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LPDP :: Poèmes par thèmes : Rubrique spéciale anniversaire : "18 ans" :: Le jour de mes dix-huit ans Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Authilie
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23 octobre
  Publié: 15 févr à 12:31
Modifié:  15 févr à 13:15 par Maschoune
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Le jour de mes dix-huit ans


Je m'appelle Rose, j'ai la peau claire et de longs cheveux châtains, noués au-dessus des oreilles.
C'étaient Taras et Zorg qui m'avaient parlé du campement, près de deux cents hommes et femmes descendus des montagnes, si nombreux que leurs noms s'emmêlaient dans ma tête. Parmi eux, il y avait Vittore, « le Chef », qui régnait en maître absolu sur le clan, dresseur de chevaux et habile cavalier. Il m'avait accueillie à l'aube de mes quinze ans de façon fort peu courtoise et définitive.
- On n'a pas besoin de fillettes ici !
Mais devant ma détermination, il m'avait tendu une écuelle et une cuillère et lancé du bout des lèvres avant de tourner les talons :
- Je te préviens, on n'est pas dans un club de vacances.
Je m'étais immédiatement attachée à cet homme dur et froid ; dès l'instant où il avait posé sur moi son regard insondable, j'en avais été bouleversée. Tout à la fois impitoyable, idéaliste, humain et juste, il se révélait également vif, intelligent, passionné, capable de prendre n'importe quelle décision sans un tressaillement de sourcil, la voix tranchante et néanmoins empreinte de douceur.
Jamais je ne l'avais vu manifester la moindre émotion. Comment imaginer que celui qui hantait mes jours et mes nuits pût s'intéresser à une petite fille ordinaire ?

Peu de temps après mon arrivée, nous nous étions arrêtés à la grande fourche, là où la route se sépare pour mener l'une vers les bois, l'autre vers la grande ville. On entendait le cliquetis de la rivière et, du grand feu allumé un peu plus tôt, nous parvenait l'odeur de la soupe du soir. Nous avions déjà mangé mais la marmite continuait à bouillonner pour les retardataires. Le campement était délimité par un cercle formé par des chariots. Nous étions quelques-uns, assis en rond : Jaja, Trudy, Margot, Charlène, Zorg et moi qui tentais de me faire ma place parmi mes nouveaux compagnons.
La petite Trudy releva son museau de fouine, sortit la tête de sa capuche et proposa un jeu :
- Ça s'appelle « vérité, vérité ». C'est simple, on pose une question et il faut y répondre.
Les filles se mirent à pouffer. Zorg resta impassible
- Et si on ne veut pas répondre ? demanda suavement Charlène, lovée contre son compagnon.
- Eh bien on a droit à l'autre option : « vérité » : on repose la question et il faut répondre.
- T'as que dalle comme choix, résuma Janis, dite Jaja, une grande fille noire aux larges hanches.
Trudy hocha la tête.
L'idée était naturellement de poser des questions embarrassantes et, quand vint mon tour, j'eus droit à celle que je redoutais. Ce fut Margot qui demanda, d'une voix chantante et claire :
- Il y a quelqu'un qui te plaît particulièrement sur le camp, Rose ?
Avec le recul, je dois reconnaître que j'aurais mieux fait de dire tout simplement que non mais j'avais à cœur de me montrer honnête et puis, tout le monde sait que quand on est amoureux, on a envie de le crier au monde entier. Ce fut donc avec un certain enthousiasme que je répondis par l'affirmative. La seconde salve suivit immédiatement :
- C'est qui ?
Prise de court et rougissante, je répondis « Taras ». J'ignore pourquoi ce nom me vint à l'esprit, sans doute parce que j’imaginais que personne n'accorderait de crédit à cette attirance. Taras, plus communément appelé « le Lieutenant », était un ancien militaire, un moustachu boiteux à qui il manquait un œil, un type usé jusqu’à la moelle qui m'avait immédiatement prise sous son aile protectrice. Je l'aimais bien mais il ne me plaisait pas le moins du monde. Cependant, grâce à ce mensonge, je pus conserver mon précieux secret.
La nouvelle fit instantanément le tour du camp. Dans un premier temps, Taras se montra passablement distant mais, quelques jours plus tard, il me fit un signe discret et m'invita à le suivre.
Le vieil infirme choisit un endroit à l'écart, m'indiqua une souche d'arbre, s'assit en face de moi, grave et réfléchi, et me scruta de son œil unique.
- Je sais que tu as des sentiments pour moi...
Les vipères ! Elles avaient donc parlé. Mal à l'aise, je triturais nerveusement mes bottes noires, celles qui avaient parcouru tant de lieues à mes pieds qu'elles étaient devenues aussi souples et confortables qu'une seconde peau.
- … Un vieux bonhomme comme moi... Tu es trop jeune, Rose.
Il semblait perdu dans une réflexion intime et je me demandais s'il était temps de prendre congé quand il ajouta :
- Quand tu auras dix-huit ans, je ferai de toi une femme, ma femme.
Il y avait longtemps qu'un homme m'avait faite femme, j'avais reçu une éducation des plus rudes qui m'avait malgré tout laissé un souvenir agréable, mais je me gardais bien de contredire mon interlocuteur. Je ne sais comment il interpréta mon silence. Même la forêt alentour semblait retenir sa respiration. Au bout d'un moment qui me parut interminable, il se leva en faisant craquer sa vieille carcasse. Il semblait désolé.
- Veille sur notre feu, ne le laisse pas s’éteindre.

Je soufflais. Cette échéance me permettait de me tenir éloignée du Lieutenant en toute quiétude, mon secret bien gardé. Car j'aimais toujours Vittore du plus profond de mon cœur et de mon âme.
Les années passaient, j'étais née à la mi-novembre, j'eus seize ans puis dix-sept ans.
Fin octobre de ma dix-septième année, je me mis à redouter d'avoir à honorer la promesse qui m'avait été faite, d'autant que Taras devenait pressant et me demandait de plus en plus régulièrement :
- C'est quand exactement, le jour de ton anniversaire ?
Aux premiers jours de novembre, le groupe prit la route. Inconfortablement installés dans l'une des charrettes qui s'éloignaient de Genève, nous devisions. Tous serrés les uns contre les autres, j'étais coincée entre Taras et Jaja. En face, Charlène et Zorg se disputaient sans que j'en saisisse la raison.
- Pauv' couillon ! Le trou aurait été trop p'tit pour son gros cul, disait Charlène. On aurait à peine pu y passer une pomme.
Jaja trouva opportun d'apporter à l'affaire un éclairage philosophique :
- Un cul, c'est un poème avec un hémistiche de chaque côté duquel on peut lire l'histoire d'une vie. J'ai vu le sien.
- Et tu y as lu quoi ?
- Qu'il a été mené à la baguette !
Tout le monde se mit à rire. Trudy renifla et se moucha dans sa jupe.
Petit moment d'intimité, une conversation des plus ordinaires...
- Boudiou elle remue salement, c'te chariote !
La route était de plus en plus cahoteuse, les mains dans les poches, l'air innocent, je profitais d'une embardée, un virage mal pris qui faillit nous faire tous verser pour, d'un coup de fesse à Taras, le faire basculer par dessus la ridelle dans un cri étouffé par le bruit du sabot des chevaux et le brouhaha ambiant. Au milieu de la cacophonie, personne ne se rendit compte de sa disparition. Ce ne fut que le lendemain, alors que l'après-midi était déjà bien entamé, qu'on s'inquiéta de l'absence du Lieutenant.
- Taras ! Taras ! Vous n'avez pas vu Taras ?
On le chercha partout sans résultat, le bougre s'était fait la malle à l'aube de mes dix-huit printemps. Tout juste si on ne me présenta pas des condoléances.
Quand nous fîmes le trajet inverse, le jour de mon anniversaire, je m'installais de l'autre côté de la charrette, celui où je pourrais guetter si quelque chose bougeait aux alentours du fameux tournant. Dans le fossé, j'aperçus une silhouette à demi cachée par les herbes folles. Taras était là, allongé, immobile. Un peu plus loin, je devinais quelque chose qui ressemblait à une jambe de bois.

 
Maschoune

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Je voudrais tout savoir pour pouvoir tout t'apprendre et tout avoir pour pouvoir tout te donner-Brel
   
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12 novembre
  Publié: 15 févr à 13:20 Citer     Aller en bas de page

Bon ben y a pas dire : tu as du talent

Merci à toi de t'être lancée dans cette aventure pour le plus grand plaisir du lecteur

  ISABELLE
Authilie
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23 octobre
  Publié: 15 févr à 13:47 Citer     Aller en bas de page

Quel plaisir Isabelle !
Surtout venant de toi, c'est un réel compliment.

 
Authilie
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23 octobre
  Publié: 15 févr à 16:10 Citer     Aller en bas de page

Rhooooo Ali, que c'est gentil !

 
Authilie
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23 octobre
  Publié: 16 févr à 05:35 Citer     Aller en bas de page

Mici Mimi.

 
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Il suffit d'oser ! (photo d'un poème d'Apollinaire, Tout terriblement)
   
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12 novembre
  Publié: 16 févr à 10:53 Citer     Aller en bas de page

Nadine, merci de ce joli moment passé à te lire.

Pauv' Taras quand même 🙄

Bizzz, JB

  La vie commence à chaque instant.
Authilie
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23 octobre
  Publié: 16 févr à 13:23 Citer     Aller en bas de page

Merci JB.
Taras, il avait qu'à pas m'embêter !

 
Adamantine

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12 novembre
  Publié: 3 avr à 01:45 Citer     Aller en bas de page

J'ai mis du temps à lire cette nouvelle parce (peut-être est-ce dû à l'habitude ou à mon grand âge), j'ai besoin de lire les textes longs sur papier. J'ai donc imprimé le tien .
J'aime arriver dans ce temps où rien n'est posé, c'est à dire que le lecteur ne sait pas ce qu'il s'est passé avant. Rose m'intrigue. Elle a préféré tuer que d'avouer qu'elle avait menti pendant un jeu. Les femmes sont imprévisibles !
La lecture est aisé, le style est fluide et l'histoire prenante. J'ai aimé cette nouvelle.

  Et si l'on me demande à quoi j'ai passé le temps Je dirai à jouer... Le reste n'importe pas.
Authilie
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23 octobre
  Publié: 4 avr à 09:34 Citer     Aller en bas de page

Rose a surtout préféré tuer qu'avouer son amour.
Merci Adamantine

 
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