven de la cambra 
on a mon dan sai que nuills hom non intra 
anz me son tuich plus que fraire ni oncle 
non ai membra no-m fremisca neis l'ongla 
aissi cum fai l'enfas denant la verga 
tal paor ai no-l sia trop de l'arma

Del cors li fos non de l'arma 
e cossentis m'a celat dinz sa cambra 
que plus mi nafra-l cor que colps de verga 
car lo sieus sers lai on ill es non intra 
totz temps serai ab lieis cum carns et ongla 
e non creirai chastic d'amic ni d'oncle

Anc la seror de mon oncle 
non amei plus ni tant per aqest'arma 
c'aitant vezis cum es lo detz de l'ongla 
s'a liei plagues volgr'esser de sa cambra 
de mi pot far l'amors q'inz el cor m'intra 
mieills a son vol c'om fortz de frevol verga

Pois flori la seca verga 
ni d'En Adam mogron nebot ni oncle 
tant fin'amors cum cella q'el cor m'intra 
non cuig fos anc en cors ni eis en arma 
on q'ill estei fors en plaz'o dins cambra 
mos cors no-is part de lieis tant cum ten l'ongla

C'aissi s'empren e s'enongla 
mos cors en lei com l'escorss' en la verga 
q'ill m'es de joi tors e palaitz e cambra 
e non am tant fraire paren ni oncle 
q'en paradis n'aura doble joi m'arma 
si ja nuill hom per ben amar lai intra

nautz tramet sa chansson d'ongl'e e d'oncle 
a grat de lieis que de sa verg'a l'arma 
son Desirat cui pretz en cambra intra


Ongle et oncle 

La ferme volonté qui au coeur m'entre
ne peut ni langue la briser ni ongle
de médisant qui perd à mal dire son âme
n'osant le battre de rameau ni de verge
sinon en fraude là où je n'ai nul oncle
je jouirai de ma joie en verger ou chambre

Quand je me souviens de la chambre
où pour mon mal je sais que nul homme n'entre
mais tous me sont pires que frère ou qu'oncle
tremblent tous mes membres jusqu'à l'ongle
ainsi que fait l'enfant devant la verge
tant j'ai peur de n'être assez sien dans mon âme

Ah que je sois sien dans le corps non dans l'âme
et qu'elle m'accueille en secret dans sa chambre
plus me blesse le coeur que coup de verge
d'être son serf qui là où elle est n'entre
toujours je serai près d'elle comme chair et ongle
n'écoutant aucun reproche d'ami ni oncle

Jamais la soeur de mon oncle
je n'aimerai tant ou plus par mon âme
aussi proche qu'est le doigt de l'ongle
s'il lui plaisait je voudrais être de sa chambre
il peut faire de moi l'amour qui en mon coeur entre 
à son gré comme homme un fort de faible verge

Depuis qu'a &amp;#64258;euri la sèche verge
que du seigneur Adam sont nés neveu et oncle
un amour qui comme celui qui dans mon coeur entre
je ne crois qu'il a été en corps ni âme
où qu'elle soit sur la place ou dans la chambre
mon coeur sera moins loin que l'épaisseur d'un ongle

Qu'ainsi s'enracine devienne ongle
mon coeur en elle comme écorce en la verge
elle m'est de joie tour et palais et chambre
je n'aime tant frère parent ni oncle
en paradis aura double joie mon âme
si jamais homme, d'avoir aimé y entre

Arnaut envoie sa chanson d'ongle et d'oncle 
pour plaire à celle qui de sa verge à l'âme 
son Désiré son prix entre en sa chambre 

Arnaut Daniel
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		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=118&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 11:02:52 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>La ponctuation  par Eliawe</title>
		<description>Je suis tombée par hasard sur un site bien fichu sur les règles de ponctuation...

Par ici

Et, sans avoir à lire tous les articles, quelques petits rappels simples sur des erreurs que l'on retrouve beaucoup et qui faciliteront la vie des correcteurs...

- Il n'y a pas d'espace avant une virgule, seulement après.
- Il n'y a pas d'espace avant un point, seulement après, il doit être suivi d'une majuscule.
- Il n'y a pas d'espace avant les points de suspension, seulement après.
- Les points de suspension vont par trois et ce n'est pas négociable.
- Il y a une espace avant et une après un point-virgule.
- Il y a une espace avant et une après deux points (en français).
- Avant un point d'exclamation ou d'interrogation il y a une espace (en français - mais ceci change parfois au Québec).
- Entre les guillemets anglais, on ne met pas d'espace (ex : &quot;Je suis une pomme.&quot;).
- Entre les guillemets français, il y a une espace (ex : « Je ne suis plus une pomme. »).
- Les traits d'union sont nécessaires dans les inversions de sujet (ex : &quot;répondit-il&quot; ou &quot;souffla-t-il&quot;).
- Les traits d'union sont nécessaires avec les pronoms dans des constructions avec l'impératif (ex :&quot;mange-moi&quot; ou &quot;garde-la-moi&quot;).
- Les apostrophes ne peuvent pas être oubliées (ex : &quot;s'il pouvait&quot; et non &quot;s il pouvait&quot;).


Notes : espace est un nom féminin en typographie. Pour ne pas compliquer les choses, je ne parle pas des espaces insécables (qui ne sont pas forcément faciles à mettre).</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=134&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Thu, 30 Sep 2010 08:44:21 -0400</pubDate>
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	<item>
		<title>Rondel et autres(poésie)  par SélénaéLaLouveFéline</title>
		<description>Le Rondel</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=150&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sun, 19 Sep 2010 19:38:05 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Poésie : le vocabulaire  par Ashimati</title>
		<description>POÉSIE : le vocabulaire à connaître
La liste qui suit est loin d'être complète, mais on y retrouve l'essentiel.

POÉSIE : le vocabulaire à connaître</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=161&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Wed, 08 Sep 2010 13:37:32 -0400</pubDate>
	</item>
	<item>
		<title>Fatrasie et fatras  par Ashimati</title>
		<description>La fatrasie est un poème médiéval dont la forme est apparue au XIIIe siècle et qui se devait d'apparaitre incohérent, mais qui réuni à d'autres, formait des petites pièces satiriques. Il faut donc jouer sur les non-sens
La forme extrêmement rigide et rigoureuse est composée de six vers de cinq syllabes (pentasyllabes), auxquelles se succèdent cinq vers de sept syllabes (heptasyllabes), le tout sur deux rimes (Masculine/féminine de préférence, mais ce n'est pas une obligation, certains textes sont écrit uniquement en rimes masculines).
Il existe des petites variantes du style &quot;Fatras possible&quot; où le non-sens disparait.
Il faut impérativement négliger les vers longs qui casseraient le rythme, et utiliser au maximum les octosyllabes ou les décasyllabes.
Exemple : 
Six vers en hexasyllabes suivit de cinq vers en octosyllabes
Cela vient du fait que notre langue a évoluée aux cours des siècles, s'enrichissant de mots nouveaux souvent plus longs.
La fatrasie se résume donc à 1 sizain + 1 quintil

AABAAB - BABAB

Le fatras simple est un poème à forme fixe datant de la première moitié du XIVe siècle
Il se compose d'un distique (strophe de 2 vers) de rimes différentes (masculine/féminine) qui formant l'idée de départ se développera dans un onzain (strophe de 11 vers)
AB  AABAABBABAB 
(Reprise des vers)

Le double fatras se compose de deux fatras simples =  Distique + Onzain + Distique + Onzain (soit 26 vers)
Les deux vers du premier distique sont inversés dans le second

AB  AABAABBABAB   BA  BBABBAABABA
(Reprise des vers)


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		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=119&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Mon, 06 Sep 2010 11:41:51 -0400</pubDate>
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	<item>
		<title>Code typographique  par Ashimati</title>
		<description>J'ai trouvé celui-là qui est pas mal : 

CODE TYPO</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=148&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Sat, 14 Aug 2010 13:50:34 -0400</pubDate>
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		<title>Rondeau  et plus   par SélénaéLaLouveFéline</title>
		<description>Nom du site</description>
		<guid>http://www.lapassiondespoemes.com/?action=viewpost&amp;ID=151&amp;cat=22</guid>
		<pubDate>Tue, 03 Aug 2010 11:11:48 -0400</pubDate>
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