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LPDP :: Poèmes par thèmes : Cahier de vacances : Une nouvelle pour l'été (2009) :: Je t'attends Aller en bas de page Cacher le panneau de droite

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Eylork Cet utilisateur est un membre privilège


Il y a des jours avec et des jours sang.
   
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  Publié: 5 août 2009 à 19:00
Modifié:  6 août 2009 à 02:36 par Lunastrelle
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L’ombre des arbres défile de chaque côté. La lune éclaire la nuit d’une lumière blême, maladive. Il y a du vent peut-être car les feuilles mortes volent, tourbillonnent avant de retomber brutalement sur le bitume. Tout est nimbé dans une sorte de ouate asphyxiante.

Je n’entends plus rien. Je ne vois plus rien. Je ne sens plus rien. A peine, les larmes qui glissent le long de mes joues. A peine, les virages, à peine les crissements des pneus tentant tant bien que mal d’accrocher à la route.

Dans le flou de mes pupilles, des flashes bleus commencent à clignoter. Je me rappelle avoir souri. J’entends le chant de sirènes. Ça veut dire que je n’étais pas loin de mon terminus.

Ma tête commence à tourner… Mon corps aussi… Les lumières se mélangent… Les images défilent… A l’envers et à l’endroit…

Mes oreilles bourdonnent, le chant a disparu. Elle m’apparaît au milieu des flashs bleus. Son visage est triste et je perds le sourire. Mon amour, je te demande pardon. Le temps s’écoule lentement, comme au ralenti. Elle murmure quelque chose mais je n’arrive pas à déchiffrer. Elle disparaît soudain et en avalant ma salive je sens ce goût si particulier du sang.

Silence. Ma tête est lourde, et le sang me monte au cerveau. Des lumières dansent au loin mais mes paupières sont trop lourdes.

Je pense à la lettre sur la table. C’est nul, j’aurais jamais dû l’écrire. Tu vas croire que c’était prémédité. Je repense à ce que j’y ai écrit, mes lèvres ne sourient pas, mais à l’intérieur je rigole. C’est d’un pathétique monstrueux. Moi qui me moquais de ces gens-là. Un rire de honte. Ce n’était pas une vengeance, pas l’envie de te faire payer. Juste un détour comme ça, pour voir, sans réfléchir.

J’entends une voix. Ce n’est pas la tienne, alors je n’écoute pas. Je t’attends.


Ça fait longtemps que je suis là à t’attendre. J’en suis à déjà plus de 10 000 tic tac. Ça fait beaucoup de calories, oui je n’ai pas perdu mon sens profond de l’humour. Mais je dors beaucoup alors des tic tac il y en a eu bien plus. Et puis j’ai recommencé à compter déjà plusieurs fois jusqu’à 10 000. Après j’ai essayé mais les secondes passent trop vite pour que dans ma tête j’ai dit le nombre en entier. Enfin bref. Le temps s’écoule et je t’attends.

Ce matin un homme est venu. Je l’ai entendu parler avec le docteur, enfin l’agriculteur, parce que je ne suis plus qu’un légume. Il a dit j’ai apporté un ordinateur rétinien pour votre patient. Quel con. Je suis aveugle. Le temps s’écoule et je t’attends.

Ma famille est venue, ils ont pleuré, j’ai eu envie de vomir, mais étant donné que je ne mange rien à part ses satanés bouffes intraveineuses et que je ne sens plus mon corps, mon cerveau n’a pas pu mettre ça en route. A peine un petit filet de bave ridicule après lequel les pleurs ont redoublé. Digne d’un film au cinéma, si un jour je peux reparler j’enverrai un script et je recevrai la palme d’or des chialeurs. A force je connais tous les ingrédients pour un cocktail d’eau salée. Il y a d’abord la bave qui pend, les yeux hagards, ben oui quoi je suis aveugle mais je peux encore les bouger et apparemment je me souviens comment avoir une tête d’ahuri. Bref le temps s’écoule et je t’attends toujours.

Ce matin c’est l’infirmière qui m’a pris la tête. Et pas que la tête d’ailleurs. Je sens pas mon corps à part quelques points sensibles éparses, et quand elle vient me faire la toilette, ben certains de ces points sensibles restent actifs longtemps. J’ai plus l’impression d’avoir affaire à une pute qu’à une infirmière. Bon ok je sens pas grand chose, mais c’est plus au bruit que je me rends compte. Et je peux même pas le dire au docteur. Le temps s’écoule et je t’attends. De toute façon j’ai pas le choix.

Parfois une vieille femme vient et me fait la lecture. Ça me repose et je pense à autre chose qu’à toi. Seulement après elle va demander au médecin à quoi ça sert vu que je n’entends sûrement rien et me traite de tous les noms de légumes possibles. Elle parle même de couper mes tuyaux. Y’a des jours où j’aurais envie de lui dire de le faire. Mais je t’attends.

Des fois, j’entends des enfants rire dans les pièces voisines. J’aimerais qu’ils viennent rire à côté de moi, mais vu tout ce que la vieille femme raconte je suis pas bien beau à voir alors ça leur ferait peur. Si au moins je servais à quelque chose, je sais pas moi, même dans le train fantôme au moins ils continueraient pas à dépenser du fric pour moi. Ou même avec tous les tuyaux, un microphone, on pourrait me donner le rôle de dark vador. Et l’avantage c’est qu’on peut bien me trimballer dans le coffre vu que je sens rien. Mais nan que dal, je reste là, dans un putain d’hôpital glauque je suppose. Je repense au conte des deux Iseult et je me dis que si je savais de quelles couleurs sont les voiles, je me laisserais partir en paix. Mais personne ne me dit rien alors je t’attends.

Tiens, la famille est revenue. Ça faisait longtemps. Je leur en veux pas, c’est glauque de venir voir quelqu’un qui ne fait que baver. Même avec du pop-corn et du coca, light bien sûr, y’a des trucs plus amusants à faire. Quoi qu’avec ma bouche ouverte, je ferais un bon terrain de basket pour le pop-corn. Tu veux bien venir jouer au pop-corn ? je t’attends.

Un nouveau a été placé dans la chambre d’à côté. Je pense que c’est un petit vieux en attente de crever parce que sa famille lui a apporté toutes les saisons « de plus belle la vie ». Le générique me sort par les trous de nez. Et ailleurs aussi vu les cris de dégoût que l’infirmière a poussés. Rien que d’y penser j’ai pitié pour elle, mais elle pourrait faire ça avec plus de dignité. Bref personne ne me met de la musique moi. Dépêche toi, je ne tiendrai plus longtemps.

Ma famille est revenue. Ils ont parlé de toi mais je n’ai pas bien entendu. C’est le docteur qui a demandé si il n’y avait personne d’autre pour me stimuler. J’ai cerné que quelques mots. Depuis le début je me trompe. Tant de tic tac pour rien. Tu ne vas plus attendre longtemps. J’arrive.

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Lunastrelle Cet utilisateur est un membre privilège



A chaque souffle s'accorde un vagabond
   
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14 mai
  Publié: 6 août 2009 à 02:36 Citer     Aller en bas de page

*Trop secouée pour pouvoir dire quelque chose...*


  Je suis comme ce temps que l'on ne remonte pas : décalée et détraquée.
James


La vie est la cruauté de la mort (James)
   
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20 avril
  Publié: 6 août 2009 à 06:01 Citer     Aller en bas de page

je le trouve sublime !

mes amitiés

james

  Membre de la Société des poètes Français.
Aeshne

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10 avril
  Publié: 12 août 2009 à 13:38 Citer     Aller en bas de page


Eh beh.... .Il est ... Bouleversant.


 
Naig


On est tous égaux devant la douleur..
   
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28 mars 2013
  Publié: 14 août 2009 à 18:17 Citer     Aller en bas de page

Merveilleusement triste ou horriblement beau, je ne sais pas quoi dire, mais cette lecture ma passionner.
amitiés;

  En route vers Miaou Land... le courage c'est savoir dire stop a certains moments de sa vie... la lacheté ce n'est pas renoncer, simplement laisser faire. une prise de décision est toujours une forme de courage...
Eylork Cet utilisateur est un membre privilège


Il y a des jours avec et des jours sang.
   
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28 avril 2018
  Publié: 16 août 2009 à 15:54 Citer     Aller en bas de page

à ce point Eriune?

merci James. j'ai pris plaisir à l'écrire. bizarre étant donné le sens du vent...

mmm merci Crépuscule.

merci Angitia, content qu'il t'ait plu.

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Eylork Cet utilisateur est un membre privilège


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  Publié: 16 août 2009 à 18:02 Citer     Aller en bas de page

merci Odile pour ton passage. étonnamment ça m'avait fait du bien de l'écrire celui-là. comme un poids qui s'est enlevé un instant.

  Aller au superflu pour couper court à l'essentiel.
Astre
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  Publié: 8 mars 2010 à 08:40 Citer     Aller en bas de page

On s'y attend, on sait qu'une chose va se passer... on a beau y être préparé ça fait toujours une petite boule dans la gorge.
Ce genre de registre m'attire sans cesse...
Amitiés
Pascal

 
Eylork Cet utilisateur est un membre privilège


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28 avril 2018
  Publié: 29 mars 2010 à 18:00 Citer     Aller en bas de page

Le mystère nous attire. Merci Pascal.

  Aller au superflu pour couper court à l'essentiel.
FeudB

Correctrice

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25 mai
  Publié: 17 févr 2011 à 18:31 Citer     Aller en bas de page

tombée par hasard ici... lecture d'un 'realisme' prenant.
j'ai aime? oui beaucoup.
Amitiés

  le plaisir est le bonheur des fous, le bonheur est le plaisir des sages
Eylork Cet utilisateur est un membre privilège


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28 avril 2018
  Publié: 9 oct 2012 à 17:55 Citer     Aller en bas de page

Merci pour ton passage sous mes mots Feudebelt, avec un peu de retard

  Aller au superflu pour couper court à l'essentiel.
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