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LeVentQuiSeLève


Faut dire qu´elle était belle Et ... je ne suis pas beau...
   
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Modifié:  16 sept 2016 à 06:54 par LeVentQuiSeLève
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La rêverie interrompue





Marie marche d'un bon pas sur le chemin conduisant au bourg. Elle va retrouver Pierre le garde barrière et lui apporte une douzaine d’œufs dans son sac de lin qu'elle porte en bandoulière. Elle a elle même délicatement emballé ces œufs un par un dans un morceaux de toile de jute. Tout en cheminant, elle pense à son amoureux, entré à la compagnie de chemin de fer il y a deux mois. Il est si grand ! Si fort ! Elle espère qu'il la demande en mariage bientôt. Sa mère lui permet de le voir chez eux ou près de chez eux, et de l’emmener danser de temps en temps.

Marie porte une simple chemise de coton blanc plissée ainsi qu'une veste de laine rouille. L'allégresse des ses pas fait se soulever sa longue jupe de taffetas bleue à chacun de ses pas, laissant entrevoir le volant d'un jupon blanc. Par moment, elle remet sa coiffe sur son chignon ; que ne l'a-t-elle fixée mieux avant de partir ! Les sabots claquent lorsqu'elle marche sur des cailloux. La dernière fois que son Pierre est venu lui parler, c'était au pied du grand sycomore près de la maison de ses parents. Il avait son bel uniforme de cheminot bleu et rouge tout neuf. Il n'avait pu rester longtemps, le père la réclamant près de lui. Après une ultime promesse, elle avait du regagner le toit familial.

Tout en cheminant, elle pense encore à cette maison qu'elle vient de quitter. Elle laisse là sa sœur Marguerite en train de sortir des châtaignes de leurs bogues avant de les faire cuire dans l'âtre de l'unique pièce de la maison. Marguerite doit préparer un gâteau de farine de seigle et de châtaigne. Marie pense à sa mère qui file la laine depuis le matin. Ainsi qu'au père alité avec une vilaine fièvre depuis qu'il est tombé en portant une barrique de vin du maître. Au petit Jean, qui a bientôt cinq ans, et qui joue avec un petit cheval de bois que son père à taillé dans un buis pour ses quatre ans. Elle sait qu'après le mariage, sa sœur Margot devra la remplacer dans les tâche auprès de ses parents.

Elle espère aller au bal le lendemain avec Pierre. Elle mettra son beau corsage rose à fronces et col Claudine et sa jupe de serge grise passementée ; troquera ses sabots de bois de châtaigner contre les escarpins de galuchat de sa sœur, cadeau de Marthe, la femme de chambre du château. Ils pourront danser à la lumières des lampions que le maire, monsieur Jacques, a fait accrocher aux arbres du mail pour la fête nationale. En ligne, coudes aux coudes, pendant des heures, elle dansera sur la musique d'un orchestre de la ville engagé par la municipalité. Promis, elle empêchera son Pierre de boire de la bière au delà du raisonnable. Puis il faudra rentrer dans la nuit, à la lumière de la lune, suivant le chemin du village qu'elle connaît par cœur. Ils se parleront. Peut être se déclarera-t-il ?

Marie arrive au bord de la rivière. Elle atteint la passerelle qui enjambe le déversoir du moulin. Elle peut voir la ligne de chemin de fer qui longe la rivière sur l'autre rive jusqu'au moulin puis qui s'en éloigne en s'enfonçant dans les bois. On aperçoit au delà sur le coteau la route qui entre dans la forêt de l'autre coté. Elle sait que Pierre est là, au carrefour des deux voies. Une calèche à quatre chevaux descend la côte lentement. Les chevaux ramassent leur dos pour retenir l’attelage mais ils descendent quand même au trot. Le fouet claque. Au loin, on entend le sifflet de la locomotive du train montant la vallée.

Marie s'engage sur la passerelle. La fraîcheur qui monte de la chute d'eau la fait frissonner. Elle resserre d'une main le col de sa veste. Cette fois-ci, elle n'a pas le temps de venir au bord de la retenue d'eau pour attraper des goujons. Il est si plaisant de plonger vivement la main dans l'eau froide de la rivière pour en saisir un et le glisser dans une poche ! Elle le sait, au souper ce soir, sa mère à prévu un lapin de garenne que Marguerite a trouvé ce matin pris dans un collet posé par le père.


Mais il fait beau. Il fait très chaud en ce mois de juillet exceptionnel. Il lui vient l'envie d'une brève baignade. Elle revient sur la berge de la rivière, descend le talus jusqu'à la plage de galets. Elle pose doucement le sac contenant les œufs et entreprend de se déshabiller. Elle détache sa coiffe et la pose sur le sac, puis elle libère ses cheveux du peigne qui tient le chignon. Elle laisse tomber les sabots, enlève sa veste. Sa chemise porte sur le coté une tâche de fruit encore visible malgré le frottis qu'elle y a fait tout à l'heure. Elle déboutonne rapidement sa chemise et la retire. On aperçoit alors sa camisole qui laisse voir la gorge a travers un jour de dentelle fermé au cou. Marie abaisse sa jupe à ses pieds. Au dessus de son volant brodé, le jupon est à grand plis bien chaud. De temps en temps, le sifflet de la locomotive se fait entendre, de plus en plus proche. Cela lui rappelle que son Pierre est au travail, tout près.

Marie jette un coup d’œil aux frondaisons du bois qui entourent le bief. Décidée, elle fait glisser son jupon. On peut voir alors sa culotte mi-longue en partie cachée par sa camisole. Saisissant la camisole en croisant les bras, elle la soulève par dessus sa tête. Elle délace enfin la ceinture de sa culotte et la laisse tomber à terre. Elle apparaît dans la splendeur de ses dix neuf ans, brune au teint blanc, les hanches larges, les épaules gracieusement tombantes, les seins lourds aux grandes aréoles, ses jambes rondes et musclées plantées sur le sol. Elle s'avance dans l'eau. Sourit à son contact. L'eau est froide et très claire. Elle s'avance jusqu'à avoir de l'eau juste sous les seins puis se lance. Elle nage comme un petit chien. Elle a appris seule. Dans sa famille on ne pratique pas la baignade. Elle sait que Pierre sait nager. Elle souhaite qu'il lui apprenne vraiment. Avec lui elle pourra traverser le bief comme elle l'a vu faire. Pour le moment, elle reste là ou elle a pied.

Marie se sent rafraîchie. Elle décide de mettre fin à cette baignade. Elle marche sur les galets du fond de la rivière jusqu'à la berge puis sort de l'eau. Elle laisse l'eau s'écouler de son buste un moment. Elle cherche alors un endroit discret pour exposer son corps au soleil estival. Elle choisit de s'asseoir entre un massif de mimosas et un arbuste aux petites feuilles brunes touffues. La caresse du vent aidant, en quelques minutes, elle est sèche. Aussitôt, elle entreprend de se rhabiller. Elle ne veut pas de hâle. Elle entend rester blanche pour plaire à son homme.


Elle reprend alors sa route vers le passage à niveau ; traverse la rivière sur la passerelle. Elle s'engage sur le chemin qui suit la voie de chemin de fer. Enfin le train apparaît. Il longe la rivière. On entend le fracas des boggies sur les rails et le halètement de la vapeur qui s'échappe des cylindres pansus par la cheminée. On voit passer les voitures en bois, peintes en marron pour les troisièmes classes, en jaune pour les secondes, en rouge pour les premières classes. Les soufflets entre les voitures se déplient et ondulent au moment ou le train franchit le tournant avant d'entrer dans les bois.

Le train s'éloigne. La portière à l'arrière de la dernière voiture s'amenuise avec l'éloignement. Le train siffle sans arrêt. Subitement, Marie réalise que le sifflet se répète sans s'arrêter, au lieu des trois coups habituels. Inquiète, elle se met à courir. Elle entre à son tour dans le bois. Le chemin file vers la droite. Pour gagner plus vite la barrière, elle court droit à travers les bois. Après un long moment de course, elle réalise que le bruit a fait place à un grand silence. Celui-ci persiste, devient pesant alors qu'elle continue de courir. On n'entend plus le bruit des roues de la calèche. Enfin on entend des voix. Des gens crient. Un bébé pleure. Des exclamations fusent. Le feu crépite.

Enfin Marie arrive au passage à niveau. Elle découvre stupéfaite la calèche écrasée contre le mur de la maison de Pierre. Ses chevaux sont effondrés et inertes. Elle voit ensuite la locomotive renversée de l'autre coté, en travers de la voie. Du charbon et des braises s'en sont échappés. De l'eau coule du bout de la machine. Le feu commence à se propager dans les fougères. La voiture suivant la locomotive est aussi renversée, brisée en son milieu. Le bois continue de craquer. Des cris s'échappent de cette voiture, tandis que des passagers commencent à sortir de celles des voitures qui sont plus près de Marie. Hagard et silencieux, ils descendent bravement jusqu'au sol sans l'aide d'un quai ou d'une échelle.

Et soudain elle le voit. Avec sa casquette bleue à visière noire et son costume bleu à galons rouge. Il est en train de verser un broc d'eau sur les charbons ardents répandus au sol, tandis que des passagers déjà dehors s'évertuent à aider les autres à sortir du train. Car le feu est un danger pour les passagers du train et aussi pour la barrière. Elle l'appelle, une fois, deux fois. Il la voit, se redresse. Il lui sourit. Son Pierre est indemne !

Le souffle coupé, elle court vers lui. Elle se jette dans ses bras.

- Nous devons aider ces pauvres gens !

Lui la serre très fort, sans parler.

- Je dois d'abord éteindre le feu. Va parler à Monsieur Charles, mon chef. Celui avec l'uniforme, là. Tu vas l'aider pour les passagers.

C'est qu'il y a besoin de soins. Le seul médecin du convoi, un de la ville, réclame de l'aide. Marie sait faire un garrot Elle n'a pas peur du sang. Elle sait poser un pansements, nettoyer une plaie avec du mercurochrome. Elle a appris avec l'infirmière, Madame Jouvel, quand le père s'est blessé avec la serpette.

- Je peut aider le docteur, dit Marie à Monsieur Charles.

Sans attendre de réponse, elle va parler au docteur.


  J´aime tout, malgré mon air de rien..... Tout toucher tant que ça m´fait du bien. - Enzo Enzo
Sybilla

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  Publié: 22 juil 2014 à 17:53 Citer     Aller en bas de page



Bonsoir LeVentQuiSeLève,

Une nouvelle littéraire que j'ai aimé lire
Merci de ce partage !


Mes amitiés

Sybilla

  Le rêve est le poumon de ma vie
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