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Bobine

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  Publié: 3 juil à 19:43
Modifié:  5 juil à 01:13 par Catwoman
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Sous les formations infinies des pierres, une enfant chantait.

Dors mon enfant, dors,
Suis ma voix, ma musique,
Laisse-moi te guider,
Vers le monde des rêves,
Ce monde sans pitié,
Ce monde clair et vrai,
Où tu me quittes,
Pour mieux me revenir.


Les murs rocailleux de l’antre suintaient sous les doigts de l’enfant. Sa main glissait sur les fondations, à la recherche de repères. Il lui fallut un instant pour réaliser que les parois de la caverne se réchauffaient à mesure qu’elle avançait.

Derrière elle, l’enfant entendit les murmures de ses semblables percer l’écho des gouttes de chaleur qui tombaient et de sa mélodie. Ces voix familières faiblissaient avec la cadence de ses pas et son chant les couvrit bientôt complètement.

Le dernier voyage de l’enfant était entamé et ce voyage se terminerait avant le lever du jour.

C’est donc avec le courage d’un fou (une naïveté propre à son âge) et la détermination des héros (les attentes de ces voix qu’elles avaient laissées derrière elle) que l’enfant avançait vers son tombeau.

Le sacrifice qu’elle devait accomplir ne lui avait jamais été caché. Ce destin lui avait été attribué lorsque ses yeux inutiles s’étaient ouverts et avaient été incapables de capter la lumière du jour. L’enfant avait été choisie pour apaiser le monstre par sa mort.

Chaque siècle, la bête prenait une victime volontaire et pure.
Chaque siècle, un sacrifié était choisi, avant qu’il ne soit perverti par l’âge adulte.

L’enfant était l’aumône parfaite; assez pure pour la bête, trop imparfaite pour les siens.

Elle avait grandi en sachant son destin. Pour cette raison, ses parents ne l’avaient jamais gratifiée de leur amour, par peur d’être blessés lorsque ce jour viendrait. Ils lui avaient toutefois accordé ce respect qu’on accorde aux mourants.

Au pied de la caverne abritant le monstre, l’enfant n’avait entendu ni sanglots, ni cris, lorsqu’elle avait quitté son père et sa mère.

Après de piètres adieux, ses parents lui avaient murmuré qu’elle était magnifique. Ce compliment devait être les dernières paroles qu’elle entendrait.

Selon la tradition, le sacrifié devait être lavé et vêtu de sorte qu’il puisse séduire la bête. Lors de sa dernière journée terrestre, le corps de l’enfant avait donc été purifié selon les rites sacrés. Ses cheveux avaient été brossés, lissés et soignés en coiffure exotique que l’enfant n’avait pas été capable de suivre, sous les doigts de sa mère et des femmes du village. Sa robe avait été tissée et brodée, pendant une année complète. Les tissus de soie qui la constituaient glissaient sur sa peau comme une caresse étrangère.

Tous ces apparats qu’on réservait traditionnellement aux futures mariées, elle les vivait en ce jour de finalité.

Les parois rocheuses se réchauffant, l’enfant dû se résoudre à y retirer ses doigts et à avancer, sans repère, vers ce qui lui avait été prédestiné. Sa voix se heurtait aux murs de la caverne et elle en entendit les échos.

Selon les anciens, la bête avait toujours été. Son existence était parallèle à celle des siens. Certaines légendes rappelaient à son peuple la seule et la dernière attaque du monstre. Ces histoires décrivaient un enfer de flammes et de terreur où l’air lui-même s’était mis à brûler et où les lacs et les rivières s’étaient pliés devant la colère de la bête, ne laissant derrière eux qu’une traînée de fumée.

Les dires des anciens étaient plus mystérieux quant au pacte que son peuple avait conclu avec le monstre. La plupart vantaient la pureté des sacrifiés qui avaient repu la bête.

L’enfant n’avait jamais saisi le sens de ce mot: pur.

Synonyme de perfection, un être pur impliquait une innocence qu’elle ne pouvait ni comprendre, ni s’attribuer. Ses parents et son peuple l’avaient longtemps félicitée sur sa pureté. L’enfant avait toujours baissé la tête de gratitude en entendant ce compliment, même si elle savait qu’il s’agissait d’un mensonge insidieux dont elle ne pourrait jamais se défaire.

Les yeux de l’enfant avaient choisi de se fermer sur ce monde avant même de l’avoir discerné. Son esprit avait été contaminé par une force si puissante que son corps avait décidé de lui refuser la lumière.

Cette pureté qu’ils clamaient tous qu’elle possédait, elle l’avait perdue le jour de sa naissance.

Absorbée par ses dernières pensées, l’enfant fut ramenée à la fatalité de sa situation par le sol sous ses pieds, de plus en plus ardent. Cette chaleur traversait en partie les hauts et complexes escarpins qu’elle avait dû chausser et qui lui étaient difficile de faire avancer.

La fièvre qui hantait cette caverne devenait insupportable et l’enfant se demanda si elle allait pouvoir mener à bien sa dernière marche.

Il lui fut bientôt impossible de continuer son chant.

Lorsqu’elle fut incapable de se guider avec ses doigts et tandis que le sol se transformait en sentier brûlant, l’enfant remarqua qu’à son tour, l’air devenait difficile à respirer. Ses poumons furent bientôt ravagés par ce feu qui la consumait à mesure qu’elle avançait. L’enfant, qui était habituée aux vents frais de la montagne, fut prise d’une quinte de toux.

Distraite, ses escarpins se heurtèrent à un obstacle qui lui fit perdre pied. L’enfant eut alors le réflexe de placer ses mains devant son torse, afin de d'amortir sa chute. Aussitôt, ses membres démunis contre le sol bouillant de la caverne se mirent à cuire.

L’enfant lâcha alors un cri strident que personne n’entendit. Sous l’effet d’une force qu’elle ne se soupçonnait pas avoir, elle se releva.

C’est lorsque ses bras et ses mains mordus par la chaleur se mirent à trembler que la réalité de sa situation la rattrapa.

Elle allait mourir dans ce four.

Des larmes de rage et de désespoir se mirent à couler des yeux inutiles de l’enfant. La douleur et la solitude avaient éveillé en elle ces émotions qu’on ne lui avait jamais permis d’exprimer.

Dès qu'elle avait été assez vieille pour parler, ses parents s’étaient empressés de lui annoncer qu’elle était née pour mourir. Au début, ces propos ne l’avaient pas affectée. Sa naïveté l’avait d’abord protégée.

Ses parents et son peuple se firent toutefois un devoir de lui rappeler le destin qui l’attendait. Par gentillesse ou par cruauté... l’enfant ne pouvait s’en prononcer.

« Sois flattée ma fille, c’est un honneur de mourir ainsi. »

« Ta mort permettra la survie de notre peuple. N’est-ce pas ainsi que meurent les héros? »

« Tout le monde meurt, tu as seulement la chance de connaitre ton heure et la façon dont tu vas mourir. »

Tout le monde meurt.

Pourquoi ce sentiment d’injustice la rongeait-elle?

En séchant ses larmes, l’enfant se remit en route. Ses bras et ses mains la faisaient souffrir, mais elle savait que cette douleur n’était que passagère.

Les morts ne souffrent pas.

L’enfant avançait, tandis que le sol bouillant fit monter à ses narines l’odeur du bois brûlé de ses escarpins qui menaçaient de rendre l’âme avant elle.

L’enfant avançait, même après avoir effleuré par mégarde une paroi de sa main. Son vieux réflexe de toucher pour se diriger l’avait trahie et ses doigts furent brûlés par cette chaleur qui continuait de monter.

L’enfant avançait, alors que l’air devenait toxique. Chaque inspiration contaminait ses poumons et le poison qu’elle ingurgitait à grandes bouffés s’attaqua bientôt à ses pensées qui perdirent de leur cohérence.

Au cœur du four, les pas de l’enfant se firent plus lents à travers ces épreuves, mais elle n’en avançait pas moins.

C’est lorsqu’une bouffée de chaleur frappa l’enfant au visage qu’elle arrêta sa course. Ce nuage de cendre provenait du sol et en faisant attention pour ne pas trébucher, l’enfant avança prudemment un pied en avant. Un pas plus loin, le sentier brûlant n’était plus. Surprise, l’enfant recula brusquement, si bien qu’elle faillit en perdre l’équilibre une seconde fois.

Entre la douleur, la peur et ses idées tourbillonnantes, l’enfant en était sûre, avait atteint la gueule du monstre.

Ses oreilles captèrent dès lors le bruit d’un feu attisé qui brûle sans jamais s’arrêter. Le four sous ses pieds était vivant et il ne demandait qu’à l’engloutir.

Le grincement des flammes dévorant les roches qui tombait dans la gueule de la bête fut bientôt le seul repère de l’enfant.

La résonance d’un dernier souvenir remplaça toutefois la cacophonie du feu.

Ce même souvenir qui l’avait accompagné dans sa marche.

Plus jeune, l’enfant s’était souvent endormie sous la réminiscence d’une mélodie qu’une mère aimante avait un jour chanté à son enfant. C’était une berceuse qu’elle avait entendue, alors qu’elle s’était faufilée en dehors de la surveillance continue de ses parents.

Ses parents l’avaient retrouvée avant qu’elle ne puisse confirmer la source de cette voix gorgée d’amour. Cette chanson n’était pas pour elle, mais l’enfant l’avait répétée dans ses rêves chaque nuit de la semaine précédant sa mort.

Elle aurait tant aimé qu’une mélodie lui soit un jour chantée.

De par cette loi qu’aucun homme n’a encore réussi à déchiffrer, le hasard des miracles, son dernier vœu fut exaucé.

Dors mon enfant, dors,

Chanté par la voix la plus humaine et douce qu’elle n’ait eu la chance d’entendre, les paroles de cette chanson familière se firent ressentir au plus profond de l’âme de l’enfant. Cette mélodie résonna de la même manière que les paroles bienveillantes d’un protecteur ou d’un parent aimant, lui apportant un dernier soutien pour une épreuve qu’elle ne voulait pas affronter.

Suis ma voix, ma musique,

L’enfant eut alors une pensée pour cette mère et son enfant. Elle eut une pensée pour ceux qui aiment et ceux qui sont aimés.

Laisse-moi te guider,

Sans trembler, en se laissant guider par la mélodie des flammes affamées et les paroles d’amour résonnant en elle, l’enfant entama son dernier pas, suivi d’un plongeon décisif.

Vers le monde des rêves,

Lorsqu’elle atteignit la mer de feu, les flammes ne firent qu’une bouché de cette robe de soie qui avait été fabriquée avec précision et dévouement. Elles dévorèrent les escarpins de bois qui avaient déjà atteint la fin de leur espérance de vie.

Ce monde sans pitié,

En quelques secondes, l’enfant vécue un enfer de feu qui la consomma goulûment, ne laissant aucune trace de son existence.

Ce monde clair et vrai,

Le monstre sous la montagne ne fut pas repu par ce sacrifice. Il resta endormi, tel qu’il l’avait toujours été depuis son dernier carnage. Et la vie sacrifiée de l’enfant ne valut pas plus qu’une poignée de pierres tombées au cœur du volcan.

Où tu me quittes.

 
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