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  Publié: 3 juin 2010 à 15:19
Modifié:  19 mars 2012 à 21:28 par Astre
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Le temps s’écoule.
Et je ne comprends pas.

Tout commence par un mot et finit par un autre.
Le temps s’écoule.

Et toi tu es belle, si belle.
C’est ton anniversaire aujourd’hui et les rires fusent sur les visages de tes amies. Assis au fond d’une chaise je te regarde tournoyer du haut de tes huit ans, ta robe s’envole au milieu des rubans et des dentelles, tu es belle, si belle.
Tes amies t’entourent, elles savent que tu es jolie, elles s’agitent et te sourient de toutes leurs dents, elles ont vu en toi la futur reine du bal. Elles te prennent la main et se la disputent pour faire une ronde, elles ne savent pas encore que ce geste se répètera pour d’autres valses, d’autres cercles dont tu seras le centre.
L’innocence règne encore dans leurs yeux, si ce n’est la convoitise d’être ta meilleure amie, ou de profiter des gâteaux et des jouets sortis pour l’occasion. Ta maman les comblant d’attentions et ton papa prenant des photos. Il a compris lui que ce moment ne peut durer, alors il essaye de le contenir dans cette pellicule où on te verra sourire, souffler tes bougies, ouvrir tes cadeaux sous les regards ébahis ou envieux de tes amies. Ces photos viendront reposer auprès d’autres plus anciennes, remontant jusqu’à ta naissance.

Ta naissance, le début d’une existence sur laquelle le temps s’écoulera.
Tu sais Emilie, tu es belle et c’est ton anniversaire. Combien de choses qui ne durent pas, qui ne s’étendent pas. J’aimerais te serrer dans mes bras et te murmurer que je suis encore là, non pas pour te dire qu’un jour je ne serai plus là, mais pour oublier qu’en ce jour, c’est toi qui partiras.
Je reste cependant assis au fond de cette chaise et je te regarde danser, comme le faisait ta maman, avant.
Elle eut aussi huit ans et je l’ai trouvé belle, si belle.
Elle te ressemblait tant. Même si elle a eu les mêmes joues roses, le même regard brillant, les mêmes boucles blondes, elle te ressemblait pour bien plus encore. Comme toi, à chaque soir, elle attendait que je lui murmure de magnifiques histoires, comme toi elle venait se serrer dans mes bras, comme toi elle s’endormait sa petite menotte dans la mienne. Ses rêves irradiaient mes nuits de couleurs qu’elle seule savait inventer, les nuances qui sont les tiennes les valent tout autant. Cependant le temps s’écoule toujours et elle a grandi.
Ses petites boucles disparurent pour devenir lisses, les rires de ses yeux se noircirent au crayon de la vie, ses joues pâlirent sous le fard des nuits d’insomnies. Elle sortait le soir et je restais, veillant dans sa chambre, regardant le peu d’innocence qui survivait tant bien que mal, les étoiles fluorescentes du plafond, sa bague de princesse traînant au milieu d’autres, de femme, un ruban tombé échappant au recyclage des vêtements, les déguisements firent place aux jeans, aux jupes de plus en plus courtes, puis aux tailleurs. Les paillettes de sa robe de princesse se sont retrouvées sur celles de soirées, sauf que l’enfance s’est perdue en chemin.
Elle aussi eut de nombreuses amies, elles le sont toujours, enfin ce qui les intéressent maintenant ce ne sont plus les sucreries et pâtisseries, mais les portes qu’une belle femme sait ouvrir. Par l’une de ces portes un homme est entré, c’était ton père Emilie. Depuis je ne lui ai plus lu d’histoires ni serré dans mes bras, avant qu’elle aille dormir.

Le temps s’écoula et tu es arrivée.
Belle, si belle.

Et là je te regarde haute comme trois pommes, en train de courir après je ne sais quel papillon ou quelle sauterelle. Je devrais savoir rire de cela, ou encore pouvoir esquisser un sourire, mais non, je suis triste. A te regarder petite fille j’aperçois l’adulte que tu seras et j’en suis triste. Je te vois regarder ton reflet dans le miroir de ta chambre, je te vois pleurer un premier chagrin d’amour, je te vois t’éloigner de mes bras, qui semblent si petits face à ta douleur.

Le temps s’écoule.
Toujours.

Je n’arrive plus à faire semblant.
Le présent nous échappe tandis que le passé s’enfuit au même titre que le futur. A quoi bon essayer de les retenir par n’importe quels moyens, les photos restent mais ta vie chère Emilie elle, elle file.
Aujourd’hui tes rires défient la perte d’un présent chargé de bonheur. Insoucieuse, tu ne remarques pas les secondes qui passent sur tes fossettes y semant la graine de futures rides.

Le temps s’écoule et je n’arrive plus à faire semblant.
Tu es née il y a huit ans, et toute la vie semble être devant le moindre de tes pas. Ils ne seront pas tous des pas de danses, entremêlés de rire et de joie, mais tu continueras de valser en cette ronde incessante qu’est la vie.

Ce n’est que cercle, englobant d’autres ou étant la partie d’une rosace qu’on embellit par le simple fait d’exister. Cette géométrie de la vie qu’on essaye en vain de briser la forme de peur de voir s’y dessiner la monotonie de tous ces autres cercles.
Tu vas vivre, Emilie.
Il est en chacun un centre de gravité qui tend à une autre gravitation.
La terre est au soleil ce que la lune est à la terre, la nuit appelle le jour qui l’invite en retour, l’enfance d’une mère annonce celle de sa fille.
Tu partiras, Emilie.
Comme d’autres l'ont fait avant toi.
Et dans tout ça, le temps s’écoulera.
On aura beau essayer de l’enchaîner par les mots qui le désignent, et croire ainsi pouvoir en être maître, il nous glissera toujours entre les doigts. Il n’est pas comme la pluie, naissant par elle-même des enfants qu’elle a pleurés, il n’est pas comme l’océan qui se brise aux bas des falaises, il n’est pas comme la terre qui se noie dans la mer.
Nul ne sait quel moment fut son début, ni quel instant sera sa fin, il n’est pas un cercle mais nous englobe tous, toi et moi… oui même moi.

Le temps s’écoule sur toi et moi.
Quoi que l’on fasse il passera.

Assis sur ma chaise, je regarde tes dernières amies partir à la main de leurs parents, regardant par la fenêtre de leur voiture les vestiges d’une journée dont elles n’ont rien vu passer. Même les traces qu’elles laissent sur la vitre partiront. Au loin le crépuscule se pointe, l’aurore lui envoyant déjà un clin d’œil et toi Emilie tu viens me prendre par la main. On monte dans ta chambre, ta maman te borde et t’embrasse, puis elle me laisse avec toi. Doucement je caresse les boucles de tes cheveux, tes yeux pétillent et se reflètent dans les étoiles du plafond. Je ne te raconte pas d’histoire ce soir, ta main serre la mienne avec force, je sens une petite bague à ton doigt, je me couche sur ta poitrine.
Ton cœur bat tout vite, c’était une belle journée aujourd’hui.
Tes paupières se ferment lentement, mais tes bras me serrent un peu plus, les couleurs de tes rêves commencent à iriser mes yeux et dans un murmure tu me souffles, « je t’aime Teddy »

Tu ne le vois pas mais je pleure dans tes bras.
Tu sais Emilie je t’aime aussi, comme j’ai aimé ta maman, et la sienne avant et ainsi de suite. Car même si le temps s’écoule sur ta vie, l’amour que tu me portes, tu le donneras à une autre petite fille au regard pétillant et je serai là pour le garder dans mes bras.
Car même si le temps s’écoule, il est des cercles qui ne se brisent pas, comme celui des bras d’un enfant autour de son ours en peluche.

03/06/2010
Pascal

 
SélénaéLaLouveFéline


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  Publié: 3 juin 2010 à 16:11
Modifié:  3 juin 2010 à 16:14 par SélénaéLaLouveFéline
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Pascal

Le temps s'écoule inexorablement..

J'ai une petite Émile je la regarde aujourd'hui, elle est belle,comme votre Émilie à vous..je viens aussi de fêter son anniversaire il y a 3 jours...

J'ai lu ce texte avec des larmes plein les yeux..magnifique amour, trop émouvant de souvenirs et de futurs ....

Vous savez ce que je peux ressentir alors, je vais vous remercie d'avoir eu le plaisir de découvrir cette nouvelle attendrissante...

Merci vraiment

Amitiés sincères à vous relire

Sélénaé

 
Lunastrelle Cet utilisateur est un membre privilège



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26 août
  Publié: 4 juin 2010 à 03:48 Citer     Aller en bas de page

Je suis particulièrement émue, la chute est très belle... Merci pour ces mots là...

  Je suis comme ce temps que l'on ne remonte pas : décalée et détraquée.
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22 décembre 2018
  Publié: 4 juin 2010 à 10:15 Citer     Aller en bas de page

Sélénaé

Le temps prend toujours plus d'importance dans ma vie, que j'essaye par tout les moyens de me dire qu'il n'aura pas tout, qu'il n'emportera pas avec lui, l'amour qui fut donné en un lointain présent.
Emilie jolie elle est sûrement très belle !! Je vous souhaite de faire partie de ces bras qui forment un cercle éternel.
Mes amitiés en retour
Merci
Pascal

Lunastrelle

Je ne savais pas comment finir en réalité, puis je me suis rappelé bambin avec dans mes bras une peluche que je ne voulais pas lâcher.
Merci de n'être jamais loin de mes textes et de veiller sur eux
Amitiés
Pascal

Tselano
Une nostalgie vécue après avoir vu les enfants grandir, puis oublier qu'un jour ils étaient des rois, des reines, que leur rêve ne s'éteignait pas lorsque le jour se levait. Si j'étais Peter Pan, je crois qu'il y aurait des centaines de Wendy qui aimerait partir avec moi
Amitiés
Pascal

 
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