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· Hector L'archer
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22 décembre 2018
  Publié: 3 oct 2009 à 12:52
Modifié:  3 oct 2009 à 15:18 par Astre
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Noir et sang…

Les deux seules couleurs que la rivière pouvait percevoir dans les yeux de celui qui la fixait…

Noir et sang.

Une nuit voilée par les nuages d’une souffrance, d’une blessure…

Noir et sang.

Il était là, flottant à la surface des ses eaux, regardant le fond. Une traîne rouge le suivait, le drapant d’une sauvage beauté… La rivière savait, seule témoin du drame. Elle avait vu, tout suivit et cela depuis le début.

Cela avait commencé il y a quelque mois, une foule de mains, de bras, de visages qui fourmillaient sur ses rives, ils abattaient tout sur leur passage, détruisant le paysage qu’elle avait appris à aimer de tout son cœur. Ils venaient de lui prendre son enfance, ils venaient de lui barrer son ciel, lui jetant des arbres sur son lit… Mais cela ce n’était rien, il y avait pire. Il y eu une nouvelle fumée, non celle du feu, une nouvelle menace qui annonçait de nombreux malheurs… et ils furent nombreux. De la fumée, sortie un monstre d’acier, il allait vite presque aussi vite qu’elle, cependant elle connaissait la contrée par cœur et elle fuyait loin de ce monstre… Sur son passage elle avait vu les fléaux s’abattre les uns après les autres, détruisant les forêts, réduisant le monde qu’elle connaissait en une terre dévastée, brûlée. La rivière fuyait toujours plus loin, cependant la dévastation suivait son cours… dans l’atmosphère s’élevaient de nouveaux sons, ce n’était plus le chant de l’oiseau, ce n’était plus le brame majestueux du cerf, c’était différent… des claquements, des détonations qui déchiraient l’air l’emplissant d’une nouvelle odeur, toute nouvelle, de celle qu’on aurait aimé ne jamais connaître. Il y avait ces cris, ces râles de souffrance, ces gémissements, une musique que la rivière ne connaissait pas, et surtout n’aimait pas. Elle comprenait une chose, la fumée suivait toujours les cris, elle l’accompagnait et s’en délectait…
A la fin d’un méandre, elle découvrit une scène qu’elle n’oublia jamais, un homme courait, il courait vite et devançait la fumée, pour l’instant… Dans son sillage, il laissait une odeur acre et prenante, celle qu’elle commençait à connaître…

Noir et sang…

Il courait, il courait sans s'arrêter, le souffle rauque, les jambes lourdes, son cœur battait une frénésie qui ressemblait aux tambours de guerre. Les branches sur son passage le griffaient, essayant de le retenir, tentant de l'arrêter, le vent dans les arbres lui soufflait de faire vite, la rivière l'accompagnait le guidant de son chant, il courait, il courait sans s'arrêter.
Quelques tremblements le faisaient trébucher, son pas se faisait chancelant, sa vision devenait trouble mais il continuait. Seule sa volonté lui permettait d'avancer, il le devait, il devait le faire, "plus vite, plus vite" lui soufflait son cœur, et les tambours battaient plus fort. C'était la guerre dans son âme, c'était la guerre dans son regard, ses yeux ne cillaient pas, son regard ne tremblait pas, le regard noir, plus ténébreux que la nuit, plus sombre que la profondeur de la terre, le noir de la colère, le cri de la colère, celle du désespoir, celle de la souffrance.

Il courait toujours, sans s'arrêter, il ne pouvait faire autrement il le devait. Il évitait les obstacles, sautait par dessus, escaladait, trébuchant, s’exténuant mais ne tombant jamais, il était le dernier, le seul... alors il courait. Sur son sillage, la terre gardait parfois l'une de ses empreintes, les feuilles mortes brisées par son talon, recouvraient le pourquoi, elles cachaient cette course, lui permettant de continuer plus loin, de ne pas lui rappeler pourquoi il courait, il devait le faire et cela n'était qu'une question de devoir. Les feuilles écrasées se regroupaient, pour lui cacher la vérité, elles gardaient pour elles son secret, si lourd soit il, elles mourraient avec lui... Seule la terre fut leur complice, elle accepta ce mystère, le gardant dans son sein, se nourrissant de lui, et s'imprégna de son histoire. Histoire recouverte par des feuilles d'automnes, des feuilles rouges, des feuilles mortes, des feuilles de sang...

Il courait, encore et toujours, inlassablement, il courait, son regard noir ne laissait passer aucune couleur, il n'y avait plus que ténèbres et désolation... seul une légère nuance, un noir plus profond, un noir plus sombre, un noir sanglant, durci par la colère, par la vengeance, un noir qui laissait sur les arbres les impacts de sa souffrance... La rivière à ses côtés essayait de le rattraper, elle le comprenait, elle le pleurait... elle avait vu.

Il courait, il courait... son pas frappait durement le sol, laissant l'écho d'une peine inhumaine, laissant l'empreinte d'une haine d'acier, une haine, celle d'un homme...

Il courait, il courait... le paysage autour de lui changeait, les arbres devenaient moins nombreux, la rivière se faisait plus tumultueuse et son cœur battait à son paroxysme. Les tambours de guerre s'étaient tus depuis bien longtemps, cependant sa peau vibrait encore au rythme des percussions.
Il courait, il arrivait... une tension vivait dans l'atmosphère, les muscles saillants prêts à se rompre, il courait, le dernier arbre venait de fuir loin de son regard.
Il ne courait plus...

Seul son regard continua la course, se posant sur le nuage de fumée qui s'élever dans l'air, il regardait le feu qui réduisait en cendre l'œuvre de toute une vie, il regardait les tambours éventrés, il les regarda et s'en approcha.
Il avança, trébuchant sur des poutres calcinées, se brûlant sur les cendres qui recouvraient les feuilles, il laissa dans son sillage, quelques gouttes noires, le sang de sa colère... Il avança au cœur du chaos qui régnait sous son regard, il s'avança et s'arrêta...

Dans la profondeur même de ses yeux, une larme venait de naître...

La rivière s'arrêta à ses côtés, venant battre le rivage de son roulis fougueux...

La larme se laissa tomber, elle fondit au sol, mais ne le toucha jamais... elle s'arrêta sur une joue noircie par la fumée, et laissa dans son sillage la douceur qu'elle transportait... Ses lèvres vinrent recueillirent le salé de sa souffrance, il laissa son baiser durer...

Il ne courait plus, il ne marchait plus, il ne vivait plus... dans ses bras il tenait l'essence de sa vie. Le noir de ses yeux se perdirent au sein d'une forêt de souvenirs, aussi douce que ses rêves, aussi dense que ses désirs, aussi intense que son amour...
Il tenait dans ses bras sa vie... il tenait son amour... sa femme.

Il avait couru, il avait longuement couru, croyant à l'impossible... il le pressentait, les tambours l'avaient prévenu... Son cœur seul, lui disait le contraire "vite, cours plus vite", son sang s'était écoulé sur son sillage, le corps blessé, l'âme torturée il suivit sa volonté, osa y croire et pourtant, il y a eu cette fumée, il a cette poutre calciné et il l'avait vue... Elle.

La rivière de ses langues avides venait caresser le corps de sa femme... elle avait couru plus vite que lui.
Enfouissant ses larmes dans les cheveux d'ébènes, il n'osa lever son regard... il savait. Il savait qu'au loin une autre fumée s'en allait, vite bien trop vite... Le cheval de fer, le destructeur de rêves...

Il ne courait plus, il ne le pouvait plus.
Le vent souffla à nouveau, faisant tourbillonner des myriades de cendres. Quand elles se reposèrent, la rivière ne vit plus que deux être enlacés dans une dernière étreinte, leurs lèvres en fusion...

Sur le sol tomba en une dernière sentence, l'ultime goutte de sang... noir.


Pascal




 
SélénaéLaLouveFéline


"Vient qui veut, reste qui veut, part qui veut"
   
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  Publié: 4 oct 2009 à 05:27 Citer     Aller en bas de page

Astre

J'ai été prise d'une angoisse montante en lisant ce texte, une course à la survie, pour voir à la fin ce désespoir et cette mort.

Vraiment très beau, magnifique Noir et Sang

Sélénaé (La Lionne)

Un Véritable coup de Cœur

 
Alphonse BLAISE.

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  Publié: 4 oct 2009 à 08:25 Citer     Aller en bas de page

Superbe écrit, prenant et émouvant...Alex

 
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  Publié: 5 oct 2009 à 09:24 Citer     Aller en bas de page

Sélénaé
Une angoisse qui m'a pris soudainement, il fallait que j'écrive je ne pouvais m'en défaire autrement, je suis heureux que cela t'es plu...
Merci de tout coeur
Pascal

Alex
Ma chère Alex merci beaucoup de ton passage et d'avoir pris le temps de me lire et d'avoir apprécié...

Pascal

Malika
Ma chère Malika tu sais ce que me procure à chaque fois tes mots, une vague de tendresse... Merci à toi
Pascal


Merci à toutes les trois d'avoir pris le temps de me lire et d'avoir répondu, j'ai du vous prendre un sacré temps, d'autres ont du se décourager à lire
Merci...
Votre Pascal

 
Titou[Snif]


Il y a ces mots qui ne servent à rien, ces regards qui en disent long...
   
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29 mai 2013
  Publié: 6 oct 2009 à 05:15 Citer     Aller en bas de page

Version finale? Hmm j'aime... C'est touchant et... je sais pas ça emporte.
Enfin comme toujours mon Petit Pascal, pourquoi excelles-tu dans la tristesse? montre moi tes talents dans une autre section j'en serais bien plus contente (j'aime pester ! )

Je te félicite, sans m'incliner ! mais .. je garde bien précieusement la version caché dans ma boite à malice.




AngelCry

  Tomber dans le coeur d'un adolescent qui .. ressemble à l'ado qu'on était.. c'est doux comme tomber sur un nuage...
Naig


On est tous égaux devant la douleur..
   
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28 mars 2013
  Publié: 6 oct 2009 à 18:40 Citer     Aller en bas de page

Ton texte est bouleversant, il m'a touché..

j'ai retenue ma respiration le temps de te lire, tant tes mots m'ont emporté.

c'est très jolie, très bien écrit...

  En route vers Miaou Land... le courage c'est savoir dire stop a certains moments de sa vie... la lacheté ce n'est pas renoncer, simplement laisser faire. une prise de décision est toujours une forme de courage...
Echo


"le bonheur n'est jamais grandiose" On verra bien...
   
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9 juin 2013
  Publié: 7 oct 2009 à 14:56 Citer     Aller en bas de page

Les mots entraînent comme l'eau qui court, vers l'horizon, la fumée et l'inéluctable
C'est vrai l'angoisse monte, monte au fil du texte
Il y a une urgence bien présente dans tes vers
J'ai bien aimé ce principe d'une histoire qui se déroule
Les images sont très belles aussi
Lecture originale et plus qu'appréciée

  Là où l'on brûle les livres on finira bien par brûler les hommes...
Astre
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  Publié: 23 oct 2009 à 08:49 Citer     Aller en bas de page

Marjorie
Faudra qu'on voit ensemble pour les avants premières, s'il faut que je te réserve quelques trucs on peut en discuter, hein?? je t'envoie mon agent il va régler tout ça
Exceller dans la tristesse, je ne crois pas, cependant elle est amie/ennemie, elle me suit et je la poursuit, je la chasse et elle me pourchasse, faut tomber au bon moment
sinon j'excelle aussi dans la manière de t'embêter, attends demain et tu verras
bisous!!
Pascal

Angitia
La prochaine fois, je ferais une parenthèse spécialement pour toi, "(maintenant on peut souffler, inspirer, expirer, inspirer, bloquer et c'est partis)"
Je suis content d'avoir pu transmettre des émotions qui me rester sur le coeur...
Merci tout plein
Pascal

Echo
Merci de ce joli compliment, il me touche beaucoup (orgueil intéressé )
Sérieusement je suis ravis d'avoir pu faire voyager certaines personnes sur ces mots...
L'inéluctable... c'est une fin qui me hante souvent dans les textes que j'écris, elle revient sans cesse...
Merci de tout coeur!!
Pascal

 
Titou[Snif]


Il y a ces mots qui ne servent à rien, ces regards qui en disent long...
   
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29 mai 2013
  Publié: 23 oct 2009 à 11:13 Citer     Aller en bas de page

N'inverses pas les rôles je te prie. Ce n'est point toi qui m'embête mais bel et bien l'inverse et j'y prends un goût sans conditions !
Pour la tristesse faut lui mettre un picouic nesquouik dans sa bouillette... et puis laisser le bonheur l'étouffer de manière tellement élégante.
bref!
J'attends demain, il me tarde à qui embêtera l'autre le plus prenons nous les paris?

  Tomber dans le coeur d'un adolescent qui .. ressemble à l'ado qu'on était.. c'est doux comme tomber sur un nuage...
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  Publié: 28 mars 2010 à 12:49 Citer     Aller en bas de page


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Bisous

 
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