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LPDP :: Nouvelles littéraires :: La nuit Le noir - Le noir La nuit Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
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  Publié: 14 févr à 11:00
Modifié:  14 févr à 15:23 par In Poésie
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Repost - concours été 2016 jour et nuit


La nuit, Le noir - Le noir, La nuit


Une plaque dorée cloutée sur la façade de l’immeuble indiquait au chaland le nom d’une école particulière : Institut Louis braille. Nom de l’homme qui avait mis au point le code Barbier pour offrir aux aveugles et malvoyants la capacité de lire des textes de manière courante.

Accompagné par un ami, il y a quelques mois déjà, Paul avait poussé la porte d’entrée de l’école. Anéanti par cet accident, qui lui avait fait perdre la vue. Il recherchait un exutoire à l’angoisse qui l’étreignait.

Depuis, il venait deux fois par semaine prendre des cours. De bonne humeur, un peu plus heureux, il s’impatientait de s’y rendre. Son grand plaisir, ouvrir cette porte de classe et se laisser enivrer quelques instants par les effluves d’un parfum légèrement citronné qui subjuguait son imaginaire.
Les cours se dispensaient toujours dans une ambiance douce, compréhensive des difficultés rencontrées par les étudiants. La voix, le toucher et les odeurs formaient un tout pour remplacer la vue, pour remplacer les regards indicibles.

Le parfum, qui faisait rêver Paul, était porté par Camille aveugle de naissance et professeure dans cette école. Tous les deux avaient sympathisé rapidement. Le parfum de Camille plaisait beaucoup à Paul, la voix chaude de Paul charmait Camille.

Après chaque cours, ils aimaient prendre un verre en terrasse fermée d’un petit bistro qui se situait à quelques minutes de l’école. Ce petit bout de chemin à pied consolidait Paul. Rassuré par Camille, il hésitait de moins en moins dans ses décisions et ses actions, notamment, pour traverser la chaussée. Aidé par Camille, il avait pris confiance dans l’utilisation de sa canne blanche.

Cette marche côte à côte déclenchait souvent la même discussion. Quelle est la différence entre une personne aveugle de naissance, et une personne qui perd la vue au cours de sa vie !

Paul démarrait toujours la discussion, par je suis dans « une nuit », Camille disait je suis dans « le noir ».

Paul- Que veux-tu dire par je suis dans le noir ?
Camille – Je n’en sais rien. J’ai appris que les voyants percevaient les couleurs, noir, blanc, rouge, vert…. on me disait ; Quand tout est noir, nous sommes dans la même situation que toi, nous ne voyons rien !
Pour moi cela ne voulait rien dire, les choses n’existent que par mon toucher, quand je suis assise dans un environnement vide, pour moi rien n’existe, je crois que vous appelez cela le néant.

Il me faut la caresse du vent sur ma joue, le bruissement des feuilles, la chaleur d’un rayon de soleil pour imaginer la nature, et je suis toujours dans le doute. Mon imaginaire doit accepter vos explications sur les éléments qui nous entourent.

Et toi, pourquoi dis-tu que tu es dans une nuit ?

Paul - Le soleil produit la lumière, elle nous permet de voir les choses, les êtres, les animaux etc. La terre tourne, pour faire simple au bout disons douze heures, le soleil éclaire l’autre moitié de la planète, nous mettant ainsi dans l’obscurité, c’est la nuit, c’est notre noir à nous les voyants. Pas tout fait, nous avons la voûte étoilée, la Lune l’amie des poètes, l’amie des amoureux, bref notre noir à nous les voyants est bien différent du tien.

Je suis dans une nuit ? Ma mémoire me replonge dans le souvenir de soirées intenses merveilleuses de mon existence de voyant. Probablement le temps va les effacer, je n’en sais rien, par contre, je sais, que ma cécité m’oblige à reconsidérer une perception de la vie différente.

Cet essai d’explication laissait souvent Camille et Paul silencieux, chacun se réfugiait dans ses propres interrogations. Au café, la table étroite leur permettait un contact tactile… Là, ils vivaient des instants délicieux.

Camille ne se lassait pas de lui dire :

- Je veux graver dans ma mémoire un portrait de toi. Mes doigts vont épouser les contours de ton visage, je vais dessiner dans ma tête, la courbe de tes sourcils et de ton nez, l’ourlet de ta lèvre, l’ovale de ton visage, laisse-moi toucher l’alignement de tes dents et parle-moi, je veux que ta voix me pénètre, elle est douce, chaude, elle va sceller l’image que je réalise car je dois bien te l’avouer mon cœur va se mêler aussi de cette affaire…

Paul lui réclamait la même chose, mais le visage qu’il essayait de graver dans son imaginaire ressemblait beaucoup à celui de celle, qui avait été son amour et qui avait fui dès son infirmité… Il aimait Camille, mais cette nuit permanente embrouillait son esprit, trop tôt, trop dur. Ce nouveau réel n’arrivait pas à chasser l’ancien…

Le temps, la force et le grand mystère de l’amour balayèrent petit à petit les vieux souvenirs, Paul maintenant personnalisait mieux le visage de Camille. Dans sa tête elle avait son identité propre maintenant son imaginaire l’avait créée belle et unique.
Sa nuit, la nuit qui l’avait entraîné dans une dépression douloureuse devenait « le noir de Camille ». Il avait enfin compris que les aveugles de naissance possèdent une belle lumière intérieure, elle leur permet souvent de percevoir les détails que l’œil valide ne voit pas.

Sans regret, il avait abandonné sa nuit pour le noir de Camille, maintenant cette petite lumière l’habitait. Le sourire aux lèvres, il allait la tester. Camille, son amour va lui offrir un petit, un fils, son fils.

Il attend ce moment avec impatience. Pour aider Camille, il lui prendra simplement la main. Il sait qu’elle frémira de tout son être, que ce geste sans façon va les unir dans une communion que les voyants ne peuvent pas comprendre.

La pression des doigts de Camille et le rythme de sa respiration le guideront pendant le travail mais avant que son bébé ne délivre son cri, il saura qu’il est né ! A cette idée son cœur s’accélère, il pense à l’instant, au moment, quand l’infirmière lui permettra de toucher son fils.

Alors, avec ses doigts habiles, il épousera les traits de sa petite figure, devinera les ressemblances et sans aucun doute sa lumière intérieure lui révélera le plus beau bébé du monde. Il gravera dans son imaginaire, dans son cœur cet instant, qu’il revisitera souvent, très souvent…





  YD
Mawringhe Cet utilisateur est un membre privilège


Cambre d'Aze, montagne de mon coeur... Mon éternelle muse !
   
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  Publié: 14 févr à 11:33 Citer     Aller en bas de page

Mon Saturnin, tu es conteur hors pair !

Quelle magnifique histoire entre ce noir toujours connu et cette nuit, arrivée par accident, qui avant de devenir le noir laisse dans l'esprit le souvenir de la lumière des "voyants" , avant de disparaitre... pour épouser le noir !

Camille a su apporter à Paul sa magnifique lumière intérieure et dans cette même intensité une famille se formera et... pourquoi pas une suite ? J'ose te la demander car tu as en toi la richesse pour en créer une aussi belle que cette lumière !

J'ai adoré cette lecture, merci Yvon pour ce partage intense.

Marw-Lolotte.

  Les mots sont à la pensée ce que l'eau est à la terre: la vie!
Tychilios Cet utilisateur est un membre privilège

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  Publié: 14 févr à 12:17 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Yvon. Un vrai plaisir de découvrir un de tes nouveaux textes. Ici, tu as su retranscrire avec talent les différences qui caractérisent, la cécité récente à celle de naissance. Tu décris avec beaucoup d’attention la perception du monde environnant par un aveugle, comme pour illustrer par de subtiles nuances le noir, le vide et le néant. Un texte plein de lumière. Amitiés, Georges.

 
La Brune Colombe


Au jour du jugement dernier, la plume du poète pèsera plus lourd que l'épée du guerrier.
   
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  Publié: 14 févr à 16:53
Modifié:  Avant-hier à 02:35 par La Brune Colombe
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C'est incroyable. Tes retranscriptions respectives mêlés de la perception de l'aveugle de naissance et de celle d'accidenté y sont vraiment, profondément, habilement décrites, détaillées...C'est incroyable je suis humainement touchée. Saisi. une émotion indicible.

Les prénoms...Paul me fait penser à ce sacerdoce, cet apôtre solitaire dans sa perception du divin qu'il en est rejeté par ses condisciples...Camille...J'y vois le personnage de Corneille dans Horace. Cette femme qui refuse la perception d'un monde trop bourru, violent pour elle. Elle est d'un autre monde, d'une autre perception..qu'elle finira par le quitter ce monde : Une fatalité heureuse..

Je l'ajoute à ma liste de lecture créée pour ces occurrences de ressenti..

Merci.


Bonne soirée,

La Brune Colombe

 
Jean-Louis


La vie, ce que l'on en fait, est comme un jardin...
   
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16 février
  Publié: Avant-hier à 04:01 Citer     Aller en bas de page

Bonjour Yvon,

Un texte sensibe et émouvant que j'ai beaucoup apprécié.

Amitiés
jlouis

  Poésie, la vie entière
Maschoune

Modératrice


Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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17 février
  Publié: Avant-hier à 06:10 Citer     Aller en bas de page

Je vais reprendre les mots de Jean-Louis : émotion et sensibilité à la lecture de ta nouvelle YVON !

Et quelle jolie description de la différence entre le noir et la nuit... J'aime beaucoup, je suis touchée par ton écrit ! Et pour cela un grand MERCI

  ISABELLE
Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
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17 février
  Publié: Avant-hier à 08:46 Citer     Aller en bas de page

Marw.Lolotte, Georges, Brune Colombe, JLouis, Isabelle.

Merci, j'ai bien fait de reposter cette petite nouvelle, en 2016 elle n'avait eu aucun succès, probablement, qu'elle devait-être trop longue à lire.
Brune Colombe il est intéressant que les deux prénoms choisis t'ont emmenée dans une réflexion plus approfondie. je choisis toujours des prénoms simples souvent des clins d'œil à des amis ou connaissance.
Lolotte " pourquoi pas une suite ?" tu m'as déjà fait le coup avec Ariane, je vais y réfléchir (rire)

Amitiés

Yvon

  YD
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