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Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
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  Publié: 19 juin à 12:26
Modifié:  20 juin à 01:31 par Catwoman
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Savoir

Guidé par le rayon de la lampe casque, deux grands yeux bleus cernés de poussière noire, regardent sans discrétion les bras secs et noueux de Jean qui vibrent sous les coups du marteau piqueur.

Des Hans rauques accompagnent le bruit de l'outil. Sous la pression du pic, des blocs de charbon se détachent de la paroi, des éclats flagellent Jean qui, à genoux, sur un lit d'éboulis progresse lentement.
La sueur coule de son large front, contourne le barrage de ses sourcils, creuse de part et d'autre de son visage deux rigoles, qui se regroupent au niveau du cou comme un fleuve gonflé de ses affluents, et termine sa course sur sa poitrine toute ruisselante.

Pierre, noueux et sec comme Jean, baisse les yeux; armé d'une pelle au manche court, il charge les wagonnets. Le rythme de son coéquipier l'entraîne à la cadence de galériens soudés par leurs chaînes.
Le halo rond, jaune, de leur lampe à accus sautille dans cette nuit permanente. Il ponctue ce face à face quotidien; Indifférent il semble dire " plus vite, plus vite, sans quoi la journée sera mauvaise".
Pierre, voûté par le mouvement des pelletées se redresse et d'un revers de la main éponge son visage.

Pierre- Bien travaillé, nous allons étayer maintenant, juste avant la pause.

Jean - Oui !

Pierre- Mais après le casse-croûte, nous abattrons encore quelques mètres. Nous devons fournir dix mètres cubes aujourd'hui.

Jean ! - Tu exagères, tu sais bien, plus nous en faisons et plus il faudra en faire.

Pierre - Possible mais j'ai besoin de "sous".

Jean - Peut-être, mais je n'ai plus ton âge, quand je remonte au jour, la taupe que je suis n'est capable, que de se coucher jusqu'au prochain poste, bonjour la vie !

Pierre - Bon ! râleur, passe- moi les bois, les cales et la hache; je vais ajuster les étais.

Jean - Dis donc Pierre, ça cogne ce matin !

Pierre - J'ai lu sur le planning qu'ils allaient ébouler les veines épuisées des 5 et 6

Jean - Curieux quand même, je trouve que les craquements sont longs et sourds, j'ai l'impression que le fondement du bruit vient de très loin.

Pierre - Veux-tu que j'aille me renseigner ?

Jean - Pas la peine, terminons plutôt.

Les paroles de Jean se perdent dans un fracas extraordinaire : Une pluie de cailloux projectiles s'abat sur eux.

Geste réflexe, abandonnant tout, ils s'élancent hors de la veine de charbon vers la galerie principale. Leur course est stoppée nette; un mur s'élève devant eux.

Bon Dieu c'est bouché ! Le faisceau de leur lampe souligne l'angoisse qui les défigure. Des larmes d'impuissance dans les yeux, Jean s'emporte.
- Merde de merde si je peux creuser dans un sens, je peux creuser dans l'autre. Passe-moi le pic.

Pierre- Mais il ne fonctionne plus. L'arrivée d'air comprimé a été sectionnée par la roche.

Jean - Je m'en fous, je creuserai avec mes mains.

Pierre, que la peur guide, se rassure.
- Arrête, ne sois pas sot ! C'est un coup de "tabac" les copains vont venir nous chercher, l'essentiel c'est être vivant. Nos bois ont tenu bon ! Nous allons terminer le boulot pour consolider la voûte.

Jean, menaçant, s'approche de Pierre et gueule.

Jean - Ne crois pas que je vais me laisser crever : Nous allons creuser.

Pierre n'écoute plus, rongé d'inquiétude il ausculte, il renifle tel un chien ce mur infranchissable.
Il cherche l'espoir - Il le trouve !

Pierre - Jean viens voir, donne-moi ta main, laisse-moi te guider, là ne perçois-tu rien.

Jean - Si un filet d'air !

Pendant les premières heures, cette fissure d'où coule la vie accapare leur attention. Avec le reste des bois, ils renforcent toute cette partie; ils savent qu'un nouveau glissement de terrain serait fatal.

Et le sablier retourné laisse couler le temps.

Pierre et Jean, torse nu dévorés de chaleur, sont assis côte à côte, ils chuchotent leurs espoirs. Ils savent qu'avec leur maigre pitance (quelques tartines et leur bidon d'eau) ils résisteront deux jours. Et puis, toutes les histoires vécues par leurs aînées leurs reviennent à l'esprit. Ils se souviennent que lors de précédentes catastrophes, certains ont dû boire leurs urines pour tenir le coup. Mais ils savent aussi, que les copains ne les laisseront pas au fond; Ils seront "remontés" - mais comment ?
Installés dans le silence de cette terrible nuit, ils attendent.

Jean le rompt :

- Pierre à quoi penses-tu ?

Pierre - Je ne pense pas, et toi ?

Jean - Je pense aux copains, ils doivent creuser…

Pierre - C’est certain ils creusent.

Jean - Qu'ils se dépêchent, je crève de chaud, tu as vérifié la fissure, l'air arrive toujours.

Pierre - Oui.

Et le sablier retourné laisse couler le temps…

D'un seul coup, jean se lève et hurle par l'interstice, épuisé par l'effort, fou de rage, il s'écroule auprès de Pierre. A peine va-t-il récupéré, qu'il dit :

Jean - J'en ai marre d'attendre, je vais creuser.

Pierre l'arrête :
- Tu t'es épuisé simplement en "gueulant" alors si tu déblaies, dans dix minutes, tu es mort d'épuisement. Il n'y a pas assez d'air pour soutenir un effort.

Jean n'écoute plus, armé d'un pic, il tape comme un fou à la base du mur, comme un chien, il projette à l'arrière les blocs de charbon.

Pierre s'est terré au fond de la galerie; il attend que cette folie passe…

Jean s'écroule à demi asphyxié.

Pierre se précipite, le relève et soutient Jean contre l'orifice d'où provient l'air.
La respiration de Jean redevient régulière. Pierre allonge Jean sur le sol, lui cale la tête avec les musettes et les vestes des bleus de travail.

Jean s'endort.

Pierre recroquevillé, pleure doucement. Combien de temps le Bon Dieu va-t-il les laisser là. Si le filet d'air n'existait pas, il se serait cogné la tête contre la paroi pour se tuer.
Jean, le sommeil peuplé de cauchemars, se réveille en hurlant.

Oui, oui je veux savoir, oui, oui, je veux savoir.

Pierre l'apostrophe :

Tu veux savoir quoi ? Calme-toi !

Jean - Non je veux savoir, j'ai fait un drôle de rêve !

Pierre - Plutôt un cauchemar, je crois !

Jean - Non, non un rêve; dans mon rêve il y avait un homme filiforme, très grand, brun type "mec" du sud. Il était vêtu d'une cape rouge, ses yeux brillaient d'une lueur étrange. Le son de sa voix venait de très loin comme l'écho.
Il me dit :
Jean serais-tu intéressé par ton avenir ?
Tu te rends compte, dans notre situation, il se foutait de moi.
Je lui ai dit, répète, approche, je te casse la gueule…

Jean continue son récit.

Comme j'étais menaçant, il se mit à reculer, et plus il s'éloignait, plus son corps se transformait. Il devenait un anneau, une simple alliance et puis de sa voix caverneuse, il me cria.
Ton avenir ne pourra dépasser le temps de ta vie !
Pierre qu'en penses-tu ?

Pierre - Rien, une lapalissade, c'est un rêve ; nous sommes tellement dans le "pastis" que ton esprit divague un peu, et dans notre cas, je ne crois pas qu'il soit souhaitable de connaître notre futur…

Jean - Mais savoir, te rends-tu compte, savoir si l'on va vivre ou crever dans ce trou


Pierre - Merci bien ; moi je préfère l'espoir, l'air arrive, les copains creusent. C'est tout, on verra bien.

Jean - Mais imagine.

Pierre - Ne sois pas naïf ! Ton rêve n'est qu'un rêve, voilà tout.

Jean vexé, que Pierre néglige sa réflexion, allume sa lampe, tire sa musette à lui, en retire deux tartines pour les manger. Avec précaution il retire le papier d'aluminium qui enveloppe le pain et… crie !

Jean - Pierre regarde, regarde !

Entre les deux tranches de pain, le faisceau de la lampe à accus donne des scintillements d'or à un anneau.

Pierre agacé - Jean les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures; fous-moi la paix avec tes "conneries".

Jean - Mais non regarde.

Pierre doit se rendre à l'évidence, l'anneau est là entre les deux bouts de pain. Doucement il le touche du bout des doigts. Le contact du métal lui procure une drôle de sensation. Une chaleur diffuse se répand dans tout son corps.
Pierre effaré recule.

Pierre - Je crois que tu as fait un pacte avec le diable !

Jean - Pourquoi avec le diable et si je pouvais connaître mon avenir ?

Pierre - Comment Idiot ?

Jean - C'est tout simple, je dis, je veux être en l'an 2022.

Pierre - Monsieur, ne manque pas d'audace. A 100 cents mètres sous terre, déjà dans la tombe peut-être, Monsieur s'imagine être en l'an 2022…
Ecoute-moi Jean, tu me fiches la paix ; voyage en l'an 2022 si tu veux. Au fait n'oublie pas ton magicien te permet de connaître ton avenir dans le temps imparti à ta vie.

Jean - Et alors cela me suffit.

Pierre - D'accord, alors si monsieur se projette en l'an 2022, il sera peut-être mort et comment le monsieur prononcera sa formule magique pour retourner dans son petit présent… Moi je préfère l'instant, il est moche actuellement, mais j'ai l'espoir.

Jean - Pierre !

Pierre – Oui

Jean - Je t'emmerde, j'ai envie d'essayer !

D'un coup il enfile l'anneau. Une violente chaleur l'envahit, instinctivement, il essaye de l'enlever. Impossible l'anneau s'est littéralement soudé au doigt.

Jean demande à pierre :
Quelle heure est-il et quel jour sommes-nous ?

Pierre - Nous sommes le 20 mai, il est 23 h

Jean marmonne entre ses dents
Je voudrais être le 21 mai à 2 heures du matin.

Pierre est debout. Il vérifie les étais.

Jean demande à Pierre
Quelle heure as-tu ?

Pierre - Deux heures du matin.

Jean retient un cri et pense :

Bon Dieu ça marche !

Vous l'avez échappé belle !
Pierre et Jean récupèrent dans la même chambre d'hôpital. La personne qui a prononcé ces mots, est le Directeur de la mine.
Nous sommes arrivés à temps, Pierre était quasiment évanoui et vous Jean ne valiez guère mieux ; bien ! Reposez-vous, à bientôt.
Très rapidement, Pierre et Jean sortent de l'hôpital. Entourés de leur famille la fête est totale ; traités en héros, ils racontent leur épreuve par le menu détail, sauf Jean, qui reste évasif, lorsqu'on l'interroge sur l'anneau qu'il porte au doigt.
C'est un bout de ferraille trouvé au fond, j'en ai fait mon porte-bonheur.

Et le sablier retourné laisse couler le temps…

Pierre et les siens dînent au jardin.

Quand, Marie la femme de Jean entre dans le patio en pleurs, elle hurle :
Il est mort ! Il est mort !

Pierre se lève de table se précipite vers Marie :
Que se passe-t-il ?

Jean vient de se faire renverser par une voiture, il est mort…

Pierre - Ce n'est pas possible ! Comment est-ce arrivé ?

Entre deux sanglots, Marie explique :

Jean a joué au loto, et figure-toi qu'il a gagné le gros lot. Comme un fou, il a pris son billet et il m'a dit en hurlant, je vais chez Pierre, ça a marché, je vais lui dire que ça a marché. Excité comme il l'était, en traversant la rue, il n'a pas vu l'auto.

Pierre confie Marie à sa femme et court sur le lieu de l'accident.

Les larmes aux yeux, se frayant un passage parmi l’attroupement, il s'approche du corps de Jean, son ami. Il constate amèrement que l'anneau, ce maudit anneau, n'est plus à son doigt.


  YD
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« Rien, en Poésie, ne s’achève. Tout est en route, à jamais. Andrée Chédid
   
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14 décembre
  Publié: 20 juin à 01:32 Citer     Aller en bas de page

Bonjour,

Voici un texte haletant.

 
RiagalenArtem


Regards sur l'Invisible
   
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12 décembre
  Publié: 21 juin à 17:12 Citer     Aller en bas de page

Cpmme un "thriller"; le "fantastique" est là. J'ai lu la nuit dernière....il me reste des détails à relire ms c'est du bon job Yvon...
Excellent incipit en passant....ce qui donne l'envie de poursuivre et de casser le sablier...

Amitiés...
Riaga...
ps : je reviendrai pour mon com' si mon sablier me le permet....

  "C'est avec la tête qu'on écrit. Si le coeur la chauffe, tant mieux, mais il ne faut pas le dire. Ce doit être un four invisible." Gustave Flaubert -
EmikoLian


Tant que l'ouir, le hanter et le voir...
   
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30 novembre
  Publié: 22 juin à 06:37 Citer     Aller en bas de page



Une narration et facilité de lecture grâce à l'auteur, j'ai aimé suivre ces deux personnalités opposées, la croyance, la liesse, le destin, beaucoup de choses se croisent un peu comme à l'image de la vie de l'homme face au compteur du temps.

Très apprécié, merci et bravo parce qu'il y a certainement des choses à retenir...

Lian

  Lian, aussi vive que l'eau, née au coeur d'un lotus!
Y.D Cet utilisateur est un membre privilège


TOTO La terreur des mulots
   
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13 décembre
  Publié: 22 juin à 08:05 Citer     Aller en bas de page

Cat, Riaga, Lian


Merci, heureux que ce petite conte vous a intéressés. Pour Riaga - OK, si tu veux utiliser le temps qui s'écoule pour lancer une nouvelle histoire, j'attends avec plaisir ton texte

Amitiés

Yvon

  YD
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