A l'heure où seul l'un peut te prendre dans ses bras A la seconde où, par deux, on pianote cet air en s'emmêlant les doigts, on fume cette cigarette on se regarde comme deux corps qui l'ont fait comme deux amants dont le drap aurait été défait on a les yeux de ceux qui n'ont pas été là de ceux qui ne comprennent rien à ce qu'on enseigne pas A l'heure où l'on pourrait être deux on se fout que l'autre s'écarte un peu fasse l'âme morte le sourire de pirate aux lèvres on pourrait lui parler en anglais peut-être en chinois ôter la ligne qui s'esquisse trop bien dans son angle trop mièvre on se fiche de nos souffles mielleux tant qu'on s'enfiche et qu'on n'a rien trouvé de mieux depuis la nuit des temps depuis cette nuit où l'on s'est dit tant de choses sans se le dire vraiment
On le sait bien finalement Qu'on n'a pas cent ans Qu'on joue à cloche-pied Comme des gosses de dix ans
Et même, si dans la cour, on entend ses cris On la voit courir, pleurer et sûrement rire Battre des mains, pointer d'un doigt rageur Les oiseaux quand ils s'envolent Elle saura tout un jour Même si ce matin Elle ne sait rien
Croira-t-elle à nos vérités A ces demi-mensonges Qui n'auront duré que l'espace d'un seconde et qui cachent nos défauts pour l'éternité
On le sait bien finalement Que l'on n'a plus d'alliance Que l'on marche sur les fées Comme des gosses de trente ans
Tilou
Un défaut : un coeur mal calibré qui bat au sein de sa poitrine... Mais qu'importe puisqu'il tiendra dans Sa Main à Elle..
Un regard sur la vie, sur les gens, un constat de ce qu'on aurait voulu être peut-être. Un miroir qui nous renvoie nos erreurs, nos anciennes promesses, faîtes aux autres et à nous même.
Peut-être pour mieux se recadrer. Parce qu'il n'y a pas d'âge pour être un gosse. Car finalement leurs yeux ne mentent pas.
Bref J'aime beaucoup
J'admire ceux qui lisent entre les lignes. Surtout quand c'est écrit petit.
@vipérine : Ce n'est pas tant un poème pour moi... C'est surtout une manière de traduire l'ambiguïté d'un instant en rapport à une situation. La situation des uns et des autres est toujours conditionné à son rapport à l'autre et sa progéniture. La société humaine est foutue de codes inextricables et malgré tous les discours libertaires empreints d'individualisme, ils ont leur raison d'être. Ca fait parfois mal, parfois c'est absurde... Mais ce n'est pas parce que tout ceci n'est pas "humain", que ça passe au-delà de l'individu que c'est un combat sain. Il faut juste prendre le regard en considération. Sans plus.
@victoria : merci.
@opopop : c'est aussi un constat pour permettre d'avancer. Beaucoup font du carcan culturel un cadre inamovible à la marche d'un individu ou même de soi-même. Sans le remettre en cause, il est permis de faire autrement dans les mêmes vertus.
Merci
Amicalement
Tilou
Un défaut : un coeur mal calibré qui bat au sein de sa poitrine... Mais qu'importe puisqu'il tiendra dans Sa Main à Elle..
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