Tanné de la publicité? Devenez un membre privilège et dites adieu aux bannières!

LPDP - Page d'accueil
Devenez membre
Oublié M.Passe?
Compte privilège
Nouveau compte
Activer un compte
Oublié mot de passe?
Renvoyer code d'activation
Poèmes populaires
Hasards de l'équipe
Poèmes de l'année
Poèmes par thèmes
Publier un poème
Liste détaillée des sections
Poème au hasard
Poème au hasard avancé
Publications
Règlements
Liste des membres
Fils RSS
Foire aux questions
Contactez-nous
Chat
À Propos
::Poèmes::
Poèmes d'amour
Poèmes tristes
Poèmes d'amitié
Poèmes loufoques
Autres poèmes
Poèmes collectifs
Acrostiches
Poèmes par thèmes
::Textes::
Nouvelles littéraires
Contes d'horreur
Textes érotiques
Contes fantastiques
Lettres ouvertes
Citations personnelles
Textes d'opinion
Théâtre & Scénario
::Discussions::
Nouvelles
Portrait sous vers
De tout et de rien
Aide aux utilisateurs
Boîte à suggestions
Journal
Le coin de la technique
::Images::
Album photo

Membres : 2
Invités : 25
Invisible : 0
Total : 27
· Gylfi · Avraham
13581 membres inscrits

Montréal: 29 sept 16:29:03
Paris: 29 sept 22:29:03
::Sélection du thème::
Ciel d'automne
Lime trash
Soleil levant









LPDP :: Nouvelles littéraires :: Vous êtes déjà au paradis ! Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

Page : [1] :: Répondre
Cecel Cet utilisateur est un membre privilège


Il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. - Victor Hugo
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
10 poèmes Liste
45 commentaires
Membre depuis
14 janvier
Dernière connexion
6 février
  Publié: 15 jan à 11:31 Citer     Aller en bas de page

Vous êtes déjà au paradis !


En ce matin d’octobre, un nuage de rosée s’étendait sur la plaine endormie. Flottant comme par magie au-dessus d’un tapis blanchâtre, une grande bâtisse sur la façade de laquelle trônait un panneau "Résidence Paradis". L’article vantant les mérites d’un challenge local illuminait la première page d’un quotidien avec une photo divine.

« Superbe vue ! Elle a une chance inouïe… s’exclama Pierre en refermant son journal.
- Peut-être mais je trouve maman très fatiguée en ce moment. »

Germaine, une femme âgée de quatre-vingt deux ans, coulait des jours sereins au sein de cet établissement où il faisait bon vivre. Les activités adaptées, mises à la disposition des pensionnaires, enchantaient tous les résidents comme leurs proches rassurés.
Très volontaire, courageuse et assidue, la "jeune" doyenne n'avait pas de soucis particuliers sinon qu'elle ne voulait pas vieillir, enfin pas trop vite. Devenue un modèle pour tout le monde, Germaine animait un petit groupe ravi de pouvoir jouer et échanger en toute simplicité.
Les jeux de cartes y étaient pratiqués et tout particulièrement la "crapette", son jeu de prédilection, développant logique, discernement et rapidité. Même si la responsable de la maison de retraite n’avait de cesse de la remercier pour son investissement dans la vie de la fondation, depuis le changement de direction, tout était un peu plus compliqué...

Ce matin, moins en forme, la sympathique retraitée traînait au lit en sachant pertinemment que cet écart lui serait préjudiciable. Quand elle se leva enfin, ce fut à tâtons qu'elle entreprit de se préparer pour son petit déjeuner au réfectoire.

Elle savait que la clé du cabinet de toilette jouxtant sa chambre et fermé pendant la nuit, était quelque part dans la pièce mais où ?
Dans l'obscurité, il lui était impossible de l'apercevoir. Il fallait être méthodique pour explorer l’espace qu'elle connaissait par cœur sans ignorer le moindre petit recoin susceptible d'héberger l'objet convoité.
Face à la difficulté, elle perdit patience et retourna s'allonger. Toute perte de temps aurait un effet négatif. Elle n'avait qu'une heure et le savait.

Après quelques minutes, elle reprit ses recherches... Elle tomba enfin sur le sésame et se précipita vers le point d’eau énigmatique. Il était probablement encore temps...
Son lit n'ayant pas été refait, la couette qui traînait sur le sol la fit tomber lourdement. À cet âge, une chute pouvait être très grave. Sa voisine en avait fait les frais et avait dû changer de foyer. Germaine se retourna sur le dos pour tester méticuleusement tous ses membres. Apparemment, aucune blessure sérieuse ni douleur importante.

Il lui manquait désormais un chausson perdu lors de la cabriole. Elle devait le retrouver car le carrelage trop lisse et glissant de la salle de bain ne lui pardonnerait certainement pas cette négligence.
Afin de récupérer sa charentaise en forme de souris qui avait glissé sous le lit, elle s'aplatit sur le ventre et rampa comme un militaire lors d'un exercice d’entraînement. Sa tête heurta à plusieurs reprises les pieds des meubles qu'elle croisait sur son chemin. Cet incident fut un moment très délicat à vivre pour une octogénaire désabusée.

Ses bras tendus exploraient méticuleusement le dessous du lit quand le bout de son index frôla la matière douce d’une peluche. Elle enfonça un peu plus sa tête et parvint enfin à attraper une oreille en feutre du chausson-souris.
Après avoir enfilé sa mule douillette, les bras balayant le vide devant elle pour ne pas se prendre un objet insolite en pleine figure, elle progressait vers cette pièce d'eau qu'elle ouvrit aisément.
Par bonheur, l'éclairage de la dépendance fonctionnait. Elle entreprit un brin de toilette avant de filer prendre sa collation. Toutes ces tracasseries lui avaient donné faim. Il ne lui restait que quelques minutes pour se rendre à la cantine. Au-delà d'une certaine heure, c'était fermé ! Il ne lui restait plus que la porte de la chambre à ouvrir.

"Je ne vais pas y arriver, se disait-elle. Si je veux avoir mon petit café et mes croissants, je dois arriver à temps. C'est écrit dans le règlement !"

La lumière du néon de l’annexe lui permit de déchiffrer le numéro qu'elle avait inscrit sur une carte et déposé sur son chevet la veille avant de se coucher mais le faisceau lumineux ne parvenait pas jusqu’au clavier digicode... Elle dut s'y reprendre à plusieurs reprises pour pouvoir sortir de sa "prison".

Direction l'ascenseur au bout du long corridor. Plus personne dans les couloirs, son angoisse reprit. La même situation qu’hier, elle était encore une fois la dernière. Cette fois-ci, c'était fichu, elle en était certaine. Refusant de partir, elle se battait âprement tous les jours pour ne pas subir le même sort que sa voisine jugée inapte pour un établissement de cet envergure.
Elle désirait rester dans cette résidence. Elle y avait toutes ses amies et sa famille qui habitait à dix minutes lui rendait visite quotidiennement. Cette pensée la remotiva et elle accéléra le pas.
Germaine avait repris du poil de la bête. Elle était enfin dans l'action. Elle retrouva son énergie habituelle, fila vers l’entrée de la salle commune, posa sa main sur la poignée... C’était encore ouvert… Ouf !

Des applaudissements l'accueillirent et lui mirent du baume au cœur.
« Eh bien, il était temps ! Nous avons tous cru que, pour la première fois, vous, Germaine, alliez échouer. Bravo ! On va vous servir.
Je suis satisfaite et très contente des efforts que vous fournissez tous. Ma théorie prend forme grâce à vous. Ce lieu devient, le temps de quelques mois, une référence. Les médias s'emparent de l'événement et quelques débats fleurissent çà et là autour de notre devise : "Une personne âgée n'est pas une personne assistée !"
Avec ma méthode révolutionnaire, le mot "sénilité" et tous ses dérivés devenus inutiles disparaîtront du dictionnaire. Pour continuer à vivre, il faut se battre !

- Oui, je suis d'accord Madame la Directrice mais cette semaine, c'est trop dur. Ma famille s'inquiète devant les challenges et les obstacles de plus en plus importants. À ce sujet, mes enfants voudraient vous rencontrer...
- C'est impossible ! Le règlement interdit toute intrusion de l'entourage qui infantiliserait chacun d'entre vous, fausserait les résultats et perturberait le déroulement de l'expérience qui se veut innovante.
- Les activités mises en place sous la forme de compétitions finissent par nous fatiguer. Votre "Résidence Paradis" devient un enfer ! Beaucoup d'entre nous ont abandonné et le choix d'un autre EHPAD leur a été fermement imposé.
- Vous ne pouvez pas dire cela Germaine. Pas vous !
Les épreuves… Pardon ! Les activités changent chaque semaine. Vous le savez bien ! Celle-ci ne vous convient pas mais ce n'est pas un problème. Tout dépend de la fréquence des échecs. Les statistiques le prouvent de manière manifeste. Je dois vous préciser que nous vous avons accordé un sursis, ces deux derniers jours... Dix minutes, exactement.
- Oui, mais c'est de plus en plus difficile...
- Tout ce qui vous est proposé a été étudié et certifié par des experts, des professionnels reconnus !
Celle qui était capable de se contrôler, qui n'avait jamais eu un mot plus haut que l'autre, qui encaissait en silence, là, s'effondra.
- Allons Germaine, ressaisissez-vous ! C'est un mauvais passage. Cette activité est en réalité un jeu. Il faut le prendre ainsi…
- Moi, j'abandonne ! Compter les papillons produit le même effet que compter les moutons : on s'endort avant d'avoir fini. C'est exactement ce qui s'est produit hier. J’avais résolu l’énigme qui allait me permettre de composer le numéro découvert. Il fallait se souvenir du code de la veille qui était, ni plus ni moins, que le nombre de papillons dessinés sur le papier peint de la chambre, y ajouter son âge, le multiplier par le numéro de sa chambre et, enfin, ôter le quantième du mois. Chaque code étant individuel, je n’ai pas eu le loisir de tricher en questionnant ma voisine et je me suis endormie très tard.
Je le connais votre jeu. Mon petit-fils le pratique mais en équipe, lui. Moi, toute seule, j'en suis incapable…
Un "Escape Game" à mon âge ! »

 
Lacase Cet utilisateur est un membre privilège

Modérateur


Si Eve n'avait pas pensé qu'à sa pomme...
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
123 poèmes Liste
5666 commentaires
Membre depuis
25 juillet 2008
Dernière connexion
28 septembre
  Publié: 16 jan à 07:24 Citer     Aller en bas de page

Autonomie et inclusion... Qu'ils disent à tous les étages ! Dans l'espoir que cela coûte moins cher.
Ce sont nos anciens qui subissent, le continent gris est en souffrance.
Challenge et compétition dans un Ephad dans ce petit texte qui va encore plus loin mais qui je l'espère restera le plus longtemps possible une fiction.
Cela dit jolie plume, j'ai aimé ma lecture

  Si le berger a le Mans qui a les rillettes?
Cecel Cet utilisateur est un membre privilège


Il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. - Victor Hugo
   
Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
10 poèmes Liste
45 commentaires
Membre depuis
14 janvier
Dernière connexion
6 février
  Publié: 22 jan à 03:37 Citer     Aller en bas de page

Merci Lacase pour votre commentaire que j’apprécie même s’il est judicieusement critique concernant l’environnement peu clément qui accueille nos anciens.

J’adhère à 100 % !

Mon texte se voulait léger et caricatural bien entendu. J’ai éprouvé le besoin de dénoncer toutes les expériences ignobles dont l’humain est la cible. Le 3e age devrait être préservé.
Mon récit est probablement équivoque… C’était volontaire pour que le lecteur s’interroge en pesant le pour et le contre.
Merci pour votre lecture et votre compliment.
Amitiés.
Cecel

 
coldasice

Correcteur


Because we are already the past
   
Statut: Hors ligne
Visitez le site web de ce poète. Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
42 poèmes Liste
1049 commentaires
Membre depuis
16 juin 2012
Dernière connexion
3 août
  Publié: 30 jan à 13:13 Citer     Aller en bas de page

Préparation
Description en introduction
Un final top
L'idée est excellente
Le récit captive

  ODH MAD
Automne

Statut: Hors ligne
Envoyez un message instantané à ce poète.
Statistiques de l'utilisateur
1 poèmes Liste
10 commentaires
Membre depuis
18 janvier
Dernière connexion
2 septembre
  Publié: 16 févr à 08:28 Citer     Aller en bas de page

Histoire bien menée, allusions bien senties. Merci pour ce texte et au plaisir de vous relire!

 
Page : [1] :: Répondre

 

 



Répondre
Version imprimable
Avertissement par courriel
Autres poèmes de cet auteur
Share
Cocher cette section lue
Cocher toutes les sections lues
Visites: 423
Réponses: 4
Réponses uniques: 4
Listes: 0 - Voir

Page : [1]

Les membres qui ont aimé ce poème ont aussi aimé les poèmes suivants :



Nous n'avons pas assez de données pour vous afficher des recommandations. Aidez-nous en assignant une cote d'appréciation aux poèmes que vous consultez.

 

 
Cette page a été générée en [0,0229] secondes.
 © 2000 - 2020 VizFX.ca - Tous droits réservés  |  Pour nous joindre
L'utilisation de ce site Web implique l'acceptation des Conditions d'utilisation. Tous les textes hébergés par La Passion des Poèmes sont protégés par les lois de la protection des droits d'auteurs ainsi que par des traités internationaux. Il est strictement interdit de distribuer, d'afficher ou d'utiliser ces textes de quelque manière sans l'autorisation de l'auteur du texte en question.

           
 
Oubliez votre mot de passe? Cliquez ici.