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LPDP :: Poèmes d'amour :: La lettre d'adieu (poésie en prose) Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège


Helios
   
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Modifié:  6 déc à 16:47 par Tychilios
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À Cécile...


La lettre d’adieu

24 août 1852

Madame,

La rancune et la haine troublent le jugement, et je m’efforce toujours d’éloigner ces deux sœurs malfaisantes, du chemin de ma raison.
Je n’aborderai pas, comme le fit par dépit un ancien poète épris de botanique, le sujet de la beauté éphémère de la femme. Je prétends qu’elle est éternelle pour peu qu’on la considère sous le prisme d’un amour véritable. Le mien, Madame, vous éclaira de tant de grâce que vous demeurez dans ma mémoire, nimbée d’une rayonnante splendeur, comme au souvenir de notre première rencontre.

À peine sortis de l’adolescence, la vie nous sépara, et j’eus le grand bonheur de vous retrouver pour vous aimer un peu plus. Je savais cette union gravée depuis toujours dans l’ordre du temps, et je vous vis venir comme je vous attendais. Vous étiez si proche, Madame, que nous finîmes par nous confondre tous deux dans le même être. Vous n’étiez pas ma moitié nous étions notre tout. Vous étiez l’énergie qui animait mes projets, l’inspiration de tous mes désirs, la liqueur de vie qui nourrissait mon corps.
Je contemplais chaque jour cette grâce féline que vous avait accordée, très tôt, la nature et qui conférait à la lenteur choisie de vos gestes cette majesté hiératique. J’admirais, ému, votre visage. J’en détaillais les traits si fins et précieux. Je plongeais dans la fraîcheur aquatique du vert infini de vos yeux immenses, dans lesquels j’aimais tant me noyer. Poursuivant du regard la ligne fine de votre cou, je glissais jusqu’au creux scapulaire de votre épaule qui formait le réceptacle douillet où nichait chaudement un charnel bénitier, pour y déposer un tendre baiser. Le soir, étendu auprès de vous, je découvrais, émerveillé, autour d’une rose aréole, le cheminement délicat, de fines veinules bleutées qui rehaussaient la pâleur précieuse de votre sein de porcelaine. Le bout de mes doigts effleurait lentement l’ourlet de vos lèvres où palpitait encore le dernier baiser que j’avais déposé. Ma bouche brûlante enfiévrait votre corps et goûtait, enivrée, des moiteurs laiteuses aux acides parfums. Je croyais les reliefs troublants de ce corps si familier moulés heureusement pour le creux de mes mains. Lorqu’enfin, éreinté de plaisir, je m’endormais, la tête reposant sur votre ventre douillet comme un oreiller de plume, je me sentais fier et heureux de posséder tant de richesses et je ne doutais pas qu’elles fussent là, offertes à moi pour tous les matins du monde.

Et puis… lassée d’attendre, quittant l’antre de vos angoisses où elle avait pris refuge, la bête apparut. L’hydre métamorphique, modelée dans la glaise des souffrances de votre enfance se rappela à vous. Transformant alors vos plus libres élans, elle devint geôlière des prisons de votre âme. Chaque soir, les mauvais breuvages qui composaient votre cure fortifiaient l’animal et lui donnaient plus d’assurance. Je découvrais peu à peu, sous le masque idéal d’un ange de douceur, la face odieuse d’un prédateur implacable. Le poison mortifère qui coulait dans vos veines vous faisait souffrir autant que je souffrais. Comment aurais-je pu imaginer tant de grâce mêlée à tant de cruauté ? J’assistais impuissant à la lente agonie de notre amour. L’être le plus cher devint mon pire ennemi. Mais l’humiliation et la trahison ne suffirent pas pour soulager le mal qui vous rongeait. L’hypocrisie et le mensonge remplaçaient vos tendres attentions. Votre douleur m’entraînait avec elle dans un gouffre infini. J’étiolais ma raison dans vos morbides brouillards. Je visitais des paysages sans vie, peuplés de spectres tortionnaires. Je devenais marcheur mécanique aux allures de fantôme, déplaçant derrière moi des vertiges d’angoisse. Ma course s’arrêta à de funestes frontières.

Vous êtes allée chercher dans d’autres regards la lumière qui ne brillait plus dans le mien, ce reflet rassurant qui efface, un moment, la peur et le doute. Le besoin d’être aimée s’accommodait du premier qui passait et vous accordait pour un trop court instant des raisons d’exister.
Offrant vos charmes à des amants d’occasion vos amours devinrent grotesques et dérisoires. Vos émotions frelatées respiraient la détresse et le mauvais alcool.

Le temps est la médecine de l’âme, il finit toujours par soulager les maux les plus anciens. Votre souvenir pâlit chaque jour et me fait ainsi moins souffrir, mais j’avoue, Madame … je vous ai tant aimée que je crains qu’il en reste des traces à jamais.


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Lucie Granville Cet utilisateur est un membre privilège

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11 décembre
  Publié: 4 déc à 10:48 Citer     Aller en bas de page

Une lettre bouleversante et d’une incroyable intensité. La date qui figure en préambule fait sans doute référence à ce style si élégant du 19 e siècle. Sans rancœurs ni jugement, l’auteur dresse le constat d’une histoire tragique et passionnée, qui le marquera à vie. Il assiste, impuissant, à la descente aux enfers de celle qu’il aime, dévastée par une enfance terrible, ainsi qu’à l’agonie de leur amour. Ce texte semble faire écho à une autre de vos poésies tout aussi poignante, « la femme blessée », que je viens également de découvrir. Ces deux écrits trouvent une résonance particulière en moi… Amicalement, Lucie.

 
Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège


Helios
   
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12 décembre
  Publié: 4 déc à 11:02
Modifié:  4 déc à 13:39 par Tychilios
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Chère Lucie. Je suis vraiment touché par la précision de ce commentaire. Vous définissez parfaitement ce que j'ai voulu exprimer, quant à l'écho que vous mentionnez votre remarque est très juste. Amitiés, Georges.

 
ori
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Mourir? C'est bien la dernière chose que je compte faire
   
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  Publié: 5 déc à 01:38 Citer     Aller en bas de page

Comme souvent quand c'est bouleversant à ce point cela devient d'une infinie beauté.
Amiicalement
Philippe

  Ori
Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège


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12 décembre
  Publié: 5 déc à 02:16 Citer     Aller en bas de page

- Merci Ori de m'adresser un commentaire aussi touchant. Amitiés, Georges.

 
Bestiole Cet utilisateur est un membre privilège

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Je ne suis qu'un reflet, vous êtes cet abîme
   
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  Publié: 5 déc à 03:39 Citer     Aller en bas de page

De gros frissons à la lecture...
Je crois qu'on a tous en soi des monstres, certains les font sortir plus que d'autres, parfois il sont plus féroces ceux qui ne sortent jamais...
merci

  Megliu dà que prumette (proverbe corse) - Traduction : C'est mieux de donner que de promettre
Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège


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  Publié: 5 déc à 04:16 Citer     Aller en bas de page

Merci Vinie pour cette appréciation pertinente. Je suis heureux de constater que ce texte qui me tient à cœur suscite jusqu’à présent une telle qualité de commentaires. Amicalement, Georges.

 
Mawringhe Cet utilisateur est un membre privilège


Cambre d'Aze, montagne de mon coeur... Mon éternelle muse !
   
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  Publié: 5 déc à 13:44 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir Georges,

" A Cécile..." une magnifique lettre dont ce prénom m'évoque un autre poème lu, d'une grande intensité comme l'est le tien également ! Il faut croire que ce prénom est prédestiné.

Après tous ces commentaires élogieux, que je rejoins totalement, que puis-je rajouter de plus sinon qu'encore une fois, tu nous offres un texte de qualité dont la lecture et relecture sont vraiment très agréables ! Lucie a superbement condensé toute l'essence de ton écrit, tout est dit.

Merci Georges pour ce beau partage.



Mawr

  Les mots sont à la pensée ce que l'eau est à la terre: la vie!
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Helios
   
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12 décembre
  Publié: 5 déc à 15:21 Citer     Aller en bas de page

Merci Mawringhe pour ta lecture attentive. Tu sais que j'apprécie beaucoup tes commentaires. Amitiés Georges.

 
Maschoune

Modératrice


Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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12 décembre
  Publié: 6 déc à 03:35 Citer     Aller en bas de page

J'arrive après tous ces commentaires pointus et élogieux et vais donc me contenter de dire que j'ai beaucoup aimé ma lecture, dont le style me parle.

Merci à toi Georges, merci de nous avoir offert à lire cet amour !

  ISABELLE
Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège


Helios
   
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  Publié: 6 déc à 03:59 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Isabelle, comme le mentionne Lucie, ce texte rappelle un poème qui évoque les souffrances de la même personne. Je m’aperçois, en le relisant, que la prose utilisée pour la narration le rend beaucoup plus intense et réaliste. Merci pour ce gentil commentaire. Georges.

 
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