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LPDP :: Poèmes tristes :: Il pleut toujours. Cacher le panneau de droite

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8 septembre 2010
  Publié: 23 nov 2009 à 18:47
Modifié:  24 nov 2009 à 09:10 par Astre
Citer

S’étouffer de ce vide universel
En aspirer la moindre parcelle
De ces fantômes aux goûts ténébreux
Qui de noir aveuglent mes yeux.
Nuit

Saigné à vif par le fouet glacial
D’un demi-dieu au courroux fatal
Qui s’infiltre en mon sein, en mon âme
M’affligeant le sort de son souffle infâme.
Vent


Noir et lumière, jeu spectaculaire
De reflets dessinés sur un sol glacé
Feux follet enneigés à l’esprit aliéné
Frappant la terre aux pieds des lampadaires.
Ombre


Hécatombes invisibles de lames acérées
Violant ma peau d’un feu glacé
Ces myriades unies telles une foule assoiffée
Viennent en mon cœur, noyer ma nudité.
Pluie

Horizons aux aspects sans cesse renouvelés
L’inconnu dévoile ses nombreux visages
Au détour de ces dédales et ruelles
Qui gardent le souvenir de mon passage.
Marcher


Sueurs froides aux coulées avides
Qui viennent se repaître de ma sève
Dardant mes nuits de mauvais rêves
En tressaillement, mugissement sordide.
Maladie


Sens étourdis par cette vague assommante
Amalgame fait d’une perte d’identité
Raz humain à l’incroyable déferlante
Où affaibli je me laisse dériver
Foule

Recrudescence d’un souvenir oublié
Au reflet d’invisibles pensées
Dont l’éclat parfume mes soirées
Ensorcelant l’esprit de ma Dame nez.
Odeur


Immensité de deux abysses éternels
Dans les tréfonds d’une pâle étincelle
Mon cœur s’emballe et s’emmêle,
Ébloui par cette couleur arc en ciel.
Regard


Armée innombrable d’échos lointains
Au rythme trempé d’une symphonie créée
Par l’union de sentiments à demi exprimée
L’accord naissant d’une mélodie sans fin
Des voix

Poumons tués par le souffle coupé
Évasion soudaine vers une pleine liberté
La voûte céleste s’ouvre à mes yeux
Apportant chaleur à mon corps fiévreux
Une chute


Flamme éteinte au bûcher de la vie,
Une cendre embrassant la caresse du vent
Solitude hivernale partant tristement
S’envolant au-dessus de mon dernier cri
Silence.





Lundi 18h30 :
J’attends, assis sur un banc, j’attends le TRAM… encore en retard…


« Petite naissance… toute petite.
Au loin, là bas je la vois, si frêle, si infime… une petite lumière.
Un éclat, un fragment de poussière, de vide, une poussière de vie…
Petite naissance… si fragile…
Pourtant, regarde, elle grandit, elle s’épanouit… elle vient ici.

Cette lumière, elle s’approche…
Une couleur éblouissante qui m’hypnotise.
Des myriades de filaments dansent à l’intérieur… elles affolent mon regard, aveuglent mes pensées, éclipsant ce qui m’entoure.
Je suis seul… seul avec elle.
Elle et moi.
Une union
Une fusion brûlante, où des images me reviennent, les unes après les autres. Flash bref, visions troublées, quantité de mirages pour lesquels j’ai du mal à cerner le contour, la silhouette…
Pourtant elle s’approche, pas à pas elle se dévoile, les nuages se dissipent, mes pensées s’éclaircissent, je vois ce qu’elle est, sa forme, son aspect…
L’invisible souvenir de ce qui vient de se passer.
La mémoire me revient.
Le film se rembobine…


La nuit.
Il fait encore nuit, toujours.
Mon regard essaye de percevoir les différents mouvements de cette immense toile, une toile recouverte elle-même d’un voile, nuit de nuit… Pourtant il y a de légères ondulations, une petite oscillation, mes yeux essayent de les suivre, mais ils se perdent à chaque fois.
Un dédale, un labyrinthe titanesque, où je tressaille, je sursaute… on me frôle, elle me frôle, elle et ses légions faites de toutes peurs de tout inconnu, qui me serrent, qui m’étouffent.
De l’air !
L’air de la nuit…
Une nuit comme toutes les autres, toujours aussi vide, le vide de mes poumons, le vide de ma vie…

Arrête !

Tu n’es pas seul, ouvre-toi bon sang, regarde et ressens, oublie ce que tu es… alors tu l’entends !


L’alizé de mon cœur, celui qui me déroute, ce zéphyr indistinct sans attaches, ni provenances…
Il souffle et me dévaste, dans mon âme et sur mon corps, érodant, altérant mon visage, creusant ses sillons et ses rides, cicatrices d’une vie passée sous le courroux d’Eole.
Le vent.
Celui qui m’endort par ses caresses, annihilant ma méfiance et me saigne par son silence.
Le vent,
Qui s’amuse à partir et revenir, en un va et vient incessant… la torture d’un renouvellement.
Le vent…
Qui trouble ma vue et mes sens par son invisible présence.
Là où je vais il est là, il me suit, nous poursuit, moi et l’autre…

L’autre, cet être de suie, le seul ami qui me connaît, le seul qui sait.
Il devance mon avance, silencieux et talentueux, il esquive les obstacles, se donnant en spectacle…
Pourtant il sait rester secret et ne pas se faire remarquer, se cachant derrière moi, il est la silhouette de mon être, la marque obscure de ce que je suis.
Un reflet mis à la lumière qui reste noir mystère,
L’autre moi,
Celui qui, de sombre suie est l’ombre de ma vie.

Elle se fait rare cette nuit, mon ombre. Il faut savoir qu’elle n’aime pas sortir
Les rues ne sont pas faites pour elle
Elle a peur,
Non de se faire engloutir par les abysses de l’obscurité, mais de se faire tourmenter par les flots impétueux d’une marée qui sans cesse, nous bouscule, nous repousse, nous submerge…
Elle a peur d’eux…
Ces fantômes qui passent à nos côtés, qui nous passent sur le corps, qui ont ce contact glacial de l’inconnu… et encore si ce n’était que cela, mais non…
On a peur d’Elle
Cette foule de visages sans chaleur qui me méprise, je ne suis rien pour eux, simplement le type un peu fou qui dort sous le pont de la gare.
J’ai peur de cette masse grouillante, d’une soi-disante humanité,
Qui fourmille autour de moi, qui marche sur mes rêves.
Mais ce soir la crainte est petite, il n’y a pas beaucoup de monde, ils se sont tous terrés chez eux.

Ce soir le ciel me pleure,
Il lave mes souffrances, dardant cette Terre injuste de lames acérées, effaçant les traces et les souillures, de ces coups et injures que j’ai endurés.
Ce soir mon ciel est noir de pluie,
Il me noie sous ses caresses glaciales, s’infiltrant dans mes habits, roulant sur ma peau blafarde… Il pleut dehors, il pleut en mon corps.

Un corps qui se traîne, un pas après l’autre, résistant au vent et à la pluie, il tressaille et combat les intempéries, un corps ridé et mouillé, un corps rouillé.
Mais j’avance, oui… je ne m’arrête pas
Sinon Elle me prendra.
Elle,
Qui montre son reflet
Une belle dentelle couleur vermeille, mélangée à quelques perles d’un rouge foncé,
Elle et son reflet
Mes deux ennemis jurés
Qui depuis que je suis né, me prennent par la main, m’amenant vers ce lieu où maman m’attends, là où elle s’est allongée, une seringue brisée à ses côtés.
Mes deux jurés,
Ceux qui m’accusent en montrant la preuve de ma condamnation, de leurs doigts tendus vers ces gouttes de sang, victimes de ma naissance, et que j’abandonne avec résignation sur le sol mouillé où mes pas m’ont amené.
La maladie et sa mort.

Alors j’avance, je fuis, je ne les laisserais pas nous approcher, non mon ombre, il ne nous auront pas.
Je marche, je marche toujours, je reconnais cette rue elle me connaît.
J’arrive… presque… enfin je crois… cette marche… la première… je descends… la deuxième, je m’écarte, me fais petit… une dame…un regard… un éclair… elle est partie… respire !! La troisième marche… j’arrive, je le vois… mon banc… la quatrième… respire, allez tu peux y arriver… la cinquième… la sixième… arrête-toi et reprends ton souffle… la septième… le banc, là en bas… la huitième, une lumière… un sifflement, un tram… la neuvième… quinte de toux… sang… la dixième… le banc, bientôt… une lumière, un bourdonnement, ma tête… un éclair… respire… tousse du sang… un cailloux, la pluie, le vent, la dernière marche… je marche… un sol glissant, la pluie, le vent, un cailloux de sang… glisse, chute…



Petite naissance…
Toute petite.
Petite naissance, d’un lumineux silence.
Je ne suis plus seul.
Maman m’avait parlé de la lumière, elle me l’avait raconté… »
.


Lundi 20h :
Je monte dans le TRAM.
Têtes déboussolées.
Je demande la cause du retard.
« Encore un gars qui essaye de prendre le TRAM en marche, il s’est pas loupé »
Un banc vide.
Je m’assois.
Le TRAM part… regard perdu sur la vitre… une dernière trace de sang… parti… il pleut toujours.

 
Vénusia Cet utilisateur est un membre privilège

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L'amitié : un beau nom qu'on change quand il gêne.
   
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7 septembre 2010
  Publié: 24 nov 2009 à 08:49 Citer

dans certaines ""strophes"" je m'y retrouve, peut être parce que certains points de ce texte me touchent plus que d'autre.

je n'en dirais pas plus mais merci, d'habitude je ne lis pas les textes aussi longs mais là j'ai été embarquée par ma lecture.

 
James Px. Cet utilisateur est un membre privilège


La vie est une fermeture Eclair ... parfois elle coince !
   
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8 septembre 2010
  Publié: 24 nov 2009 à 13:18 Citer

Plus je me noie plus je respire
james matis

 
Naig Cet utilisateur est un membre privilège


On est tous égaux devant la douleur..
   
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6 septembre 2010
  Publié: 25 nov 2009 à 13:46 Citer

ton texte est touchant, bouleversant.. je l'ai lus plusieurs fois pour bien le comprendre, mais pas sur d'avoir encore tous saisit.. je l'aime beaucoup.

Amitiés

  En route vers Miaou Land... le courage c'est savoir dire stop a certains moments de sa vie... la lacheté ce n'est pas renoncer, simplement laisser faire. une prise de décision est toujours une forme de courage...
Astre

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8 septembre 2010
  Publié: 29 nov 2009 à 11:14 Citer

il faut en premier lieu m'excuser pour ce temps que j'ai mis à vous répondre, je suis désolé

Vipérine
Je voudrais te remercier pour le courage que tu as eu de lire ce texte qui a du faire peur à plus d'un.
J'ai essayé de faire quelque chose que je n'a jamais fais jusque là, en fait on peut séparer ce texte en deux parties, la première où il y a les quatrains et la deuxième le texte.
J'ai commencé à décrire des sensations en vers, dans une suite que l'on peut retrouvé dans le texte après. la trame est en partie visible dans la première partie.
Il est normal que certains passages sont pas terrible ou alors mal compréhensible, j'ai essayé compliqué voilà le résultat, j'ai encore de l'entraînement à faire
Sinon tu as vu le principal, en effet deux personnes, dont l'histoire se croise, moi qui attend le TRAM et ce personnage malade depuis la naissance qui se rend dans un endroit proche de la voix de TRAM.
J'ai écris d'après un vécu, un homme est réellement passé sous le TRAM, suicide ou accident, le fait est qu'il est mort...
J'ai écris une sorte de fiction sur ce qu'il a vécu juste avant de mourir... pour moi c'est un accident dont la cause est sa maladie.
L'indifférence est aussi à l'affiche, tout repart comme si rien ne s'était passé, d'où le titre, il pleut toujours.
Je n'explique pas tout non plus, chacun peut voir comme il veut ce texte et chercher les ptits trucs que je glisse ci et là.
Je te remercie donc pour ton commentaire, il me touche beaucoup, ça m'encourage à continuer, même si des textes trop long font parfois bien peur a lecteur...
Amitiés
Pascal

Vénusia
Ouf j'ai réussi quand même à capter ton attention, ça peut être une réussite alors
Merci d'avoir apprécié quelques petits mots...
Les sensations que j'ai décrite peuvent être le sentiment de beaucoup, je les ai écrites en rapport avec la suite du texte...
La pluie ne m'est pas si blessante, elle est souvent mon amie.
Merci
Amitiés
Pascal

James matis
Se noyer de mots, de lumière, de pluie, de sang... plus on se sent libre.
Evasion par les mots, éblouis de rêve, laver son âme, et partir dans un ailleurs...
j'ai pongé dans cette histoire pour l'écrire, je t'ai noyé de lecture, mais si tu vis encore et que moi aussi, c'est que ça devait être au final, un bon bol d'air...
Merci de ta visite
Amitié
Pascal

Angitia
Ma douce amie, je suis heureux qu'il puisse te plaire, je l'avoue il est difficile à comprendre, j'ai même encore du mal à m'y retrouver.
Merci beaucoup
Amitiés à toi

Pascal

 
Titou[Snif]


Il y a ces mots qui ne servent à rien, ces regards qui en disent long...
   
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3 août 2010
  Publié: 30 nov 2009 à 10:51 Citer

et bien pour la premiere fois... je ne tape pas des mains... je m'y perds, on part bien loin de toi là ... ça change je pense que plusieurs lectures m'aideront mais pour le moment je me sens perdus au milieux des mots.
Comme les autres je pense que tu as une aisance toute particulière à jouer et user des mots et bon bah pour ça clac je me poussière donc les genoux et je t"applaudie...

Je repasserai sans le moindre doute, dans des dizaines de lectures attentives pour .... crier que j'ai enfin compris.

  Tomber dans le coeur d'un adolescent qui .. ressemble à l'ado qu'on était.. c'est doux comme tomber sur un nuage...
Astre

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8 septembre 2010
  Publié: 3 déc 2009 à 11:04 Citer

Marjorie
Tu me diras si tu as compris c'est vrai??? sinon je peux peut être essayer de t'éclairer, (et moi avec )
Mais je t'ai déjà dis que si tu te traînais dans la poussière, je viendrais de ce pas te laver dans la fontaine du parc public, non mais... alors relèves toi sinon je me traîne dans la boue et pour toi il faudra plus que me jetais dans une fontaine pour me laver...
Rooooo
Merci tout fort Marjo
Bisous
Pascal

 
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