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LPDP :: Lettres ouvertes :: " Tard dans la nuit... " Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Franck

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8 octobre
  Publié: 20 sept à 06:04
Modifié:  20 sept à 13:09 par Franck
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" Tard dans la nuit... "


Tard dans la nuit, tu es venu chez moi chercher refuge, l'âme à l'intérieur des plaies...
J'ai pensé dans un premier temps avertir tes parents mais je me suis bien vite ravisé.
Connaissant ton père et ta mère, dans une telle situation, que dire ? Tout le monde en souffrirait.
Et puis, je ne pouvais pas laisser le paternel porter la main sur toi une nouvelle fois: cogner pour cogner


De fatigue comme de détresse, n'aiderait absolument en rien si ce n'est qu'à enfoncer le clou;
T'humilier de la sorte aux yeux de tous, te rabaisser encore un peu plus... putain de vie, à quoi bon ?
Et ta mère qui peine à vous payer des fringues, essayant avec dignité de joindre les deux bouts;
Ces heures sup' à n'en plus finir, pour toi, ton frère, tes deux soeurs, tu le sais mieux que moi non ?


Déjà la nuit dernière, je t'avais croisé dans le RER, pour le moins défoncé tu fréquentais encore ces gars-là.
Un signe désespéré te priant de me rejoindre, tu me glissais entre les bras; t'avais dealé aux trois quarts
Plus qu'il n'en fallait ! Et crois-moi, oui crois-moi, ce que t'avais planqué sous ta veste allait te foutre au ras
Des emmerdes car le jour où ces saloperies feront leur effet, ton visage sur un miroir... il sera trop tard,


Trop tard pour faire marche arrière; je sais et tu sais que l'on vaut mieux que ça, tu leur laisses le pire
À ta famille, à cette fille qui t'aime et se refuse à parler de toi au passé pour te dire qu'elle t'a aimé.
Non, ne lui laisse pas le pire, ne leur laisse pas un tel souvenir... non, te repentir n'est plus à venir...
L'avenir ? Ne les laisse pas choisir pour toi et te dire que tu n'es qu'un paumé de plus pour une bande de paumés !


Ces gens-là dont le boulot est de conseiller pour orienter, t'avaient fait comprendre qu'un bac pro
C'était forcément aller servir au "Mac Do" !? Ces automates qui, sur "Parcoursup", te faisaient collectionner
Des colonnes sans fin de non-admissions: tu essuyais refus sur refus auprès de ces écoles n'étant qu'un numéro
De plus parmi tant d'étudiants, de lycéens dont les voeux en attente n'étaient là que pour décorer


Tout un systéme où être bon ne suffit plus ! Le droit à l'essai ? Non. Au pays de la compétition, il n'est plus question
Ni d'un droit à l'errance ni d'un droit à l'erreur; se tromper ? N'y pense pas, foutue loi du marché ! S'adapter en un minimum
De temps, c'est ce qu'ils t'avaient demandé afin d'être aussi con qu'un boulet de canon, sacrée sélection...
Le "public" te poussait au "privé" pour aller rêver d'une école à 7000€ l'année, encaisse ! ça, c'était pour ta pomme.


Tu avais pourtant enchaîné les formations, les cours de remise à niveau, tu as cherché des issues sans
Entrées apparentes, ces stages dont tu as pris la porte de sortie parce que tu n'avais pas l'expérience
Requise. À quoi pouvaient donc servir ces stages si ce n'était pour acquérir cette expérience ? Sans regrets quand
Il s'agissait en fait de servir le café: la surexploitation payée au lance-pierres, logique de passerelle MADE IN FRANCE ?


Tes rêves ? Tu as fini par tous les abandonner optant pour l'argent facile jusqu'à sortir les mains sur la tête et rendre
Une arme qui n'a jamais été à toi... toi, un gamin qui cherchait en vain des repères, entre doutes et absences.
Voilà l'histoire dont tu m'as fait part cette nuit-là; j'ai tenté à maintes reprises de te faire comprendre
Qu'échouer, se perdre en route n'est pas une fin en soi, encore moins le bout de ta jeune existence [...]


Tôt le lendemain, tu t'es levé, lavé la figure des souillures de la nuit, mis des vêtements secs. Tu as fixé
La glace un moment, tu m'as regardé et tu es parti... je ne sais plus quelle expression j'ai pu entrevoir
Sur ton visage: le visage d'un nouveau jour, d'un jour comme un autre, d'une porte ouverte ou fermée ?
Toujours est-il que tu n'es plus revenu panser tes plaies dans l'obscurité, suturant probablement le noir.


Franck (09/09/2019)



- Heures sup': heures supplémentaires; heures effectuées au-delà de la durée légale de 35 heures hebdomadaires ou 1607 heures annuelles (à la demande de l’employeur).
- RER: signifie Réseau Express Régional. Le RER désigne des lignes de chemin de fer pour le transport en commun.
- Bac pro: le baccalauréat professionnel.
- Mac Do: McDonald's, restauration rapide / clown qui sert des frites et des hamburgers.
- Parcoursup: Parcoursup est une application web destinée à recueillir et gérer les vœux d'affectation des futurs étudiants de l'enseignement supérieur public français, mise en place par le ministère de l'Enseignement supérieur de la Recherche et de l'Innovation en 2018 dans le cadre de la loi orientation et réussite des étudiants.
- Made in France: fabriqué en France.


 
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20 octobre
  Publié: 20 sept à 08:56 Citer     Aller en bas de page

Est-ce qu'il la lira cette lettre ?

Il n'y a qu'humanité là.

Bizzz JB

  La vie commence à chaque instant.
Mawringhe Cet utilisateur est un membre privilège


Cambre d'Aze, montagne de mon coeur... Mon éternelle muse !
   
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21 octobre
  Publié: 20 sept à 15:12 Citer     Aller en bas de page

Bonsoir Franck

Ton texte est poignant et il y a malheureusement trop de "paumés" comme ce jeune que tu nous décris...

"Paumés" à force de faire de véritables efforts et les voir se réduire en peau de chagrin... paumés par une société exigeante qui demande des diplômes ( quand tu en as, cette société te dit il y en a trop ! ) qui demande de l'expérience ( mais qui à chaque demande faite te dit...mais vous n'avez jamais travaillé, votre profil ). Bref, ce que j'appelle vulgairement une société de merde, car c'est bien le mot qui convient !

Il est facile d'accuser les jeunes de tout ce qui peut-être imaginable ou pas... mais une sacrée remise en question devrait se faire ailleurs !

Merci Franck pour ce rappel à cette triste réalité.

"Tard dans la nuit, tu es venu chez moi chercher refuge, l'âme à l'intérieur des plaies..."

L'image donnée par cette phrase est terrible et à elle seule résume le mal-être que trop, beaucoup trop de jeunes connaissent.

Dis-toi bien que cette nuit là, tu as été sa " planche de salut, son phare" et tu l'as certainement empêché de commettre l'irréparable... jusqu'à quand ? Nul n'a la réponse, mais cette nuit bien précise tu as été là pour lui...



Mawr

  Les mots sont à la pensée ce que l'eau est à la terre: la vie!
Maschoune

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Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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21 octobre
  Publié: 21 sept à 03:10 Citer     Aller en bas de page

Touchant et émouvant...

Merci Franck, merci pour lui...

  ISABELLE
Miette Cet utilisateur est un membre privilège

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21 octobre
  Publié: 21 sept à 03:16 Citer     Aller en bas de page

merci Franck de votre partage, comme souvent, essentiel... je trouve votre texte très émouvant Au plaisir de vous lire,

 
SHElene


"On ne peut voir la lumière sans l'ombre..."
   
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20 octobre
  Publié: 21 sept à 04:14 Citer     Aller en bas de page

Bien écrit Franck, il faut un sacré fil d'Ariane à nos jeunes pour ne pas se perdre de nos jours, même dans des contextes familiaux plus équilibrés la tâche est rude.

  SHElene
Franck

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8 octobre
  Publié: 23 sept à 13:12 Citer     Aller en bas de page

JB, Mawr, Maschoune, Miette, SHElene

Merci à vous 5 pour vos retours,

A sa mère qui m'a permis d'écrire sur lui, et à travers lui sur le cas de milliers de jeunes.


- JB, merci à toi de poser la question mais je ne pense pas qu'il fera attention à cette lettre car tout ça il le sait et est aujourd'hui pleinement conscient de sa situation, des choses qu'il aura tout d'abord à régler avec lui-même... Merci pour ta présence, de tes mots sous ces lignes. Prends soin de toi.


- Mawr, tu as vu juste, très juste. D'ailleurs sa maman a tenu les mêmes propos que toi. Jugeant sa propre situation ainsi que celle de son fils, mesurant toute la difficulté d'être parent, elle me disait peser le problème dans son ensemble, du contexte actuel des écoles qui engendre beaucoup de frustration aux maux de notre société... car oui effectivement, ce sont des milliers de jeunes qui, aujourd'hui plus encore, se retrouvent bien trop souvent sur le carreau, livrés à eux-mêmes, à devoir faire un choix de raison et non d'envie (ou de coeur) concernant leur avenir. Et oui, le problème est aussi en amont d'un systéme dans l'enseignement où les moyens humains et matériels manquent terriblement (malheureusement ceci ne date pas d'hier) pour pouvoir faire face au fait que nous sommes de plus en plus nombreux sur cette passerelle entre école et monde du travail... Il y a trop à dire. Je préfère m'arrêter là. Merci Mawr de m'avoir fait partager ton point de vue sur un sujet important à mes yeux.


- Isabelle, c'est toujours un plaisir de t'avoir sous mes lignes et d'avoir un retour de ta part... merci de ta présence, de tes mots, de toi à lui (eux). Bien à toi.


- Miette, (bis) heureux de votre retour sur LPDP. Je constate que vous n'avez rien perdu de votre écriture toujours aussi engagée et impliquée (entre autres). Cela me fait plaisir tout comme vos mots sous ce texte. Bien à vous & au plaisir de vous lire.


- SHElene, tu as tout à fait raison et je te rejoins là-dessus, difficile pour les jeunes aujourd'hui de pouvoir s'affirmer en toute liberté et de trouver leur place sous des valeurs actuelles qui ne sont qu'un même arbre qui cache la forêt (amazonienne) et le mot est faible. Merci à toi. Porte-toi bien.


 
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